Voici mon propos de présentation des comptes 2018 du conseil départemental :

« Le Compte Administratif global que j’ai pour la huitième fois l’honneur de vous présenter au nom du Président et de la majorité départementale a mis en œuvre sur le fond, en 2018 nos valeurs essentielles reposant sur la solidarité humaine et territoriale. Il a aussi l’avantage, sur la forme, d’être en parfaite cohérence avec les principes de bonne gestion souhaitée par les services de l’État actuel et notamment le Ministre des comptes publics, grand pourfendeur des supposées gabegies des élu(e)s locaux.

En effet, le nouveau monde a simplement réinventé, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, les recettes ayant toujours guidé l’action des collectivités territoriales. Voici les axes retenus dans le fameux pacte financier voté lors de la Loi de Programmation des Finances Publiques. Il leur était demandé de :

  • « Dégager le maximum d’autofinancement » de telle manière que leur besoin de financement par emprunt soit le plus réduit possible et qu’elles contribuent ainsi au désendettement d’un État incapable de se l’appliquer à lui-même. Nous dégagerons près de 150 millions de capacité d’autofinancement net !
  • « Plafonner la capacité de désendettement dans des ratios convenables » alors que tout le monde sait que si nous investissons via l’emprunt ce n’est que pour l’intérêt général, la qualité des services de proximité, pour le soutien concret… aux services de l’État qui ont abandonné, faute de moyens, une bonne part de leurs responsabilités régaliennes (éducation, mobilité, sécurité, solidarité humaine, …) et qui nous appellent au secours ! Nous abaissons notre endettement (- 47 millions d’€ en 2 ans), nos frais financiers (-1,5 million sur « 3 ans) et notre capacité de désendettement n’augmente que de quelques mois !
  •  « Limiter la hausse de nos dépenses de fonctionnement » pour donner l’exemple de la rationalisation de manière totalement déconnectée des réalités. Ainsi  dans un contexte où, en Gironde, nous devons faire face à l’arrivée de populations nouvelles et donc à de besoins croissants l’État est capable de faire l’impasse sur ce phénomène pourtant incontestable. Il faut aussi rappeler que si ce principe peut s’appliquer aux dépenses que nous maîtrisons toujours plus, nous devons surtout sans cesse répondre à des obligations de décisions nationales que nous sommes contraints d’assumer dans le domaine social.

Ces trois piliers du pacte strictement comptable imposé à notre Département par la Loi ont été pleinement respectés par notre Collectivité au cours des trois derniers exercices et notamment celui que concrétise ce Compte Administratif. Et pourtant cette gestion sera probablement sanctionnée pour être trop solidaire, trop humaine, trop sociale.

le résumé du compte adimistratif 2018

            Je vais m’efforcer de vous démontrer que nous avons été respectueux et même très respectueux, de ces « contraintes » lors de notre stratégie financière. Heureusement d’ailleurs puisque nous aurons à affronter dans les années qui viennent un contexte d’un niveau nettement plus compliqué que celui que nous avons traversé en 2018. Et c’est beaucoup plus préoccupant que le résultat de ce résultat brut du compte administratif !

            A cet égard, permettez-moi de revenir sur les inquiétudes qu’avaient émises le Groupe Avenir lors du Débat d’Orientations Budgétaires puis lors du vote du budget 2018 puisque c’est pour vous toutes et vous tous, à travers ce document, l’occasion de vous permettre de vérifier la sincérité des engagements qui avaient été souscrits.

           Le 9 novembre et le 19 décembre 2017, je me permets de rappeler que nous n’avions aucune certitude sur les modalités du pacte financier et notre stratégie, validée comme étant l’une des plus solides et fiables, des départements métropolitains par Standard & Poor’s n’avait aucune raison d’être remise en cause. Reprenons les inquiétudes ou les conseils donnés par Gironde Avenir

  • « Le Groupe Gironde Avenir sera vigilant sur l’engagement que vous prenez Monsieur le Président de ne pas recourir à l’impôt», déclarait notre Collègue Jacques BREILLAT : engagement tenu nous avons adopté pour la troisème année consécutive le même taux de fiscalité !
  • « Un mot sur les dépenses et notamment sur la partie dépenses de personnel dont je ne vous ferai pas un procès de dérapage de la masse salariale » ajoutait-il. Engagement tenu puisque vous le verrez nous sommes dans la limite de + 1,2 % (2,6 M€) soit moins que le G.V.T. Sur la masse salariale. 
  • « Pour terminer une note particulière sur le désendettement » expliquait le groupe Gironde Avenir. « J’ai bien noté que nous ferons les comptes au moment du Compte Administratif, mais il n’en demeure pas moins que nous serons à 6,9 années en 2018 ». Engagement tenu car nous ne sommes qu’à 4,2 années de désendettement fin 2018 soit très loin des ratios d’alerte de 11 à 12 ans !
  • « Le Budget Primitif a été construit sans anticiper la perception d’éventuelles compensations, ni au titre des A.I.S., ni au titre des M.N.A. ». Engagement lucide pris alors car comme vous le verrez on ne peut avec ce Compte Administratif que nous avons eu tort de ne compter que sur nous-même pour progresser puisque la péréquation verticale sur les Allocations individuelles de solidarité a été oubliée.

J’espère que ces rappels démontreront qu’en matière de gestion nous avons toujours eu la même ligne de conduite souhaitée par Gironde Avenir : rigueur, adaptation aux fluctuations nationales, recherche de l’efficience des dépenses, précautions continuelles sur l’endettement.

Je vais vous apporter tous les compléments nécessaires afin de démontrer comme le veut un principe emprunté à Camus : « en vérité le chemin importe peu, la volonté d’arriver suffit à tous». Et en l’occurrence, permettez-moi de vous rappeler quel a été notre volonté politique et les chemins qui nous ont permis de faire face à la situation d’un Département dont la vitrine est magnifique et enviée mais dont l’arrière-boutique est beaucoup plus préoccupante, dans le domaine social, éducatif, territorial et humain. (Chômage, RSA, isolement territorial…)

Malgré les déceptions incessantes venues de l’État, malgré une « recentralisation » rampante, malgré l’affaiblissement de nos recettes et l’effet ciseau qui en découle nous avons maintenu le cap : ne sacrifier aucune politique de solidarité, renforcer le lien social, répondre aux besoins matériels, continuer à faire face à nos obligations de solidarité humaine. Plus d’un milliard d’€ sont directement attribués aux « poches » des enfants dans la difficulté, aux collégiens pour leur repas, aux handicapés, aux personnes âgées, aux gens privés d’emplois, aux familles traversant des moments délicats, aux membres des clubs sportifs (licences), aux associations culturelles… Derrière chaque ligne budgétaire il y a toujours de l’humain !

           Nos recettes stagnent ou baissent… et nos dépenses obligatoires augmentent : l’effet ciseau est de retour et il faut craindre qu’il ne cesse de progresser ! Les dépenses de solidarité humaine continuent d’augmenter car la situation sociale se dégrade. Le besoin en matière de collèges deviennent prégnants en raison des afflux de population. Nous devons tenter de compenser le désengagement de l’État dans de très nombreux secteurs. Ce Compte Administratif est donc le reflet fidèle de volontés politiques claires, transparentes, fortes, pleinement assumées et concrétisée depuis le début du mandat actuel.  Il mérite d’être approuvé et soutenu en toute objectivité

  • Il est cohérent avec les engagements pris par le Président au nom de la majorité départementale.
  • Il répond à ce que l’État souhaitait pour les collectivités en matière de qualité de gestion et d’ailleurs l’agence de notation Standard&Poors en apporte la preuve.
  • Il absorbe des contraintes de plus en plus pesantes dans une société de plus en plus inégalitaire.
  • Il n’a sacrifié aucune politique de solidarité humaine et territoriale.
  • Il a largement participé à travers les investissements à l’économie locale en lançant de vastes opérations (plan collège, haut débit, programmes routiers, logement)
  • Il a répondu à la détresse des plus fragiles (APA, PCH, RSA, enfance)

Je rappellerai simplement que derrière les chiffres il y a des femmes, des hommes, des enfants et pour terminer je reprendrai ces principes de l’abbé Pierre : « Les hommes politiques ne connaissent la misère que par les chiffres or on ne pleure pas devant les chiffres » Essayons de ne pas forcément refuser de voir ce que ce compte administratif représente pour bien des Girondines et des Girondins !

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Une réponse

  1. Bernadette

    Bonjour,
    Je pense que le brexit interroge tout le monde.
    Si le Royaume Uni sort de l’Europe, il va falloir refaire les frontières. Revoir l’économie française et ses entreprises.
    Beaucoup d’inquiétudes pour tout le monde.
    La France qui était classée comme pays riche ne l’ait plus.
    C’est le point de gravité parce que la population est vieillissante est qu’il y a plus d’inactifs que d’actifs. En cela s’ajoute les chômeurs.
    Non la France ne va pas bien et ce n’est pas nouveau.

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