Souvent les études viennent simplement confirmer ce que l’intuition a mis en évidence de manière confuse. C’est ainsi que les Américains viennent de s’apercevoir que « les personnes ayant une objectif de vie » vivent plus longtemps que celles qui se laissent porter par les aléas du quotidien ou qui se refusent à participer à l’action collective. Ce constat n’a rien d’original mais il est souvent totalement passé sous silence dans une société du repli sur soi et de l’indifférence. Il est certain que l’engagement vers les autres ou même vers une initiative personnelle motivante évite simplement de « ruminer » des aspects négatifs du quotidien.

Attention, il s’agit d’un lien de corrélation et non de causalité: rien ne prouve que le fait d’avoir un but dans l’existence fasse augmenter notre durée de vie de manière certaine mais il est en revanche démontré que les personnes qui « se fixent des objectifs » sont à peu près les mêmes que celles qui vivent le plus longtemps. Le travail des chercheur(euse)s était basé sur un questionnaire soumis à 7000 quinquagénaires (hommes et femmes) de tous les états des USA des États-Unis. Les conclusions obtenues lui ont été si convaincantes qu’elle vont donner lieu à une recherche plus large sur le sujet. En fait le principal élément qui transparaît dans cette évaluation statistique c’est que la motivation pour une action, un lieu, une autre personne, une activité donne une espérance de longévité supérieure aux autres comportements résignés ou passifs.

Peu importe d’ailleurs quel est l’objectif que l’on se fixe : un jardin, de la marche, de la peinture, une participation bénévole, une responsabilité associative ou sociale : l’important c’est de pouvoir avori bizarrement l’esprit occupé et surtout des moments à partager. Il s’avère que les personnes n’ayant pas d’«objectif stimulant» dans la vie sont davantage sujettes à des morts relativement précoces, dues en grande partie à des maladies cardiovasculaires. Ce facteur semble plus déterminant que le genre, le niveau de vie, le degré d’éducation ou les origines. Même le tabac, l’alcool ou l’exercice régulier sont battus… par les résultats d’un apathie sociale ou personnelle.

Dans le fond c’est au moment où l’on n’a plus les contraintes de la vie active qu’il faut s’en donner d’autres librement consenties à la mesure de ses moyens et de son caractère pour être dans l’obligation d’agir intellectuellement ou physiquement. Les besoins vitaux des hommes et des femmes vont bien au-delà du fait de boire, manger et dormir. «Il existe aussi des besoins psychologiques de base, et le fait de vouloir donner un sens et un objectif à son existence est en tête de liste», explique-t-il. «C’est le plus grand vecteur de bien-être qui soit». Explique un professeur spécilaisé dans l’étude eds comportements humains. Pour lui un lien fort existe entre « volonté d’accomplissement et réduction des risques de décès et/ou d’accident cardiovasculaire ».

Toutes les formes de bénévolat deviennent alors capitales et le lien social prend une place déterminante dans le domaine de la santé. La chercheuse américaine a par exemple constaté des effets bénéfiques de l’accomplissement de soi parmi les personnes atteintes d’un cancer du sein. Même si selon elle ce « n’était qu’un sentiment » elle était persuadé que les personnes semblant avoir trouvé, récemment ou non, un sens à leur vie, semblaient aller mieux que les autres. Une activité artistique créative, une ouverture sur les autres ou une participation militante à une cause collective devient alors un « médicament » aussi important que bien d’autres.

On peut donc légitimement s’interroger sur les conséquences néfastes de l’égoïsme ambiant ou du renoncement à s’engager dans l’atteinte d’un objectif librement fixé. C’est vrai que dès que l’on a subi les fortes pressions générées par le monde productif il semble que le salut soit dans l’inaction. Cette étude prouve que justement c’est l’erreur à ne pas commettre. Peu importe les choix effectués mais bricoler, jardiner, lire, partager, être tracassé par le sort des autres, apporter au quotidien une dose de plaisir à agir constitue vraiment les recettes de la longévité. Certes ces constatations ont leurs limites mais il faut bien reconnaître que l’ennui, l’inaction, l’absence de perspectives ne constituent pas des éléments fondateurs d’une meilleure santé. Le plus difficile parfois consiste à détecter l’objectif permettant de voguer vers ce mieux-être salvateur.

La participation directe le plus longtemps possible à la vie sociale est une moteur efficace pour faire reculer une échéance pourtant inéluctable. Or nous prenons le chemin inverse puisque chaque jour qui passe le constat est le même : l’engagement sous toutes ses formes perdu du terrain ! Il est remplacé par une consommation forte mais dangereuse de ce que les objectifs assumés par les autres produit. Il n’est pas certain que ce soit aussi bénéfique !