Ils seront plus d’un millier à ne plus aller au turbin dans l’usine des turbines à gaz productrices d’énergie de General Electric de Belfort. La nouvelle dramatique, préparée bien en amont du scrutin européen, a été annoncée de manière abrupte 48 heures après le résultat. Bien entendu ce n’est pas un hasard et dans le fond c’est une stratégie que el vieux monde a pratiqué depuis belle lurette. Il y avait eu dans les jours précédents le vote le plan social de Saint-Louis Sucre présenté par le groupe allemand Südzucker. Au comité social et économique le numéro 1 mondial du sucre avait décidé le 14 février dernier l’arrêt de la production pour l’année prochaine dans son usine de Cagny mais aussi à Eppeville (Somme) et Marseille. Ce sont 130 postes qui sont menacés de suppression dont 74 à la sucrerie de Cagny qui n’aurait plus que 8 salariés sur place…

Si on ajoute que Ford, du coté de Blanquefort a totalement refusé d’examiner n’importe quel projet de reprise de son site alors que plus de 800 personnes seront licenciées on a une idée sur les méthodes des investisseurs étrangers dans notre pays. Pas de pitié dès que les lois du marché exigent de récupérer les technologies françaises pour le rapatrier sur des lieux plus rentables. Chaque fois les pouvoirs publics sortent leurs promesses de plan social avec des annonces de reconversion mais rien ne se passera bien évidemment comme prévu ! C’est toujours dérisoire.

En ce qui concerne les turbines de General Electric il avait été annoncé en son temps que l’absorption du secteur énergie d’Alstom constituait une opportunité exceptionnelle de développement d’une entreprise en difficulté mais ayant en portefeuille des productions de pointe et même stratégiques. « Dans ce sinistre industriel, la responsabilité de l’État est doublement engagée. D’abord pour avoir accepté, dans la plus grande opacité, un accord déséquilibré avec General Electric en 2014. Ensuite pour n’être pas monté au capital pour y remplacer Bouygues en 2017 et ainsi donner vie aux trois  » co-entreprises » prévues entre Alstom et General Electric.  » Tout pour les actionnaires, haro sur les salariés !  Ainsi se résume ce bradage à 12,5 milliards d’euros » a expliqué Jean-Pierre Chevènement. Le constat est objectif même s’il ne propose le nom du responsable de cet arrangement mortifère pour l’un des fleurons industriels français. Belfort est un grand site industriel français depuis 1878 et qui lentement est dépecé et bradé.

« Je n’imagine pas que le président de la République, que j’ai accompagné à Belfort en 2015 quand il était ministre de l’Économie et qui connaît parfaitement bien le dossier Alstom, ne prenne pas aujourd’hui des initiatives d’abord pour rappeler à General Electric que le slogan « America first ! »  ne saurait s’appliquer en violation des engagements pris » ajoute l’ex-élu du territoire de Belfort. Il devrait vraiment se renseigner car partout le « America first » prend le pas sur toutes les autres considérations et nul ne peut prétendre qu’au moment du rapprochement les américains n’avaient pas déjà en tête cette stratégie de fermeture.

Des « reconversions » sont évoquées mais toutes nécessitent que les pourvoyeurs de nouveaux produits industriels ajoutent aux profits du géant venu d’Outre atlantique et lui confient une part de leurs projets industriels. Le nouveau monde n’a pas de potion magique et se trouve vraiment dos au mur quand il s’agit d’affronter la bande à Trump, celle de Merkel ou de Xi Jinping !

Il faut se rappeler 3 jours après les élections européennes que c’est la Commission européenne qui a dit «non» à la fusion entre siemens et Alstom  annoncée en septembre 2017 et qui devait donner naissance à un champion européen du rail avec plus de 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Elle avait considéré en effet que les deux groupes auraient été en position archi-dominante dans plusieurs pays européens, avec des parts de marché approchant les 90% dans les trains à grande vitesse et la signalisation ferroviaire. Il faut aussi ajouter que les syndicats d’Alstom, se sont alors opposés vigoureusement au rachat du fabricant du TGV par le groupe allemand. ils craignaient à terme des centaines de suppressions de postes en raison des similitudes existant entre Alstom et Siemens dans les trains, métros et autres tramways.

Bercy avait aussitôt annoncé que General Electric, qui avait déjà racheté la branche énergie d’Alstom en 2015 sans tenir son engagement de créer 1 000 emplois préférant acquitter une indemnité de 50 millions d’euros (50 000 euros par emploi non créé). En fait GE s’achetait pour une somme dérisoire à l’échelle de son chiffre d’affaires le droit de licencier à sa guise et de récupérer les dépouilles les plus intéressantes au bon moment… électoral ! Ces deux opérations avaient toutes deux été approuvées sans réserve par un certain Emmanuel Macron: le rachat de la branche énergie par GE alors qu’il était ministre de l’Économie en 2014, et celui de la branche ferroviaire par Siemens à l’automne 2017. Mais c’est maintenant devenu secondaire…

10 Réponses

  1. J.J.

    Ils sont idiots ou complices, ces princes qui prétendent nous gouverner ?

    Il serait bon de temps à autre de lire, ou relire, le sulfureux auteur du « Capital »qui avait déjà prévu ce genre de cas pendable (ou de carabistouille, pour employer un terme cher au casseur de nos valeurs).

    9 prairial 226

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  2. faconjf

    bonjour,
    et voici maintenant l’acte 3 du drame national Alstom sous titré du sang et des larmes.
    Résumé des deux actes précédents :
    Acte 1 sous titré l »enjeu. Dans la guerre économique USA/Chine l’affaire éclate, lorsque en fin 2013 Alstom et Shanghai Electric s’apprêtaient à signer une joint-venture sur le marché des chaudières pour les centrales électriques. Ce partenariat leur aurait permis de devenir le leader mondial dans ce secteur. Par ailleurs, en juillet 2013, Alstom avait signé un accord de partenariat avec le groupe chinois Dongfang concernant des projets de réacteurs nucléaires. Par ailleurs Alstom allait trouver un partenaire russe pour satelliser son département ferroviaire, et se concentrer sur les solutions énergétiques. Le rail n’est pas un problème central pour les USA, mais l’énergie est un atout majeur dans leur volonté de puissance. Ils dominent le pétrole depuis ses débuts, et veulent conserver cet avantage fondamental. Ces dernières années, la montée des prix du pétrole ont conduit les USA à rendre économiques leurs réserves de pétrole non conventionnel (pétrole de schiste), et ils sont devenus autonomes pour les 150 années à venir au moins, ce qui a justifié leur relatif désengagement de la politique du Moyen-Orient ; ils n’ont plus besoin de l’Arabie Saoudite pour fonctionner ! Toute alliance poussée d’une entreprise européenne avec la Chine dans le domaine de l’énergie est donc potentiellement dangereuse pour la superpuissance USA qui n’a qu’une idée en tête, bloquer la montée en puissance des Chinois afin qu’ils ne deviennent pas la première puissance mondiale.
    Acte 2 sous titré le pigeon, le piège et les traitres.
    Quelques semaines après, un dirigeant d’Alstom -Frédéric Pierucci- domicilié en Asie est arrêté lors d’un de ses déplacements aux USA. La détention de Frédéric Pierucci était à la fois un avertissement et un chantage à l’égard de l’équipe dirigeante du groupe, ce qui avait été déjà réalisé avec Siemens quelques années auparavant. Le procès de Fréderic Pierucci a eu lieu le 25 septembre 2017 et le verdict est ahurissant : trente mois de prison ( il encourrait 125 années !!!) alors qu’il a seulement exécuté les ordres de sa hiérarchie, et n’a pas bénéficié d’enrichissement personnel. Il écope de la même peine que le PDG d’Halliburton, alors que ce dernier avait reçu un pot-de-vin de 10 millions de dollars. Ce cadre d’Alstom est clairement un otage économique, n’est-il pas aussi une victime de la guerre US/Chine ? la vente d’Alstom à GE, qui entretient des liens comme toutes les entreprises américaines avec le DOJ ‘département de la Justice) était un moyen d’éviter la prison à son PDG Patrick Kron et de réduire le montant de l’amende. Elle sera de plus de 700 millions de dollars mais le chiffre de 1,5 milliard circule à l’époque. S’opposer pour la France à la cession d’Alstom à GE était un enjeu majeur. Alstom entretien les turbines des centrales nucléaires ainsi que la majorité de notre flotte navale. C’est le combat mené par Montebourg CONTRE la direction d’Alstom qui veut éviter la prison et les USA qui veulent s’en emparer. Débarqué en aout 2014, c’est l’atlantiste Macron qui entérine la vente. Contrairement aux promesses d’Arnaud Montebourg, assurant que le secteur nucléaire resterait sous contrôle français, le protocole d’accord approuvé par Emmanuel Macron en novembre et voté par l’assemblée générale, place sous la coupe du groupe américain les turbines produites par Alstom et de cette manière la maintenance des centrales françaises.
    Acte 3 sous titré du sang et des larmes
    GE récupère les brevets et les maintenances juteuses, ainsi que le droit de jeter les salariés de feu Alstom…
    avec le nucléaire et notre marine de guerre sous contrôle américain on oublie toute idée de souveraineté…
    on oublie notre indépendance et notre liberté de penser et d’agir…
    impossible de développer des partenariats avec la Russie ou tout autre pays non ami des américains…
    notre classe dirigeante nous a trahis…
    le peuple va souffrir pendant qu’eux iront s’installer ailleurs…
    et on laisse faire…
    et on continue de voter pour eux… c’était du temps où Macron était dans l’ombre de Mollande
    et depuis on l’a choisi pour nous présider…
    PAUVRE FRANCE…
    Salutations républicaines

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    • j.j.

      « et depuis on l’a choisi pour nous présider… »

      Vraiment ? N’y aurait-il pas eu là plutôt une grande manœuvre d’intox, et une maxi manipulation ?
      Bref, un coup d’état « soft » qui nous a octroyé un régime sentant bon son second empire ?

      Sans compter l’utile chiffon rouge Le Pen, brandi à tout va, et qui va finir par fonctionner à l’envers !

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  3. MOUNIC CLAUDE

    Quelle honte de voir des millionnaires, mettre sur le tapis des pères de famille’

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    • J.J.

      Pour un millionnaire, la notion de mère ou de père de famille n’existe pas.
      Il connaît seulement à la rigueur, le cas échéant, l’existence d’un être jetable, à qui l’on peut demander de travailler pour une somme modique si possible, quand ça l’arrange.
      Seul compte le grand dieu Monpognon.

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  4. alain

    qui peut être étonné ?
    cela dure depuis des années
    Macron est la pour cela ,faire encaisser des bénéfices aux actionnaires et aux banques !
    les entreprises sont bradées et personne ne réagit , les syndicats regardent faire.
    les différents partis se font couper la parole au parlement.
    doit on dire oligarchie ou dictature du capital.?
    l’Europe ne nous protège pas non plus!
    alors le marché est ouvert messieurs les capitalistes servez vous
    je ne sais pas jusqu ou cela ira

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  5. BELZ

    En effet une grande braderie et on envisageait, voire on envisage peut-être toujours, de remettre le couvert avec Renault.
    Ceci est conforme au discours “J’entends que le Gouvernement poursuive l’ambition des transformations de notre pays que le peuple a choisi il y a maintenant 18 mois”.

    A ce rythme, le désert industriel pourrait bien nous guetter

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