Ils rayonnent. Il exultent. Ils sont pleinement heureux. Les danseuses et les danseurs d’ « Entre Deux Dances » viennent de terminer leur troisième « show » sur la scène de l’espace culturel créonnais « Les arcades », dont on aurait pu célébrer le trentième anniversaire de l’ouverture en cette circonstance. S’il fallait justifier pour un élu comme moi, la valeur de l’engagement culturel municipal, ce serait simplement en se régalant de ces sourires, de ces yeux brillants de bonheur et de ce partage intense entre un public familial et ces enfants, ces jeunes et ces adultes ayant présenté leur savoir-faire dans le domaine de la danse actuelle.

Le charisme, l’enthousiasme et la passion de Stéphanie, arrivée sur Créon il y a tout juste cinq ans ont transformé la vie de centaines de personnes de tous les âges souvent très éloignées de cet art exigeant souvent présenté comme rébarbatif car très technique. J’ai en mémoire le jour où elle est venue en Mairie me présenter son projet. Elle respirait l’envie de partager sa passion, de la communiquer, de la faire vivre ! Le spectacle qu’elle présentait avec le soutien de Mathieu Certain Lascaud a reflété ce que j’avais ressenti : le talent de Stéphanie pour motiver des enfants ou des jeunes est incommensurable. Elle le lâche jamais et tire le maximum de ses élèves dans le respect absolu de leurs qualités ou de leurs difficultés.

L’expression moderne des chorégraphies a enthousiasmé sur le week-end plus d’un millier de spectatrices et des spectateurs peu au fait de ce type de pratiques mais qui ont vite adhéré à une succession de « tableaux » collectifs dynamiques et parfaitement réglés. On y a découvet à la fois une rigueur collective parfaitement réglée et des expressions personnelles valorisantes. En fait chaque chorégraphie soigneusement préparée met en valeur des acquisitions basées sur le plaisir d’apprendre et surtout ensuite de transmettre aux autres. Arriver justement à éviter l’abstraction des apprentissages pour leur donner une autre dimension dans un spectacle constitue un acte pédagogique culturel fondamental. Tout le monde a donc eu sa place sur scène et tout le monde s’est donné à fond pour justifier la confiance qui lui était accordée. Oubliée la peur de mal faire ou la crainte de ne pas être à la hauteur au profit d’une œuvre solidaire parfaitement crédible. Il est vrai que la succession des prestations a démontré une véritable adaptation des thèmes aux possibilités des enfants.

Depuis « Disney » jusqu’à « Legend » le public ravi de la prestation du(de la) « petit(e) » a soutenu toutes les autres créations. Personne n’est sorti, comme je l’ai trop souvent vu dans d’autres circonstances, dès que sa progéniture avait effectué son  « numéro » apportant la preuve de la qualité de ce qui était proposé.

Le fil conducteur de ces moments créatifs reste vraiment une vision modernisée de « West side story » avec des références permanente au hip-hop, à la street-dance, au modern-jazz ou tout autre style mais sans jamais trop se spécialiser puisque les musiques classiques ou par exemple le Charleston font des apparitions parfaitement intégrées. La fraîcheur de la danse de la fée dragée extrait de Casse-Noisette ouvrait par une bouffée de naïveté ce « show » qui mérite son nom. Le final auquel participait Stéphanie au milieu des siens illustrait le chemin parcouru en cinq ans par ces débutants de tous les âges et de tous les milieux.

Beaucoup de garçons se prennent aussi au jeu et font vivre concrètement une autre perception de la danse et c’est probablement une autre vertu de « Entre Deux Dances ». Ils ont découvert cet art dans le cadre des temps d’activités périscolaires… et ont ensuite rejoint la vie associative, preuve s’il en fallait une, que les TAP, bien conçus constituent un élément déclencheur pour des gamins engoncés dans les certitudes de leurs parents. Il y avait de quoi jubiler en regardant tous les aspects culturels (musiques diversifiées), sociaux (mixité absolue), morphologiques (taille et poids) dans chacun des « ballets » présentés. Personne n’est exclu. Personne ne s’éclate pas. Personne ne s’investit pas au maximum de ses possibilités. Personne n’est bloqué!

Le « show » des élèves de Stéphanie et Mathieu Martin Lascaud a été « chaleureusement » accueilli dans cet espace culturel créonnais qui depuis trente ans a permis à des milliers de jeunes et de moins jeunes d’exprimer leur talent dans la musique, la danse, les arts plastiques et d’enrichir sa vie. Mon émotion était d’autant plus forte face à cette réussite que parmi les acteurs il y avait un certain Juju que je n’avais jamais vu aussi heureux de partager ce que la culture qu’il pratique sans vraiment le savoir, lui avait apportée. Son bonheur était le mien !