sapeurs-pompiers

Combien de fois ai-je alerté officiellement ou officieusement de la situation plus que préoccupante des services d’incendie et de secours ? Représentant élu par mes pairs d’alors durant deux mandats comme représentant des maires de la Gironde au sein du conseil d’administration du SDIS33 puis administrateur désigné par le Conseil général puis le conseil départemental j’atteins presque les 20 ans de participation au quotidien de ce service. Et je n’ai cessé de répéter que, faute d’une véritable prise de conscience sociétale, nous allions vers des difficultés croissantes pour faire face à une double problématique : la croissance exponentielle des risques à couvrir et d’autre part une exigence prégnante des personnes pour des secours individuels rapides palliant la carence des services de santé dans la proximité. Ces deux paramètres pèsent financièrement et moralement sur les sapeurs-pompiers professionnels mais aussi sur les volontaires dont le rôle est devenu actuellement décisif dans l’organisation des secours tellement les interventions augmentent.

En effet, encore une fois tout ne se règlera pas par une prime, une transformation administrative de la filière ou je ne sais quel énième ajustement statutaire, mais par une discussion de fond sur le rôle et les missions des sapeurs-pompiers qui absorbent désormais les carences sociales, les défaillances médicales, les déviances sociétales ou les suites de modifications profondes des risques. Le système a atteint ses limites mais bien évidemment il n’est pas prévu de le réformer car derrière ses imperfections (voulues) se dissimulent des refontes douloureuses de multiples modes de fonctionnement résultant d’une flagrante hypocrisie économique.

D’abord les sapeurs-pompiers professionnels ne devraient intervenir que sur les incendies, les catastrophes imprévisibles mettant en jeu la vie humaine ou des conséquences matérielles graves. Ils doivent le secours aux personnes sur l’espace public mais, à l’origine, pas dans la sphère privée réservée au système de santé. Avec maintenant près de 70 % de leur temps consacré justement aux interventions liées à des « secours à personnes » ils sont mis à contribution de manière outrancière puisque la régulation des alertes médicales ne peut pas trouver d’autres solutions que de les mandater (sans en assumer le paiement faute de crédits) pour tout appel venant d’un individu en détresse vitale ou réputée grave.

Nul de songe à remettre en cause ces demandes mais quand elles conduisent au relevage de personnes âgées tombées chez elles dans la nuit et qui ont actionné un système d’alerte se contentant de reporter le message sur le SDIS 33; quand il s’agit de venir régler des querelles intrafamiliales alcoolisées, de se déplacer sur un stade pour une cheville foulée ou un genou abîmé; aller chercher un jeune en état d’alcoolisation outrancière à la sortie d’une boite de nuit ou dans une fête privée, se trouve-t-on dans le cadre des missions de secours d’urgence ? Faute de médecin de garde disponible et surtout considérant que sa venue à un coût que l’on ne peut pas assumer, est-il normal que l’on ait recours aux sapeurs-pompiers pour pallier ces réalités sociales ? Je partage donc totalement et vraiment sans aucune ambiguïté le message d’alerte lancé par sept syndicats unis.

Sur Bordeaux de très graves événements (incendie d’un garage, d’immeubles, d’un parking…) ont récemment mis en évidence (sans que personne ne s’en préoccupe) que si les sapeurs-pompiers savent répondre présents sur des missions importantes correspondant à leur vocation ils sont sur le fil durasoir en matière de disponibilité. « Si simultanément nous avons sur le département un feu ou une accident grave, nous ne pourrons plus y répondre dans le cadre eds dipsonibilités en hommes et en métériel » me confiait un officier. Ce que l’on ne sait pas en effet c’est que la réponse à ces incendies ne fut possible qu’avec un soutien plus ou moins important des volontaires venus en renfort des centres des secours de la périphérie métropolitaine. 

Les effectifs actuels suffisent à peine quotidiennement à satisfaire l’armement des ambulances (VSAB) qui ne cessent de sortir et attendent parfois 2 ou même 3 heures aux urgences que l’on puisse accepter le malade ou le blessé transporté. En effet comme il n’y a plus de brancard les urgentistes considèrent logiquement que les personne secourues sont davantage en sécurité dans le VSAB que dans un couloir sans un œil attentif. Or il arrive que les véhicules de ce type viennent de Créon, Labrède, Saint Loubés, Cestas, Macau… et même de plus loin répondre à un secours à personne sur le territoire métropolitain. Or les élu(e)s de Bordeaux Métropole tergiversent, pinaillent, se présentent en gestionnaires scrupuleux quand on leur demande de prendre leur juste part (et encore) au financement de cet accroissement de l’activité et dans les faits refusent dy contribuer . On est actuellement sur la base d’un dépassement du nombre des interventions de plus de dix pour cent en 2019 par rapport à l’an passé ! Les manifestations gilets jaunes ont couté au SDIS plus de 500 000 € et mobilisé des centaines de sapeurs-pompiers cumulés positionnés chaque jour. Les grandes manifestations se succèdent mais nul ne parle de leur impcat en matière de sorites d’ambulances. Les croisières fuviales, les nouveaux immeubles, les gros équipements commerciaux, la croissance des outils de déplacement alternatifs… La pression s’accroit ! 

« Notre service public de secours français est malade. Malade d’un manque d’effectifs, malade d’un manque de moyens, malade de réponses inadaptées et d’une sur-sollicitation aux carences induites par les services de l’Etat »,a expliqué un représentant des sapeurs-pompiers. « Ça va conduire un jour à ce qu’il y ait des manquements », prévient-il. « Il y aura un feu, il y aura une urgence vitale. Et l’effectif engagé sur des carences ne sera pas en capacité de répondre à la demande. » Je valide et je prends date et je saurai le rappeler. Pour moi ça ne peut plus durer longtemps ! Rendez-vous cet été !