Il devient désormais dès le premier samedi de juillet le personnage le plus cité dans les médias. Même si sa cote est en baisse car il commence à prendre de l’âge et donc à être dépassé par des systèmes de communication beaucoup plus attractifs, le Bison qui rend futés les automobilistes pressés de regagner leurs lieux de vacances a résisté à toutes les modes. Il a maintenant atteint l’âge respectable de 43 ans ce qui lui donne une certaine autorité en matière de guidage des conducteurs.trices enlisés dans les embouteillages. Il est né dans l’imagination d’un ingénieur ayant confié son idée à un publiciste qui lança en 1976 le concept d’un conseil aux forçats de la route des congés payés. Il avait fallu une véritable catastrophe nationale pour que cette volonté d’endiguer la simultanéité des départs soit prise.

Le samedi 2 août 1975, jour de canicule, 600 km de bouchons cumulés sont enregistrés. La RN10 qui relie par exemple Paris et la frontière espagnole en passant par Bordeaux est bloquée sur un quart de sa longueur. Durant le week-end, ce sont 145 personnes qui meurent, notamment à cause des accidents et des effets de la canicule… faisant à l’époque les titres de la presse. Le troupeau des « bisons » motorisés se ruaient en troupeau serré dans un goulet d’étranglement conduisant à l’immobilité étouffante.

Devant cette situation l’ingénieur proposa un plan en trois points. D’abord obtenir l(étalement dans le temps des départs. Ensuite déterminer des itinéraires de secours dits « itinéraires bis » (l’un d’entre eux fit le bonheur économique de Créon durant quelques années). Enfin et surtout effectuer une forte communication vers le grand public afin de lui conseiller de s’organiser différemment. Ainsi en 1976 naquit sur les gris pâturage des nationales pas encore devenues autoroutes le Bison futé celui qui échappait aux pièges tendus aux moutons de Panurge ! 600 000 cartes de France seront éditées avec la formalisation des 3 500 kilomètres d’itinéraires « bis » et on aménagea 18 aires d’accueil sur les axes les plus chargés à hauteur des difficultés prévisibles. Les médias relaient les conseils et le résultat est probant  avec un tiers de véhicules en moins.

Comme les axes de circulation vont se développer (on empruntera de moins en moins la mythique nationale 7 pour se rendre dans le sud-Est ou la 10 pour le Sud-Ouest) pour le plus grand bonheur des grands groupes de travaux publics. Le Bison devint de plus en plus actif en se répandant sur les radios qui gèrent dans l’instant les informations relatives à l’amoncellement de véhicules sur certaines portions de la route vers le soleil. Pour devenir futé il possède maintenant de moyens modernes (GPS) ou d’applications efficaces (Waze) mais ils ne parviennent pas à juguler une embolisation du réseau routier.

Bizarrement ce n’est pas au cours du fameux chassé-croisé estival que le record de bouchons a été établi. Il est d’ailleurs très frais puisqu’il date du dernier pont de l’Ascension dont le rouge vira rapidement au noir ! Avec un pic à 1340 kilomètres de bouchon cumulés à 18h10, on a établi le 28 mai le plus bel échec pour le Bison puisque le précédent record d’immobilité patiente datait d’ailleurs du 24 mai 2017 pour le même « pont » ! Ce constat traduit une véritable modification des manières de prendre des vacances puisque juillet et août perdent leur monopole de mois de référence. Il faut aussi ajouter que durant l’été les Français.ses vont de plus en plus loin et laissent une peu tomber les déplacements en automobile.

Toutes les zones connaissent un afflux de demande : la France (+8 % de réservations), les destinations moyen courrier (Europe, Maghreb : +7 %) et les long-courriers (Asie, Amérique, etc). Dans le détail, les pays « classiques » choisis pour les vacances se portent toujours à merveille. Ainsi, pour le moyen-courrier, le trio de tête est composé de l’Espagne, de la Grèce et de l’Italie même si en 2019 les intentions de départ sont en nette baisse par rapport à 2018, au profit de la Tunisie ou encore, plus étonnant de l’Egypte. Il semble que la peur des attentats soit en diminution notamment chez les jeunes Dans le bas du classement, la Croatie et la Russie font leur entrée dans le Top 10 des destinations moyen courrier, éjectant l’Allemagne et le Royaume-Uni… ce qui confirme la prise de risques et surtout le souci du coût des vacances.

Bison futé va connaître le sort de ses congénères réputés justement obtus et peu malins et ne dépassera pas le demi-siècle d’existence selon les spécialistes. Il n’a plus de raison de survivre car rares sont celles et ceux qui préfèrent les routes départementales pour regagner leur lieu de villégiature et ses conseils ressemblent plutôt à des constats. L’été 2019 devrait confirmer cette tendance !

3 Réponses

  1. Alain.E

    J’évite les autoroutes au vu des prix pratiqués , pour moi , c’est le train en premier , la moto en second et la voiture l’ avion en dernier pour mes déplacements .
    Gaver des actionnaires en prenant l’ autoroute , un bien beau scandale que la privatisation de ceux ci, et un autre que la volonté de privatiser Aéroports de Paris et la Française des jeux .
    C’est ça la France , on privatise ce qui rapporte à l’ état , on nationalise ce qui est déficitaire et après , on dit que l’ on a pas d’argent et l’on augmente les impôts….
    Si l’ homme est un loup pour l’homme , on peut dire qu’il est un loup pour le bison , après le massacre de ceux d’Amérique , la disparition du bison français .
    Je me souviens avoir eu des cartes routières papiers de bison futé pour automobiliste borné à les avaler ( les bornes , pas les cartes …)
    Ah , et pour ceux qui voudrait signer contre la privatisation d’ ADP , le site est compliqué au possible , est ce voulu pour éviter trop de signataires ??
    Je mets un lien pour ceux que ça intéressent de se rendre compte de ce fameux RIP , à ne pas confondre avec le RIC des gilets jaunes
    https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1
    Cordialement .

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    • Bernadette

      Bonjour Alain E.
      Sur les départementales, il y a des files indiennes de chevaux quil font de la randonnée équestre, des files indiennes de cyclisites qui font du cyclotourisme. J’ignore complètement comment va évoluer la circulation sur ces routes.
      Les nationales sont encombrées autour des grands villes et c’est bien dommage dans le cadre domicile-travail.
      Pas de vacances pour moi.

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  2. J.J.

    @Alain E. Zapotache ! Zapotache !
    En effet, ça a l’air compliqué de participer à ce référendum, et je pense que ça a été compliqué à souhait pour décourager les participants.

    Je n’ai pas encore participé, je vais réétudier le « truc » pour être sûr de ne pas me tromper, car »on » se fera un malin plaisir de déclarer une participation nulle car il manquera un point sur un i.
    Il est, il me semble, de notre devoir de citoyen d’encourager nos « amis et connaissances » à participer à ce référendum.
    Il ne faut trop compter sur les pouvoirs publics pour nous le rappeler.
    Bonne soirée.
    17 messidor 226

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