Les bonnes résolutions s’épanouissent durant la période estivale mais souvent elles ne résistent pas à l’épreuve du temps. Il en va ainsi depuis que les vacances existent puisque normalement le changement de rythme de vie incite à adopter des attitudes réputées salutaires pour l’avenir. Par exemple de plus en plus de personnes ne rêvent que de parcourir le monde proche ou lointain sur deux roues.

Alors que chaque jour nous restons obstinément fermés à l’usage d’autres moyens de mobilité que la sacro-sainte bagnole, la ruée sur la bicyclette, le vélo ou la bécane s’accroît sans cesse en juillet et août. Une manière comme une autre de se donner bonne conscience tout le reste de l’année. « L’homus automobilus » se transforme souvent en cycliste convaincu. Les pistes cyclables girondines sont par exemple parfois semblables à un chemin emprunté par des « fourmis » sur deux roues et dans les stations balnéaires ils s’entassent sur les bords des plages ! On ne jure que par l’usage réputé sans modération de la petite reine !

D’abord on assiste à un mouvement social particulier : celui du voyage au long cours ! Alors que certain.e.s rêvent de mettre les voiles et filer vers des destinations lointaines les cyclistes d’été « naviguent » à coups de pédales vers des ports très lointains. Équipés d’une « bicyclette » robuste ils traînent derrière eux une petite remorque contenant l’essentiel pour se reposer quotidiennement. L’équipage devient de plus en plus étudié, profilé, concentré ou allégé. Un peu comme le firent les aventuriers des mers ils recensent soigneusement les besoins (tente légère, nécessaire de cuisine, vêtements de rechange réduits, duvet, objets de toilette…) pour tenir chaque jour. Le ravitaillement sera fait dans les « mouillages » les plus accueillants situés sur leur route. Ils sont souvent néanmoins lourdement chargés avec 4 sacoches s’il n’ont pu s’offrir le véhicule auxiliaire profilé.

Point de boussole mais une carte des itinéraires cyclables et des distances fixées pour chaque étape. On part en famille (la remorque avec les enfants en bas-âge fait fureur), entre copains ou entre copines pour des centaines voire plus d’un millier de kilomètres en général pour des périples fleurant bon l’aventure naturelle. Le cyclotouriste sans frontière longe les fleuves (Loire, Garonne, Rhône, Danube…) emprunte d’ex-voies ferrées pour traverser, sur des pistes peu exigeantes, campagnes, forêts ou zones cultivées et rouler vers une ville symbolique d’où ils ne reviendront pas obligatoirement à vélo une fois arrivé à bon port.

Il existe à l’inverse les cyclistes qui, sur un vélo, à la force du mollet, garnissent leur carnet de route d’exploits destinés à valider leur appétence pour l’exploit identique à celui des particpant.e.s à la légende des cycles. Ces cyclos réputés sportifs se poussent du col. Ils souffrent le martyr afin d’obtenir la fameuse photo à coté du panneau « Tourmalet », « Aspin », « Soulor » ou « Alpe d’Huez », « Galibier », « la Madeleine » avec surtout l’altitude atteinte. A la distance parcourue par les « aventuriers au long cours » ils.elles préfèrent le dénivelé effacé par leurs aptitudes de grimpeur.euse.s assidus.

Une sorte de pèlerinage expiatoire destiné à les faire entrer dans l’Olympe des vainqueurs des lacets, des pourcentages et des pentes abruptes. Eux.elles ne recherchent pas une récolte de petits pois sur leur maillot mais simplement la reconnaissance de leurs pairs quand ils.elles donneront le temps mis pour atteindre les sommets. En général des témoins oculaires ou des compères d’escalade attestent des souffrances ou de la facilité avec laquelle l’exploit a été accompli. Il faut se rendre à l’évidence il ne saurait y avoir d’été réussi sans exploit à ramener vers la vie ordinaire. Et le vélo participe de cette nouvelle mode !

Il faut cependant convenir que la plupart des usagers de la « bécane » estivale n’ont pas les mêmes objectifs. Quelques minutes utilitaires suffisent à leur bonheur. Elles constituent un alibi destiné à prétendre qu’ils ont fait du sport autrement que dans les travées d’un stade ou sur leur canapé face à la télé. Le célébrissime « je me suis remis.e au vélo » vaut bel et bien un «  j’ai arrêté de fumer » ou un « je n’ai pas bu une goutte d’alcool » ! C’est une affirmation symbolique d’un changement profond des habitudes. Une sorte de renaissance physique liée au sport, aux loisirs actifs, aux efforts inhabituels s’accroche à ces étés modernes.

Aller chercher avec une vieille bécane ou un splendide engin peu utilisé, ses croissants, son pain ou son pack de bière ; se rendre au marché ou à la plage ; se promener dans la fraîcheur matinale ou celle du soleil couchant atteste d’une prise de conscience écologique de bonne facture. Il sera toujours temps de ranger au garage le vélo dès le retour à la normalité car bien entendu « c’est vraiment trop dangereux et impossible » lorsque l’heure de la rentrée aura sonné !

Une réponse

  1. Bernadette

    Bonjour,
    Le vélo présenté tout en haut du texte est un bien d’usage qu’utlise le consommateur pour se déplacer. C’est de l’outillage au même titre que la bagnole.

    Répondre

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