Si l’eau venue du ciel perturbe la vie estivale réputée ensoleillée, le feu vient, sur toute la planète, aggraver l’impact déjà considérable du réchauffement climatique. Il déferle sur les écrans rapportant des informations venant de régions capitales pour l’avenir de l’humanité. Que ce soit en Sibérie ou en Amazonie, comme ces incendies gigantesques ne perturbent guère la saison touristique… les regards se détournent alors qu’il s’agit de catastrophes planétaires. Comme dans la très grande majorité des désastres actuels, les responsabilités des Hommes n’est jamais évoquée.

Hormis des déclarations de principes, rien n’est véritablement fait pour enrayer ces phénomènes n’ayant très souvent rien de naturels. Le monde détourne le regard des fumées noires qui sortent des poumons de son climat. L’ONU défend des régimes, des territoires, des intérêts politico-économiques mais ne peut mener la moindre action pour défendre l’intérêt commun ! Il s’agit d’authetiques crimes contre l’humanité.

Rien n’est vraiment différent au niveau local. Au cœur de notre été, les flammes tellement désirées au moment où le vacancier tente d’allumer son barbecue, s’attaquent régulièrement à des étendues de garrigues prétendues sans intérêt, de la végétation libre ou des forêts organisées. Des dizaines ou des centaines d’hectares disparaissent ainsi en France chaque jour de manière spectaculaire ou plus discrète. Le nombre des départs de feux ne cessent de grandir d’année en année en raison notamment de la criminalité, l’incivilité ou au mieux l’inconscience de ces gens qui prétendent aimer ces lieux où ils se promènent et même où ils vivent en ignorant les dangers qu’ils génèrent. Le bien commun des forêts, des espaces naturels devient un bien personnel exploitable.

Impossible d’ignorer que la canicule n’explique pas tout. Elle sert trop souvent de couverture à des actes volontaires mais elle constitue en aucune manière une explication quand on sait que 90 % des départs de feux sont d’origine humaine. L’été se veut la période de l’insouciance et la transgression des règles. Feux de camp réputés festifs, mégot négligemment jetés, grillades improvisées oubliées, écobuages plus ou moins calculés, circulation d’engins mal entretenus mais aussi et surtout sur la folie individuelle. Masquer la réalité c’est raconter que les incendies du quotidien ont des causes inconnues.

Les incendiaires sont parmi nous. Ils (on ne connaît que très peu de cas de femmes) agissent de manière impulsive mais souvent il s’agit de personnes « techniquement » redoutables. La période estivale leur permet d’exister car elle favorise leur dilution dans une masse plus grande d’individus inconnus. Les boute-feux apparaissent et disparaissent sur un territoire sans qu’ils oit vraiment possible de les « tracer ». Ces dernières semaines la zone sud de la Gironde et du Bassin d’Arcachon accumule les tentatives de créer des foyers pouvant devenir catastrophiques s’ils n’étaient pas combattus au plus vite. L’auteur.e de ces actions destructrices (la dernière il y a quelques heures à Uzeste) guette les conditions optimum pour commettre ses forfaits ce qui le (la) rend redoutable.

Souvent les méfaits du feu, ogre démentiel dévoreur des espaces que lui offre la sécheresse, mettent en péril des structures de vie estivale collective ce qui prouve l’intention réelle de les détruire. Confier au flammes et au vent sa vengeance ou sa haine paraît une solution facile restant extrêmement pratiquée. Des arrières-pensées mercantiles sous-tendent également ces incendies mais il est impossible de le prouver. Lentement s’installe la fatalité du feu qu’il serait absurde d’attribuer au seul réchauffement climatique.

La nature supporte les excès d’eau mais elle met bien du temps à se relever du passage de cet tempête de flammes poussée par un vent complice. La nature porte le deuil durant des mois, voire des années, de cette rencontre dantesque. Des troncs noircis, brisés, décapités ou surmontés d’une « chevelure » dégarnie ou détruite. Montagnes pelées, étendues désertifiés, roches apparentes, bâtisses effondrées, végétation inexistante : les feux de l’été ne sont pas ceux de l’amour de la nature. Ils constituent désormais en France, en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie…et ils appartiennent aux événements récurrents de juillet et août. Plus personne ne s’en étonne. Pas grand monde ne s’en inquiète.

Une infime proportion s’en préoccupe. N’empêche que désormais la guerre du feu doit être déclarée. Elle aurait dit-on considérablement fait évoluer positivement le sort des premiers hommes mais elle causera probablement sa perte car paradoxalement elle accompagnera celle de l’eau dans un avenir proche.

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