Depuis des mois les alertes se multiplient et certains « prophètes » de l’économie prédisent une année 2020 plus qu’inquiétante. Le Financial Times, bible quotidienne du monde du profit, s’interroge même à la une sur la nécessité de refonder le capitalisme suspecté de conduire à la ruine la pomme planète exploitée jusqu’au trognon par des dévoreur d’avenir humain. C’est dire si le précipice approche et si l’ultra libéralisme ne va pas conduire nos sociétés à une déferlante de crises systémiques catastrophiques pour tous les pays ayant basé leur stratégie sur la croissance.

L’économie mondiale et le constat est unanime, devient de plus en plus fragile et son évolution de plus en plus incertaine, compte tenu du ralentissement de la croissance et de la poursuite de l’accentuation des risques comme ceux générés par de multiples conflits armés qui s’enlisent. L’OCDE, peu suspecte d’être révolutionnaire, a diminué sa prévision de croissance mondiale de 0,3 point à 2,9% pour 2019 et de 0,4 point pour 2020 à 3%. Ces taux seraient les plus bas enregistrés depuis la crise financière qui a secoué le système capitaliste. Il faut craindre que l’endettement massif et explosif des Etats, des entreprises et des particuliers provoque une terrible déflagration dans le système bancaire actuellement peu fiable.

Aux conflits armé se sont ajoutés les rivalités commerciales. Elles constituent « le principal facteur pesant sur la confiance, la croissance et la création d’emplois à l’échelle mondiale, et la persistance des restrictions commerciales et de l’incertitude politique  pourraient avoir des effets négatifs supplémentaires » explique le rapport. On a même sur certains sujets (l’énergie, les ressources naturelles) atteint le point de non retour. Les difficultés ne vont cesser de s’aggraver dans ces domaines avec des politiques agressives entre les grandes puissances. Les récents événement en Arabie Saoudite constituent à cet égard une illustration parfaite du fait que les « bombes » ciblées ne faisant pas de victimes humaines provoquent des désastres économiques en cascade dévastateurs.

Il devient donc indispensable de passer d’une politique mortifère de restrictions dans tous les domaines à une vrai relance grâce à la puissance publique qui doit investir. Or tout est parti exactement dans l’autre sens. Si on prend l’exemple de la France où les principaux donneurs d’ordre sont les collectivités territoriales tout est fait justement pour diminuer leur capacité à construire des équipements ou des infrastructures d’intérêt général alors que la faiblesse même inquiétante des taux d’intérêt devrait faciliter ces décisions. Or rien de bouge : la BCE injecte des liquidités qui restent inutilisées sauf pour des spéculations à court terme. Les investissements dans tous les secteurs environnementaux pouvant lutter contre les effets néfastes du réchauffement climatique devraient devenir la priorité des priorités.

Certains constats démontrent que le conflit commercial créé en partie par les rodomontades de Trump se retournent contre lui. En effet les conséquences de la guerre entamée avec la Chine et d’autres pays de manière indirecte commence à toucher l’économie US. Certains produits manufacturiers sont menacés, et des faillites émergent dans le secteur de l’agriculture…. qu’il voulait protéger. En fait un autre signe inquiétant dans la camp adverse concerne le recul de la consommation intérieur en Chine, en baisse d’environ 2% sur un an qui a des conséquences sur ses importations. S’accompagnant d’une dégradation des conditions financières et d’un accroissement de l’incertitude, ces événements en cascade priverait de 0,7 point la croissance de l’économie mondiale dans les deux premières années d’un tel choc et donc un effondrement bancaire prévisible. L’incertitude liée au Brexit est également vecteur d’inquiétudes. L’OCDE note qu’un Brexit sans accord porterait un coup à l’économie britannique, déjà fragile mais perturberait l’ensemble de l’économie européenne. 

Le signal d’alarme n’est pas encore tiré. Cependant si la trajectoire globale en cours se poursuit le monde du profit risque bel et bien d’imploser et encore uen fois ce sont les plus faibles, les plus fragiles, les plus éloignés de ces réalités qui en souffriront. Le mure se rapproche et nous finirons pas le rencontrer dans des délais probablement différent d’un pays à l’autre mais… c’est inexorable : le capitalisme débridé, incontrôlé car incontrôlable, aura conduit l’humanité à sa perte. Maix je suis ringard…