Il existe une exploitation capitalistique de la tendance actuelle vers l’utilisation des énergies renouvelables. Les foyers français croulent après la fausse isolation thermique à 1 €, sous les propositions d’installations solaires. En fait encore une fois derrière les promotions alléchantes se dissimulent des pratiques strictement commerciales juteuses.

Ainsi un an après avoir signé un contrat avec EDF-ENR je suis toujours dans l’attente du contrat d’achat que doit m’adresser EDF… Impossible d’avoir le moindre contact et de connaître les raisons de ce retard pénalisant. Le contexte est pourtant au développement de circuits techniquement fiables et économiquement rentables pour favoriser par ces opérations ce que toute le monde réclame : « la croissance verte ».

Cette dernière doit reposer en effet sur la transition énergétique du charbon et du pétrole vert des solutions dites vertes. Les sources renouvelables (vent, soleil, eau…) posent pourtant des problèmes qui dans l’immédiat n’ont pas été résolus. Quel que soit le système la production d’énergie électrique est discontinue et surtout, leurs taux de retour énergétique sont excessivement bas. C’est malheureusement un constat qu’il est indispensable de connaître.

Les vastes installations de panneaux photovoltaïques, tout comme les « plantations » d’éoliennes, ne produisent pas d’électricité en continu. La nuit, c’est une évidence, le solaire est à l’arrêt, et les éoliennes terrestres ne produisent pas toute l’année, par manque de vent permanent. Ces sources d’énergie ne peuvent donc constituer des compléments en cas de trop grande consommation sur le réseau électrique, mais sont incapables de prendre le relais des centrales à gaz, charbon, fuel ou nucléaire qui produisent 24 h sur 24 et 365 jours par an toujours le même volume d’énergie.

Il faut ajouter que le stockage de l’électricité produite par les renouvelables constitue un enjeu majeur (dans un scénario à 100% renouvelable), mais est encore loin d’être effectif: les batteries doivent être nombreuses, protégées et maintenues à des températures précises, couplées à des convertisseurs vers du courant alternatif haute tension. Rien n’indique que cette solution soit techniquement tenable à grande échelle et surtout, soit économiquement soutenable. Par ailleurs les surfaces de terres à déclasser nécessaires pour leur déploiement sont angoissantes… et destructrices de l’environnement dans un contexte de gaspillage de l’espace agricole ou naturel.

Par ailleurs la demande énergétique mondiale n’a pas cessé d’augmenter. En 2018 elle a atteint une croissance record sur 10 ans de +2,3 %, avec une hausse à la clef de 1,7 % des émissions de CO2, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Ainsi 80% de l’énergie mondiale reste produite par des ressources fossiles, mais au fur et à mesure que la demande augmente, les renouvelables n’arrivent pas couvrir la moitié des nouveaux besoins en énergie.

Un autre facteur aggravant est constitué par celui de l’utilisation des énergies fossiles pour… produire des renouvelables : plus on construit des panneaux photovoltaïques ou des éoliennes, plus il faut brûler du pétrole ou du charbon pour extraire des minerais, fondre des métaux, assembler, transporter et installer ces systèmes de production d’énergie « verte ». Le rapport coût-énergie des renouvelables est donc encore loin de la neutralité carbone ! Les spécialistes sont formels pour dire que des TRE de cet ordre (inférieurs à 10), sont beaucoup trop bas pour soutenir une économie industrielle complexe. 

La baisse des émissions de C02 au niveau mondial ne s’opérera pas dans le cadre du développement des sociétés industrielles et donc d’une croissance économique continue, selon les chercheurs. C’est utopique de le croire. C’est paradoxal mais on en arrive à imaginer une transition énergétique basée sur l’énergie nucléaire pourtant contradictoire avec la notion de croissance verte. Il faut donc avoir le courage d’expliquer que la fameuse croissance verte ne permettra visiblement pas d’empêcher la hausse des émissions de gaz à effet de serre.

Il faut donc sortir de cette illusion entretenue à grand renfort de pubs ! Il faut changer les approches et envisager une transition politique (nouveau partage du pouvoir) sociale (humanisation), économique (développer la responsabilité environnementale) et culturelle (passer du statut de consommateur à celui de citoyen) permettant de créer des sociétés sobres en énergie et très peu polluantes. C’est infiniment plus difficile que de faire des promotions sur les panneaux solaires et ne vous faites pas d’illusions : le monde du fric veille !