L’empereur de Levallois s’annonce ruiné et donc dans l’incapacité de faire face à une éventuelle libération sous caution. Il ne pourra même pas payer la campagne électorale qui lui permettrait de continuer à régner sur sa ville. Déjà condamnés le 13 septembre pour fraude fiscale, les époux Patrick et Isabelle Balkany ont été reconnus coupables, vendredi 18 octobre, dans leur procès pour « blanchiment aggravé ».

Lui a été condamné à cinq ans de prison avec mandat de dépôt et à dix ans d’inéligibilité et elle a écopé d’une peine de quatre ans de prison sans mandat de dépôt et de dix ans d’inéligibilité.

Ces peines s’ajoutent aux  4 ans de prison pour fraude fiscale et à 10 ans d’inéligibilité, sanctionné pour un « indéniable enracinement, sur une longue période, dans une délinquance fortement rémunératrice ». Il avait fait immédiatement appel. Son épouse a été condamnée à trois ans ferme mais sans incarcération immédiate. Elle a aussi interjeté appel. Bref des palmarès pour le moins salés. Madame reste maire « suppléante » de « leur » ville et lui espère pouvoir sortir de la prison de la santé.

Aussi incroyable que ce soit une association s’est créée pour récolter les 500.000 euros de la caution ! Désormais dès qu’une situation délictueuse intervient la solution passe par un appel à la générosité des fans ou des supporters comme s’il s’agissait d’un retour sur investissement. Ainsi après avoir été repris par la patrouille pour dépassement du montant légal de la campagne électorale des présidentielles.

L’UMP avait iansi recueilli les… 11 millions d’euros nécessaires pour renflouer ses caisses après l’invalidation des comptes de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2012. Une astuce terriblement dévastatrice pour la morale républicaine puisque les généreux donateurs avaient bénéficié de l’exonération fiscale légale. On n’en a plus reparlé et l’affaire a été classée alors qu’elle était proprement scandaleuse sur le fond.

Dans la situation de Levallois il est certain que l’association déjà existante délivrera des reçus officiels permettant la défiscalisation. D’ailleurs la présidente a affirmé avoir déjà effectué des opérations caritative s(achat d’un fauteuil roulant) ce qui lui permettrait de poursuivre dans cette voie. « « Ce n’est pas une première. Il y a dix-huit mois environ, on s’est mobilisés pour offrir le fauteuil roulant dont un enfant handicapé avait besoin. C’est la même chose ! » explique la Présidente en question.

En 2015, Dieudonné avait été condamné à 6.000 euros d’amende pour avoir demandé sur Internet à ses soutiens un coup de main pour payer… ses précédentes amendes. A l’époque, il avait été poursuivi en vertu de l’article 40 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse. Celui-ci interdit « d’ouvrir ou d’annoncer des souscriptions ayant pour objet d’indemniser des amendes, frais et dommages-intérêts prononcés par des condamnations judiciaires ». Toutefois, il ne dit rien des cautions. Mais l’association pro-Balkany peut se heurter à une difficulté : le premier alinéa de l’article 142 du Code pénal. 

Selon cet alinéa, une caution garantit que l’accusé se présentera bien devant la justice à tous les actes de la procédure et pour l’exécution du jugement. Créer une association pour récolter les 500.000 euros serait donc « incompatible » avec cet article du Code pénal, : « Si on fait payer une caution à quelqu’un, c’est pour le dissuader de s’enfuir. Si on la fait payer par quelqu’un d’autre, il n’y a plus de garantie. » On attend avec intérêt ce que vont faire les services fiscaux qui actuellement ont un œil particulier sur les associations Loi 1901.

N’empêche que ce phénomène met en évidence la déliquescence de la démocratie représentative qui a recours à des subterfuges épouvantablement dangereux pour survivre. La valeur de l’engagement associatif en prend aussi un sacré coup puisque ses finalités détournées jettent la suspicion sur ses valeurs. Effectuer des collectes pour payer des amendes infligées par la justice relève purement et simplement de l’escroquerie morale. Souvenez vous de la collecte pour le « boxeur » gilet jaune et les conséquences qu’elle avait eue pour lui ! 

Certes il sera rétorqué que dans tous les cas les donateurs sont consentants et qu’il n’y a donc aucun moyen légal de les obliger à retirer leur offrande. Mais un petit examen fiscal de leur situation pour les plus généreux d’entre eux ne seraient pas une aberration. Mais il n’ y a plus les fonctionnaires pour assumer ces missions. On n’a pas fait de Balkanytron pour eux !