Depuis le début du quinquennat en marche pas un seul instant il fallait croire en rééquilibrage du pouvoir d’achat entre les différentes classes sociales du pays. Il est en effet extrêmement difficile de pas prendre aux un.e.s ce que l’on donne aux autres. Le déficit d’un Etat géré de manière ultra-libérale pèse en effet sur chacune des décisions puisque il ne s’agit en permanence que de transferts et non de péréquation ou d’égalité de traitement. C’est ce que confirme l’étude “France, portrait social” de l’Insee, publiée hier.

Toutes les mesures fiscales mises en place en 2018 augmentent globalement le niveau de vie de l’ensemble de la population de 1,1%, ce qui pourrait constituer une approche modeste mais acceptable. Or le corollaire c’est que ce petit 1 % a des retombées bien différentes . Ce sont en effet les 10% des Français les plus aisés qui ont engrangé le gain de niveau de vie le plus important, et ce grâce au remplacement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), mais aussi grâce à la mise en place du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30% sur les revenus du patrimoine.

Les députés de la majorité ont voté ces mesures comme étant favorable à la croissance et à l’investissement sur le territoire national. Il y a fort à parier que les gains réalisés aient été consacrés à autre chose qu’à de la spéculation financière. La suppression de l’ISF au profit de l’IFI augmente en effet, au total, le revenu disponible de 3,44 milliards d’euros pour les 350.000 ménages les plus riches concernés par la mesure, soit une hausse moyenne de près de 10.000 euros par foyer sur l’année. Un joli pactole qui dépasse aisément les 1,1 % de moyenne nationale. Que pèse en regard l’exonération partielle de la taxe d’habitation ?

L’INSEE dézingue aussi la réforme voulant que les dividendes soient imposés au taux de 30% ou à la tranche marginale d’imposition du contribuable après un abattement de 40% puis au taux de 17.20% pour les prélèvements sociaux. Le contribuable a eu donc le choix et a souvent préféré un taux forfaitaire à 30%. Le prélèvement forfaitaire unique (dit PFU) a conduit à une hausse du revenu disponible des ménages qui en sont bénéficiaires de 1,39 milliard d’euros. Au total, 4,4 millions de ménages sont gagnants, tandis que 7,5 millions sont perdants de manière toutefois limitée.

Les classes intermédiaires ne retirent des réformes fiscales qu’une amélioration de leur niveau de vie de seulement 0.9 % sur l’année 2018. Une partie d’entre eux a bénéficié de la réforme de la prime d’activité mais cette étude démontre que la seule avancée de leur condition fiscale repose sur le fameux dégrèvement de 30 % de la taxe d’habitation mais qui ne leur permet vraiment pas de changer la donne en matière de pouvoir d’achat !

En fait ils perdent beaucoup avec la baisse des plafonds de la Prestation d’accueil du jeune enfant (Paje), qui concerne les enfants nés à partir du 1er avril 2018. Bref on leur a discrètement repris de manière indirecte le dégrèvement accordé sur les taxes locales ! Ces classes moyennes souvent endettées pour la construction de leur pavillon deviennent les principales victimes de jeu des ajustements fiscaux. Elles vont grossir à terme les rangs des Gilets jaunes ou ils les grossiront bientôt ! 

Les plus modestes (10 % environ) ont obtenu une progression de 1,4 % de leur niveau de vie soit un niveau inférieur à l’inflation grâce à des coups de pouce particuliers comme le chèque énergie, la réforme de la prime d’activité ou des revalorisations de prestations spécifique (allocation adultes handicapés notamment). Les 20 % les plus modestes ont été les seuls à bénéficier de la hausse des prestations sociales en 2018 mais c’est normal puisque la part des prestations sociales est essentielle dans leurs revenus. Mais en revanche ils on été fortement pénalisés par le gel du barème des aides au logement.

Bien plus que des discours de tribune, une étude objective dévoile parfaitement les arrière-pensées d’une politique et surtout qu’elles sont ses orientation véritables. Dans le méli-mélo inextricable des réformes fiscales très éloignées des citoyen.ne.es il est inutile d’expliquer car les gens idolâtres ou formellement opposés à des attitudes raisonnables se réfugient derrière leur mur « anti-bruit politique » qui doit les protéger de toutes les « intoxications ».

En fait l’opinion dominante ne veut rien entendre, ne rien voir et simplement se réfugier derrière des idées toutes prêtes ! Depuis des années Bercy a pris le pouvoir et gère dans l’intérêt de la caste de ceux qui font et défont les mesures gouvernementales au grès de leurs intérêts profitant ainsi de l’indifférence de la grande majorité des dupés de la vie sociale !