Voici le discours que j’ai prononcé lors du débat d’orientations budgétaires du conseil départemental de la Gironde : 

« Je ne sais pas si quelques-uns d’entre vous sont des adeptes de la course d’orientation avec boussole et carte réduite mais leur expérience serait bien utile dans la situation actuelle des collectivités territoriales en général et des conseils départementaux en général.  

Nous sommes en effet dans la situation où le gouvernement nous impose à toutes et à tous, quelles que soient nos appréciations politiques et quels que soient les départements, de passer par des points imposés avec un contrôle sanction mais sans que l’on nous donne les moyens d’y parvenir. Au contraire on nous entrave, on nous retient, on nous pénalise, on nous étrangle.

            Il nous faut  en plus savoir décoder des intentions, envisager des scénarios, nous méfier des fausses pistes et deviner quels pièges nous attendent pour espérer trouver la bonne orientation.

            Pour la huitième année consécutive dont la cinquième sous la responsabilité de Jean-Luc Gleyze il me faut cependant avec le soutien des services que je tiens à remercier pour leur loyauté, leur efficacité et leur compétence, tenter de vous convaincre que nous continuons à savoir où nous allons parce que nous savons d’où nous venons et nous affichons toujours une volonté de tenir bon sur nos engagements pris sur ce mandat.

            Le premier est relatif à la solidarité humaine . Elle sera l’an prochain encore plus au cœur de nos politiques car le contexte social l’exige, car la pauvreté augmente car les inégalités se creusent, car la révolte gronde.

            Le second touche la solidarité territoriale avec le maintien de nos aides aux collectivités de proximité, aux associations, aux clubs sportifs et nous donnerons même un coup de pouce au secteur culturel essentiel face à la montée de la démagogie, de la haine, de la défiance et d’une outrancière simplification de la vie collective créative et intelligente.

            Le troisième prend en compte tous les paramètres en matière de préservation de l’Humain face aux atteintes graves, récurrentes, indignes à la biodiversité, au cadre environnemental, aux atteintes à la nature.

            Le quatrième c’est que, quoi qu’il advienne, nous accentuions tous les efforts collectifs pour rester maîtres de nos politiques grâce à une gestion rigoureuse, efficiente et solidaire.

            Les parcours changent selon les volontés successives des organisateurs de la course d’orientation devenue pour nous toutes et nous tous une épreuve budgétaire. Nous allons porter toute notre énergie pour vous proposer au nom du Président dans quelques semaines

            L’appréciation portée sur la gestion de la majorité départementale et sa mise en œuvre dans son communiqué officiel ce matin, par l’agence de notation Standard and Poors confirme cette année encore que notre stratégie est parfaitement adaptée à un contexte particulièrement difficile.

            Dans un communiqué, il y a quelques semaines, les spécialistes de l’agence décrivait pourtant ainsi la situation future des départements à l’issue du débat actuel sur le Projet de Loi des Finances : « Le PLF 2020 confirme la volonté du Gouvernement de mettre en œuvre une réforme plus globale de la fiscalité locale et de supprimer totalement la taxe d’habitation d’ici à 2023. En l’état, cette réforme pourrait affaiblir les départements car le projet réduit leur flexibilité budgétaire et accroît la volatilité de leurs budgets.  Elle accentuerait l’inadéquation structurelle déjà marquée entre leurs dépenses et leurs recettes.  
     Par ailleurs, au niveau mondial, les département français sont avec les provinces chinoises les collectivités les plus exposées au marché de l’immobilier » puisque leur seule ressource qui les maintient à flots sont les droits de mutation, c’est à dire la taxation des achats de biens immobiliers.

            Cette ressource reste aléatoire en raison des menaces qui se précisent sur le système bancaire en France et dans le monde. Ne pas l’admettre, ne pas le reconnaître c’est véritablement appliquer le principe énoncé par Georges Bernanos : “L’optimisme est une fausse espérance à l’usage des lâches et des imbéciles.” Il nous faut donc voir la situation avec réalisme, rigueur et une farouche volonté de ne pas subir.

            Ne pas subir en Gironde c’est poursuivre une fois encore en 2020 sur les bases des orientations souhaitées par le Président du département et la majorité qui le soutient solidaire dans ses objectifs :

  • Faire face avec détermination mais dans la limite de l’acceptable à l’accroissement constant des besoins liés à l’augmentation de la population. L’an prochain il nous faudra accueillir encore plus de 20 000 habitants supplémentaires c’est à dire l’équivalent d’un collège de 600 élèves, plus d’une centaine de personnes à l’APA, de quelques dizaines de personnes relevant de la PCH, de 500 personnes au RSA, une augmentation du trafic routier et nous n’aurons aucune recette supplémentaire pour y faire face. Et pire le pacte de Cahors ne tenant absolument aucun compte de ses nécessités absolues nous pénaliserons pour avoir seulement répondu à des besoins indiscutables.
  • Accentuer nos efforts en matière d’investissement pour tenter de répondre aux urgences en matière d’éducation, de protection de l’enfance, de lutte contre le réchauffement climatique.
  • Refuser de piquer dans les poches des Girondines et des Girondins une contribution supplémentaire sur le foncier bâti bien que nous aiderions le gouvernement à compenser l’hérésie financière de la rupture du lien républicain entre l’habitant et sa collectivité !
  • Ne pas sacrifier aucunes politiques mais de rechercher les pistes pour améliorer leurs efficiences pour celles et ceux qui en sont destinataires. Le travail est enclenché à la demande du président.
  • Ne surtout pas renoncer à revendiquer haut et fort une compensation verticale des allocations individuelles de solidarité. Résister en informant les Girondines et les Girondins du fait que le gouvernement vient leur piquer dans leur poche une part de leur contribution aux actions concrètes de proximité portées pour toutes et tous par le département !
  • Ne pas pour la cinquième année consécutive maintenir pour la dernière fois le taux de foncier bâti départemental

Dans ce contexte il nous faut perdre le sens des orientations ! Celles qui vous sont présentées maintiennent le cap.

Elles affirment une volonté farouche de conforter l’action du département. Elles nous maintiennent pour une année encore (la dernière entière de ce mandat) sur la base d’une gestion dynamique, réaliste, maîtrisée et durable de notre collectivité.

Voici donc les axes que nous comptons donner à notre budget départemental 2020 au service de toutes les génératiosn du département seules bénéficiaires quotidiennes directes des fonds publics dont nous disposons. Vous jugerez la sincérité et l’efficacité de celles qui vous ont été présentées l’an passé lors du compte administratif 2019.

A ce jour nous avons jamais trahi nos engagements, nous avons jamais renié nos valeurs, nous n’avons jamais abandonné les Girondines et les Girondins, nous n’avons jamais cédé à la facilité.