Le constat est implacable et tellement inquiétant que l’on évitera certainement de le médiatiser. Chaque jour qui passe et la série de Canal + « l’effondrement » évoquant les difficultés du monde futur passe de la fiction à la réalité potentielle. La planète étouffe, brûle, sombre, se détruit et se révèle incapable de se défaire du poids de désastreuses habitudes.

Les principaux gaz à effet de serre (GES) à l’origine du réchauffement climatique ont franchi de nouveaux records de concentration en 2018, et « aucun signe de ralentissement » n’est visible, a constaté une Organisation des Nations Unis impuissante face à la catastrophe. A quelques semaines de la réunion annuelle sur la lutte contre le changement climatique, la COP 25 le bilan n’incite guère à l’optimisme. Rien ne changera !

« Il n’y a aucun signe de ralentissement, et encore moins de diminution, de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère malgré tous les engagements pris au titre de l’accord de Paris sur le climat », a souligné le secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM).

Ce rapport très important évoque non pas des quantités de gaz à effets de serre qui sont libérées dans l’atmosphère mais de celles qui y restent, sachant que les océans absorbent environ le quart des émissions totales, tout comme la biosphère, dont font partie les forêts.

D’après les spécialistes, le dioxyde de carbone (CO2), découlant des activités humaines et constitue le principal gaz à effet de serre persistant dans l’atmosphère. Or il a battu un nouveau record de concentration en 2018 avec une progression de 147 % de plus que le niveau préindustriel de la seconde moitié du XVIII° siècle.

« Il convient de rappeler que la dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a trois à cinq millions d’années : la température était de 2 à 3 °C plus élevée qu’aujourd’hui, et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres au niveau actuel ». Étrange constat qui ramène la planète au début de son existence avec surtout le corollaire de la non émergence de l’espère humaine.

Ainsi l’augmentation annuelle de la concentration de CO2, qui résiste pendant des siècles dans l’atmosphère et encore plus longtemps dans les océans, a été supérieure au taux d’accroissement moyen des dix dernières années.

Le méthane, dont 60 % des émissions sont d’origine humaine (élevage de bétail, riziculture, exploitation des combustibles fossiles, décharges…), et le protoxyde d’azote, dont 40 % des émissions sont d’origine humaine (engrais, processus industriels…), ont aussi atteint des pics de concentration. Tous les signaux sont au rouge vif !

Les quatre plus importants émetteurs de gaz à effets de serre que sont la Chine, les Etats-Unis, Union européenne et l’Inde représentent 56 % des émissions mondiales. Seule l’UE (9 % du total) est en voie de remplir, et même dépasser, ses objectifs, selon une récente étude américaine de la Fondation écologique universelle. Les autres continuent leurs émissions et se retirent des accords internationaux. Les « politiques » sont responsables directs ou indirects de cet assassinant planétaire.

Le constat est en effet sans appel : plus d’un tiers de l’émission de CO2 est dû à l’exploitation pétrolière. Une facture salée quand on sait que cela représente près de 480 milliards de tonnes depuis 54 ans. Dans le classement des entreprises les plus polluantes soutenues par les gouvernants, on retrouve Saudi Aramco, société nationale saoudienne responsable de pas moins de 59 milliards de tonnes d’émissions.

La seconde place est attribuée au géant Américain Chevron avec 43,3 milliards, suivi de près par la Russie et Gazprom (43,2 milliards). BP, Shell et PetroChina font aussi parti des industries citées par l’étude et l’étude rappelle que parmi les 20 industries citées, douze sont dirigées par des états. Le vrai problème est là !

L’ONU tire une nouvelle fois pour rien la sonnette d’alarme : les prévisions de production d’énergies fossiles en 2030 sont totalement incompatibles avec les objectifs de l’accord de Paris sur le climat : 50 % de trop pour ne pas dépasser 2 °C de réchauffement, 120 % de trop pour le limiter à 1,5°. Que reste-t-il comme espoir ? Un sursaut collectif ? Une autre gestion politique ? Une prise de conscience internationale ? La fin du capitalisme ? Certainement !