Après la longue période de pluie qui s’est abattue sur la France, tout le monde parle de sols saturés sur lequel plus rien n’a de prise. Éboulements, inondations, ravinements, coulées de boue : le résultat est imprévisible, causant des dégâts qu’il faudra des mois à effacer.

Ces phénomènes provoquent détresse, angoisse et stress dans la majeure partie de la société. Surtout que les désillusions climatiques s’enchaînent en rendant l’action des hommes totalement désemparés. Les nuages de toutes sortes deviennent alors menaçants.

Aujourd’hui le pays va se retrouver dans une situation sociale ressemblant étrangement à celle que viennent de provoquer des intempéries violentes et récurrentes. Dans les rues des grandes villes, des milliers de personnes viendront témoigner de leur ras le bol après d’une « pluie de réformes » qui sature une société déjà très inquiète sur son quotidien.

Un sentiment profond d’impuissance s’est installé face à ce déluge. Il a rodondément imprégné le « sol » de France qui devient ainsi totalement incapable de digérer ce qui « tombe » chaque jour. Pas de direction « politique » » positive, plus d’espoir d’endiguer une vague ayant franchi tous les barrages des corps intermédiaires, plus de possibilité de résister à un tsunami de mesures techniques dévastateur et le capitaine s’entêtant à avancer contre l’avis de tout le monde va vers des écueils redoutables.

La révolte fuse de partout et comme le veut une nouvelle donne sociétale : la défiance guidera les pas des manifestants devenant aussi dangereuse qu’un virus se répandant dans toutes les strates, dans tous les corps, dans tous les cerveaux à une allure vertigineuse. Il est impossible pour le gouvernement de continuer à se contenter de ressasser que la purge reste le seul remède possible piur soigner les maux du pays !

Il devient extrêmement dangereux de vouloir imposer des traitements chocs très difficiles à expliquer. Le système de la démocratie représentative déjà anémié et chancelant, risque bel et bien de recevoir une dose mortelle d’autoritarisme vertical. Le traitement serait alors pire que le mal !

La très grande majorité des Françaises et des Français sature sous une pluie constante de décisions vraiment technocratiques dont il ne voit pas la fin. Elle n’en peut plus ! Ce ras le bol a envahi la société allant des plus jeunes refusant le déclin de la planète à cause de l’absence de décisions concrètes aux retraités  ayant été mis à une contribution socialement généralisée en passant par les salariés en difficulté ou les fonctionnaires méprisés.

Les secteurs de l’éducation, de la santé, de la sécurité civile, des transports, de l’industrie, de l’énergie, des travaux publics ou des autres secteurs de l’économie libérale attendaient un sujet fédérateur de leur mal-être. L’horizon très incertain, très confus et surtout très menaçant du niveau des pensions a ravivé une inquiétude générale et a provoqué une révolte globale qui sera, c’est certain durable.

Uniquement dictées par une volonté sous-jacente de « privatisation » tous azimuts, de manière directe ou indirecte, les mesures gouvernementales imposées par lois, décrets ou circulaires ne « ruissellent » plus au sein de classes sociales engluées dans des dettes bancaires, épuisées par les frais des trajets pendulaires domicile-travail, étranglées par des augmentations de l’énergie, ponctionnées par des dépenses nouvelles (téléphonie, numérique, télévision), meurtries par les baisses des allocations sociales, détruites parfois par licenciements purement financiers. Ces réalités inconnues des technocrates obnubilés par le déséquilibre budgétaire abstrait constituent une « épidémie » de révolte supérieure à celle de la fièvre jaune.

Se sentant humiliés car sans cesse accusés de ne rien comprendre à des mesures qui feraient leur « bonheur » à l’insu de leur plein gré les manifestant.e.s prendront leur revanche. Un sorte de soulagement et une prise de conscience de l’impact de leur force résultant de l’union dans la révolte, vont parcourir ces rassemblements.

Se retrouver après avoir été séparés, isolés, stigmatisés, vilipendés ou frappés constituera une première victoire. Exprimer sa déception, son angoisse, son mal-être, sa misère deviendra un ciment prometteur pour des centaines de milliers d’individus à la recherche de la protection du groupe.

Ce « jeudi noir » risque bel et bien de l’être vraiment pour un gouvernement coupé du pays et un Président cherchant l’armée de ses soutiens à la lanterne. Il ne lui reste plus que le « dessus » du panier médiatique, économique et politique parisien pour éviter de se retrouver en marche à tâtons.

Bien que ne s’étant pas fait prêté les bottes de Juppé le Premier des Ministres pompiers aura beaucoup de mal à éclairer la journée par des annonces autres que celles confuses et inintelligibles liées à un projet en jus de boudin.

Les fractures déjà béantes dans le pays vont inexorablement se renforcer et des affrontements risquent bel et bien de naître. L’exaspération et la violence qu’elles génèrent ne sont pas les meilleurs remèdes contre les crises de confiance. Celle qui arrive repose sur une supercherie démocratique.

Le Président de la République a beau clamer qu’il met en oeuvre « le programme sur lequel il a été élu et qui aurait été approuvé par le vote du second tour de la Présidentielle », c’est faux puisque seulement 25 % des électrices et des électeurs ayant été aux urnes soutenaient son programme, les autres au second tour ont seulement voté contre… le FN ! C’est la racine du mal…et elle risque durer!