Lorsque un gouvernement se trouve en grande difficulté sur un projet de réforme aussi difficile à faire admettre que celui des droits à pension il lui suffit de complexifier à loisirs le texte de loi, attendre le débat au Parlement et concocter des décrets d’application subtil. Derrière les grandes phrases rassurantes se dissimulent en effet les détails dont on sait qu’ils abritent le diable ! C’est une constante dans la vie républicaine d’autant que depuis quelques mois la guerre des amendements a été épargnée aux Ministres concernés et que toute contestation devient difficile.

C’est ainsi qu’il faut analyser avec minutie le projet déposé au Conseil d’État car il est un vrai bijou en matière d’ambiguïtés techniques. Il ouvre des possibilités de tripatouillages divers et « avariés » lors des débats parlementaires. Il suffit de bien regarder les points qui posent problème aux syndicats rodés par ce jeu du chat et de la souris. Difficile de s’y reconnaître dans des articles d’une complexité permettant de multiples interprétations ultérieures.

Si l’on se réfère au fameux « âge pivot » la totalité des partenaires sociaux sont pour sa suppression mais jusqu’au moment où est écrit cette chronique il est bien présent dans les projets de loi gouvernementaux. L’astuce c’est de noyer le pivot dans de multiples paramètres. Il reste « l’âge minimal à atteindre pour une retraite sans décote ». Or on entend dire qu’il dsiparaitrait !

C’est à dire que pour toucher ce qui reviendra à taux plein et à conditions d’avoir suffisamment travaillé les jeunes générations n’auront pas le choix : passer le cap de 62 pour prolonger de deux années supplémentaires voire trois ou quatre. Certes « l’âge légal » de départ à la retraite restera fixé à 62 ans mais à taux quasiment généralement partiel !

Le cynisme absolu réside dans une précision qui dans la situation annoncée (pollution, dangers climatiques, maladies évolutives, pénibilité de certains métiers, risques multiples…) prend tout son sens. L’âge d’équilibre évoluera au fil des ans « en fonction de l’espérance de vie »(sic).

Il « se mettra progressivement en place à partir de 2022 pour la génération 1960 » et atteindra « 64 ans pour la génération 1965 qui partira à la retraite à partir de 2027 ». Cela correspond à une augmentation par étape de quatre mois par an et par génération. Jusque là c’est clair mais comme en orthographe il y a bien évidemment une belle kyrielle d’exceptions à la règle.

Pour celles et ceux qui auront des « droits à des départs anticipés » avant 62 ans (policiers, militaires, carrières longues, pénibilité…), des âges d’équilibre « individualisés et dérogatoires » seront mis en place. Ce ne seront pas évidemment des régimes spéciaux mais des mesures spécifiques de corps de métiers « sympathiques ». Concernant ces gens là qui auront l’opportunité de partir plus tôt, la première génération concernée sera 1980.

On ira à 57 ans, et 1985 pour ceux autorisés à prendre leur retraite à 52 ans. Les salariés aux carrières longues pourraient partir deux ans plus tôt : leur âge légal serait fixé à 60 ans et leur âge pivot à 62 ans. Bref il y aura encore de nombreuses dérogations dont quelques amendements augmenteront la liste !

Il faudra donc atteindre cet âge et la durée de cotisation requise pour toucher une retraite pleine, mais les salariés devront aller jusqu’à 64 ans s’ils ne veulent pas être impactés par un malus. Les projets de loi précisent également que l’âge d’équilibre évoluera ensuite « en fonction de l’espérance de vie ». 

A partir de quand se mettra-t-il en place ? Il « se mettra progressivement en place à partir de 2022 pour la génération 1960 » et atteindra « 64 ans pour la génération 1965 qui partira à la retraite à partir de 2027 ». Cela correspond à une augmentation par palier de quatre mois par an et par génération. 

Y a-t-il des exceptions ? D’abord pour celles et ceux qui conserveront des droits à des départs anticipés avant 62 ans (policiers, militaires, carrières longues, pénibilité…), des âges d’équilibre « individualisés et dérogatoires » seront mis en place.

Ensuite concernant ceux qui peuvent partir plus tôt, la première génération concernée sera 1980 pour ceux qui peuvent partir à 57 ans, et 1985 pour ceux autorisés à prendre leur retraite à 52 ans.

Enfin les salariés aux carrières longues pourraient partir deux ans plus tôt : leur âge légal serait fixé à 60 ans, l’âge pivot à 62 ans.

A part ça ce sera un système unifié et cohérent… sauf pour quelques régimes spéciaux symboliques actuels qu’il faut sacrifier sur l’autel de l’image potentielle d’un pouvoir réputé « droit dans ses Smalto »

Quelques amendement en marche… suffiront à contenter encore quelques catégories sociales éventuellement favorables à la majorité et on reparlera de tout ça dans quelques mois au moment des décrets dont on sait qu’ils transforment toute loi selon le bon vouloir de Bercy !