Comment persuader la plus grande partie de l’humanité enfoncée dans des difficultés croissantes provoquées par une société centrée sur le profit que son avenir est encore plus sombre que son quotidien actuel. Quand vous luttez pour un abri précaire ; quand vous mourrez faute d’eau ; quand vous êtes écrasés sous les bombes ; quand vous êtes persécutés pour vos opinions ou votre religion ; quand vous cherchez désespérément le moindre brin de nourriture ; quand vous vous noyez dans une mer d’indifférence ; quand vous crevez abandonné.e; dans un camp de réfugiés… comment vous persuadez que la planète va à sa perte ? Tous vos lendemains se ressemblent avec une seule préoccupation : survivre ! Le long treme ne vous intéresse plus !

Alors quand l’ONU, incapable de gérer le moindre conflit, inapte à faire face aux vrais défis de ce siècle annonce qu’après « une décennie record en termes de températures, elle s’attend à ce que le réchauffement climatique causé par les gaz à effet de serre se poursuive, alimentant de multiples phénomènes météorologiques extrêmes en 2020 et au-delà » vous n’en avez cure. Celles et ceux qui souffrent ne sauront jamais que les « nantis » poursuivent leur course effrénée vers le profit au mépris de l’extermination inexorable de populations réputées inutiles.

D’après les données dont dispose l’Organisation météorologique mondiale (OMM), 2019 a été en effet la deuxième année la plus chaude dans le monde, après 2016. Et 2020 ne s’annonce pas tellement différente. Une situation qui devrait enclencher « beaucoup de phénomènes météorologiques extrêmes en 2020 et dans les décennies à venir, alimentés par des niveaux records de gaz à effet de serre qui retiennent la chaleur dans l’atmosphère » selon le secrétaire général de l’OMM . Qui l’écoute vraiment ? Qui diffuse ce message dans des pays où on meurt de tout autre problème ? Et d’ailleurs est-ce que ça changerait leur quotidien ?

L’année 2020 a commencé là où 2019 s’était arrêtée – avec des événements météorologiques et climatiques à fort impact-, comme en Australie, qui a connu son année passée la plus chaude et la plus sèche jamais enregistrée. C’est indéniablement cette chaleur exceptionnelle qui a servi de support aux immenses feux de brousse ayant dévasté des millions d’hectares, ayant tué près d’une trentaine de personnes, ayant détruit la faune, la flore, les cultures éventuelles, plus de 2000 maisons… et l’atmosphère !

La catastrophe sera vite oubliée par les autres continents sur lesquels le cataclysme des incendies n’est pas encore arrivé. Quoiqu’au Brésil, au Portugal, en Grèce, en Espagne les populations touchés elles-aussi par le feu en ont conscience !

Selon l’ONU, la température mondiale annuelle en 2019 a dépassé de 1,1°C la moyenne enregistrée à la seconde moitié du XX° siècle. A ce rythme là on atteindrait de 3 à 5 degrés supplémentaires d’ici 2099 avec des migrations gigantesques, des carences massives en nourriture, des pénuries graves en eau et une perte de la faune. Que vaut dans un tel contexte l’accord de Paris de 2015 visant à limiter ce réchauffement à +2°C, voire 1,5°C sur la même période ? Pas grand chose !

Et même si les quelque 200 pays signataires respectaient leurs engagements de réduction de gaz à effet de serre, le réchauffement dépasserait les 3°C. Or les météorologues ont déjà démontré que chaque demi-degré supplémentaire augmentait l’intensité et/ou la fréquence des canicules, tempêtes, sécheresses, ou inondations… On le verra selon eux en 2020 ! Les glaciers, la banquise continueront de fondre. Les océans vont devenir de plus en plus acides et invivables. Les ouragans ne faibliront pas bien au contraire.

« De toutes les folies auxquelles les humains se sont livrés, endommager notre système de survie est sûrement en haut de la liste! » a ajouté un éminent climatologue anglais. C’est ce que l’on appelle prêcher dans le désert  qui avance chaque jour davantage. L’humain n’a plus aucune valeur sur la planète où il est né. Il court à sa perte mais il fait tous les efforts possibles pour l’ignorer. Le constat de l’ONU ne changera rien à la donne générale.