Il est certain qu’un rapprochement politique entre une bonne part de la droite dite « républicaine » et la droite dite « en marche » se prépare en France et en Gironde et si tout se passe comme prévu elle émergera au second tour des municipales. Dans d’autres territoires se profilent des accords entre « extrême-droite » qui rejoint la « droite extrême » ce qui permet à terme d’avoir un conglomérat couvrant un large spectre de l’opinion publique dans la perspective des élections prévues en 2020 (sénatoriales) et 2021 (départementales et régionales).

En tous cas l’objectif est le même : rendre les frontières poreuses et favoriser les « migrations » ! Nous nous enfonçons dans le maércage des idées et à force de mélanger au nom d’un pseudo pragmatisme les vieilles couleurs on va broyer du noir !

C’est la raison pour laquelle la circulaire sur la disparition des nuances politiques a tout son intérêt pour les mois à venir. Comme lors de toute élection organisée en France, les préfectures attribuent en effet à chaque candidat, même s’il se déclare, une « nuance », en fonction de son étiquette politique.

Elle disparaîtra pour tous les maires ou présidents d’intercommunalités élus dans les collectivités de moins de 9 000 habitants. Cette opération qui permet de présenter les résultats du scrutin de manière compréhensible, sous la forme de grands blocs politiques.

Lorsque les candidats se déclarent sans étiquette politique, les préfets sont invités à les classer tout de même dans l’une des nuances choisies avant chaque scrutin par le ministère, sur la base d’éléments objectifs comme le programme du candidat, ses prises de position, ou encore son parcours politique. Lorsqu’un candidat est absolument inclassable, alors les préfets sont autorisés à l’étiqueter « divers ».

Désormais il n’y aura plus de « biodiversité » électorale puisque tout le monde entrera dans un zone inconnue qui pourra ainsi favoriser les rapprochements. Autre avantage pour tout le monde les membres du RN pourront aisément avancer masqué.e.s pour les échéances qui suivent. Le monde rural va donc sombrer dans ce fameux « apolitisme » rassurant pour l’électorat qui haït désormais l’engagement sur des valeurs jugées partisanes.

Il est vrai que la Ministère joue sur du velours puisque l’auto-destruction post-élection présidentielle des « partis » traditionnels et celle en cours des néo-mouvements de la même période rend toute classification délicate. Il est certain que lors des départementales vont émerger des candidatures masquées, présentées sous la forme de « gentils » membres d’une société civile républicaine en marche.

Comme les produits des tête de gondole dans les supermarchés ils devront attirer le chaland par tout autre référence que celle de son étiquette les candidat.e.s oublieront la nature de leur engagement au service de leur territoire. Les références essentielles seront écrites en petits caractères en bas de l’emballage sou soigneusement « grattées ». Il faudra être au centre c’est à dire nulle part !

Chaque jour (ou chaque soir) sur le terrain je le constate : l’engagement « politique » au sens sincère et authentique de ce terme n’est vraiment plus à la mode ! La peur règne et personne ne souhaite vraiment que les électrices et les électeurs sachent vers qui son cœur citoyen balance. Et pourtant tout acte de gestion communale, départementale, régionale est réellement politique et doit s’apprécier comme tel.

« La politique en son sens plus large, celui de civilité ou Politikos, désigne ce qui est relatif à l’organisation ou auto gestion d’une cité, d’un état et à l’exercice du pouvoir dans une société organisée » si l’on se réfère à la définition la plus simple. Pourquoi ne pas rester sur cette base antique.

Chaque choix ou mieux chaque priorité prise au niveau local est en effet un acte permettant de classer bien plus précisément que l’appartenance « politicienne » celle ou celui qui le prend En 2008 j’avais pris l’initiative de proposer « un pacte social citoyen et durable » à toutes les électrices et les électeurs avec des repères permettant de fonder la gouvernance communale. Chaque année la même plaquette dressait le bilan de la mise en œuvre concrète des ces valeurs, de ses principes et de ces orientations.

Cette démarche, je le pense sincèrement avait une authentique dimension politique. Plus de 75 % des inscrit.e.s sur les listes électorales communales avaient soutenu la démarche qui n’avait aucun parti pris. Il me semble quen mars prochain on sera plutôt dans les catalogues plutôt que dans les pactes de GEstion.

Le Sinistre de l’Intérieur a inventé une nuance qui donne toute sa saveur à sa circulaire : « liste divers centre » (LDVC) nuance qui sera attribuée aux listes qui auront obtenu l’investiture de plusieurs partis, dont LREM ou le MoDem » (sic)… Un tour de passe-passe qui va encore plus déstructurer la démocratie représentative mais qui permettra de pavoiser en annonçant la fin de « l’engagement citoyen sincère et véritable » pour le remplacer par la « passivité gestionnaire comptable ». Qui en profitera ?