Une croissance en berne, un déficit budgétaire qui se creuse, le niveau de l’endettement en hausse constante, des réformes gouvernementales retoquées par le conseil d’Etat et… tout va bien Madame la Marquise dans une France de la superficialité triomphante. Comment pourra-t-on encore longtemps poursuivre une politique axée sur les privatisations ouvertes ou masquées et une offre de surconsommation débridée ? Le nouveau monde se révèle !

Les annonces sur la baisse des impôts seules « médecines » pouvant soi-disant sauver une situation désespérante se succèdent alors que absolument rien ne la justifie. Les taxes vont devoir tôt ou tard être activées à la hausse en compensation de cette absurde déconnexion entre les services collectifs et leur coût.

Il sera impossible en 2020 de renflouer des hôpitaux exsangues, des entreprises nationales endettées jusqu’aux oreilles, des collectivités locales mises sous tutelle de manière absurde et une pauvreté croissante à compenser. Aucun durcissement des méthodes gouvernementales ne parviendront à cacher la réalité. A presque deux ans de son terme le mandat présidentiel aura été marqué par un fiasco socio-économique.

Le solde général d’exécution du budget de l’Etat s’établit à -92,8 milliards d’euros au 31 décembre 2019, contre – 76 milliards à fin décembre 2018, d’après les données communiquées par le Ministère de l’Action et des Comptes Publics. « Ce déficit budgétaire est conforme aux résultats provisoires communiqués le 15 janvier 2020 et s’inscrit donc en amélioration de 4,9 milliards d’euros par rapport à celui prévu dans la loi de finances rectificative », précise Bercy. Nous sommes sauvés ! On n’a donc chez Darmanin en train de prendre la tangente, que des motifs de satisfaction : « c’est mauvais voire inquiétant mais dans le fond c’est moins pire que prévu ». Ce qui bien évidemment donne lieu à ce communiqué d’autosatisfaction.

Les dépenses globales ont augmenté en un an de 390 milliards d’euros à 397,98 milliards (+1,9%) et depuis son arrivée le gouvernement de l’ex-futur maire putatif du Havre n’a cessé de diminuer ses recettes. D’un autre côté, les recettes se sont repliées de 4,1% à 301 milliards d’euros, contre 313,7 milliards à la même époque l’an dernier.

On continue cependant continue les baisses d’impôts et de taxes comme l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune) devenu IFI (impôt sur la fortune immobilière), qui a oublié de ruisseler sur l’économie, l’impôt sur les sociétés qui fait suite au calamiteux CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) qui n’a pas créé d’emplois, ou bien encore la taxe d’habitation, dont ce sont les propriétaires de foncier bâti locaux locaux qui devront payer l’ardoise, sans oublier les différentes exonérations fiscales sur les heures supplémentaires et les primes de fin d’année.

Les recettes fiscales nettes à fin décembre 2019 sont en baisse de 14,1 milliards d’euros par rapport à fin décembre 2018. Cette baisse s’explique principalement par la baisse des recettes nettes de taxe sur la valeur ajoutée de 27,8 milliards d’euros par rapport à fin décembre 2018. Ce constat renforce la méfiance que doivent avoir les élus départementaux sur l’annonce d’une compensation de la perte de leur levier fiscal (transfert du foncier bâti vers les communes) par « une fraction de TVA ».

Si les intérêts de la dette remontent, si la consommation intérieure faiblit, si les français continuent à épargner, si le contexte mondial se complexifie : la catastrophe se profile pour fin 2020

Cette technique de prestidigitation budgétaire n’a qu’un objectif idéologique : transférer au privé le plus vite et le plus durablement possible des pans entiers des responsabilités régaliennes républicaines de l’État sous prétexte d’économies illusoires pour les citoyens. Ou les services n’existeront plus ou ils seront tellement dégradés que seuls les plus fragiles, les plus démunis, les classes moyennes y auront recours.

Politiquement il s’agit de faire porter le chapeau aux autres : régimes de retraite, prestations sociales, collectivités locales notamment. Il est en effet impossible de céder sur ces trois sujets puisque la gestion de l’État implique des décisions impopulaires mettant directement en cause un Président omniscient et omniprésent.

Tout va bien citoyens : dormez tranquilles… on surveille la gestion des grandes collectivités, qui s’efforcent simplement de répondre à vos besoins au nom de ce que l’on devrait faire mais que l’on ne fait pas.