Les cours du baril s’effondrent car la demande de pétrole mondiale est très basse à cause de la pandémie liées au coronavirus qui menace. On rencontre vraiment des conditions où les milieux financiers, les responsables politiques et les consommateur.trice.s sont en grande difficulté en raison du climat délétère qui règne sur la planète.

Le monde se retrouve potentiellement face à une situation comparable à celle qu’il a rencontrée dans les années 80, lors du contre-choc pétrolier. Quelque chose de très grave peut se produire car les banques et les Etats fragilisés par des taux d’endettement colossaux ne peuvent ne pas se remettre avant des années d’une situation contraire à toutes celles envisagées.

La perspective d’un effondrement généralisé d’un système reposant sur une éternelle croissance providentielle ne doit pas être écartée. Déjà une certitude émerge : les recettes liées au niveau de l’économie seront plus faibles et l’opinion publique doit se préparer à un accroissement des restrictions au niveau des dépenses de l’État.

Le coronavirus va générer la mise en œuvre de plans drastiques de réduction de l’action publique. Bien évidemment les mesures compensatoires ne concerneront pas les plus défavorisés mais essentiellement le milieu économique. Des révoltes sont inévitables et des affrontements prévisibles dans les mois à venir car la désillusion menace partout.

En France depuis une décennie l’obsession de Bercy a été de substituer à la notion d’impôt direct celle de la taxation indirecte liée à tous les secteurs de la consommation. Une stratégie libérale qui va vite montrer ses limites puisque la principale rentrée dans les caisses de l’État reste celle de la TVA qui ne va pas s’améliorer.

Le gouvernement avait bâti son espoir de séduction du contribuable à travers les fameuses mesures d’exonération de la taxe d’habitation présentée comme un formidable cadeau fait au peuple pour améliorer son pouvoir d’achat facilitant la surconsommation.

Il faut dans le contexte actuel retrouver les ressources nécessaires pour assurer les engagements pris à terme à l’égard des communes ou intercommunalités : une compensation à l’euro près ! Ce n’était déjà pas facile c’est désormais mission quasiment impossible surtout si la crise dite du coronavirus dure plusieurs mois.

Après l’embryon de ruée vers la mise en réserve des produits de première nécessité la fréquentation des lieux de vente sera forcément en baisse. La fameuse politique de l’offre risque bien d’avoir du plomb dans l’aile et de se révéler catastrophique.

Le cynisme de Bercy a consisté à transférer sans en expliciter les conséquences le produit départemental du foncier bâti vers les communes (1) ce qui va considérablement affaiblir le pouvoir des départements attaqués de tous cotés mais jamais de front.

Ligotés par des mesures du type de celle du pacte de Cahors limitant arbitrairement leurs dépenses, menacés de perdre leurs compétences régaliennes en les vidant de leur contenu (service public d’insertion, arrivée du revenu universel d’activité -RUA- qui fusionnerait des allocations mises dans le giron de l’État, perte de la gestion des Fonds sociaux européens…) les conseils départementaux sont voués à la disparition progressive… alors qu’ils sont les boucliers contres les inégalités humaines et territoriales.

Leurs politiques en matière de solidarité humaine au quotidien réputées trop différenciées d’un département à l’autre ne seront pas supprimées par Bercy mais jugulées avec perte obligatoire en matière de servive rendu pour les bénéficiaires. L’aide personnalisée à l’autonomie dont on sait qu’elle sera renforcée en faveur du maintien à domicile ; la prestation de compensation du handicap en augmentation forte en raison des conséquences des dégâts provoqués par les maladies dégénératives et les effets du monde du travail ; l’aide sociale à l’enfance sans cesse croissante car liée au délitement familial et à la pauvreté; le revenu de solidarité active victime des mesures prises pour la baisse de l’indemnisation des chômeur.euse.s seront financés par… une « fraction de TVA » dès 2021 !

Toute la solidarité intergénérationnelle et la réponse aux difficultés inhérentes à la vie reposeront sur des recettes tirées de l’économie. C’est à dire que le lien entre la contribution citoyenne identifiable, mesurable, modulable des citoyen.ne.s à l’action humaine du département est rompu. ce dernier ne pourra distribuer avec une limitation imposée par l’État que des sommes allouées par le pouvoir central ou procurées par un autre produit « économique » venant des achats immobiliers (droits de mutation)… L’étau se referme sur la liberté politique de gestion!

Si la crise du coronavirus entraîne une diminution de la consommation (ce qui en soit ne serait pas forcément néfaste pour l’avenir de la planète), il faut s’attendre à un asséchement des finances des collectivités territoriales puisque il n’existera plus que les propriétaires fonciers pour financer leur activité. La recentralisation su pouvoir par les compensations nationales va donc vite montrer ses limites.

Rares sont pourtant les candidat.e.s aux municipales qui informent sur ce sujet et se battent contre cette stratégie visant à remplacer « les citoyens.nes-électrices.teurs » par des « consommateur.trices-payeurs.euses » puisque les sujets essentiels sont ailleurs ! Manque total de lucidité !