La France est entrée officiellement en guerre depuis le début de la semaine. Il n’est pas certain, compte-tenu des circonstances, que tout le monde en ait conscience tellement cette décision paraît irréelle. Pas d’ennemis visibles, pas d’armes concrètes, pas de présence menaçante et donc un sentiment désastreux d’exagération de la part des chefs de l’armée médicale ressenti par le Peuple durant des semaines. Un affrontement avec le vide n’est jamais apparu comme étant particulièrement sérieux.

Les « généraux » sûrs d’eux comme ils le sont depuis longtemps, conseillés par d’éminents membres de leur état-major, sont partis « comme en 14 » la fleur au bout de la seringue ! Une affaire de jours et de science. Les combats entamés ailleurs loin de nous en Chine étaient considérés comme une « affaire extérieure » ne mettant en péril que des expatrié.e.s sauvés par un convoi exceptionnel.

La stratégie adopté par le pays dans lequel la démocratie n’est pas très éveillé a été payante et la guerre d’usure à « l’envahisseur » s’est terminée sur une victoire potentielle.

Chez nous jour après jour, arc-boutés sur la ligne Maginot des certitudes, les « états-majors » présidentiels et ministériels occupés à des guérillas dites municipales ont tenté d’utiliser des armes de dissuasion psychologique pour convaincre les troupes de la dangerosité de la situation.

Un foutu galimatias politico-scientifico-médical fait d’injonctions contradictoires, d’arrangements avec les réalités a considérablement perturbé le moral de la population. La mobilisation a été lente, difficile et peu conforme aux principes républicains. Il aura fallu plus d’un mois pour que soit développées les armes de la « défense passive » probablement la plus efficace.

Plutôt que le bombardement d’un ennemi insaisissable il fut décidé lors des grands conseils de lancer le « confinement » sélectif avec des règles ne souffrant que des exceptions selon un principe bien français. Les conseils demandant de tenir l’envahisseur invisible à distance en pratiquant le geste auguste de Ponce Pilate toutes les heures furent aussi efficaces que les casemates de la ligne Maginot. Inexorablement les « divisions » aérotransportées se sont installées dans les interstices laissés par des insouciant.e.s refusant l’évidence.

Les dégâts de cette guérilla derrière Des lignes de défense mal sécurisées sont devenus épouvantablement inquiétant.

La confusion a conduit à des scènes d’exode où les citadin.e.s partirent en masse vers la zone encore libre du grand Ouest et du Sud-Est. Des scènes de fuite collective avec le strict minimum : téléphone mobile, ordinateur portable, clé 4 G et crème solaire n’affolèrent que les autochtones peu rassurés par une arrivée massive de  « migrants » d’ordinaire hébergés l’été moyennant contributions élevées. Nul se préoccupa de l’effet désastreux sur le moral des « demeuré.e.s » stupéfaits de voir les « arrivant.e.s » se détendre sur la plage après avoir souvent « envahi » les parcs et jardins. La caricature d’un autre temps ! 

Ordre fut alors donné de déployer les forces de l’ordre et l’armée sur les axes de circulation. Un retour pour les plus âgés en des périodes où l’ausweis était indispensable ou le permis de se déplacer était obligatoire ! Bien entendu des « collabovirus » inconscients tentent de déjouer ces contrôles routiers en utilisant des excuses similaires à ceux des enfants faisant l’école buissonnière.

Les premières dénonciations anonymes poussèrent aussi vite que les pâquerettes dans les pelouses et par peur du retour des tickets de rationnement on vit des scènes d’émeute pour de la farine, des pâtes, des conserves ou luxe suprême du papier réputé en pleine guerre médicale… hygiénique.

Le marché noir « internétisé » trouva un essor nouveau. Les masques susceptibles de garantir les « héros en blouse blanches » selon les propos du chef de guerre se volaient et les moindres bouteilles de gel hydroalcoolique étaient dérobées comme si elles étaient des grands crus classés. L’État ordonne. Il créée comme aux moment les plus noirs de la dernière guerre mondiale en poste des maires n’ayant plus aucune légitimité démocratique par une loi d’exception et pour des raisons qu’il n’a pas été capable d’appliquer au moment de… l’élection de leur liste.

Chaque soir le porte-parole de l’État-major aligne les statistiques du front. La troisième guerre mondiale prend de l’ampleur. L’Italie, l’Espagne entrées sans trop être armées dans le conflit affichent des nombre de morts affolants. Cette fois les États-Unis et la Grande-Bretagne ne viendront pas en renfort car ils sont entraînés dans un film catastrophe par des dirigeants soucieux de soigner leur opinion publique par des doses massives de populisme.

Nous sommes en guerre. Tout le monde sait qu’en pareilles circonstances les certitudes bonnes ou mauvaises ; clairement énoncées et sérieusement mises en ordre de bataille sont essentielles pour le moral. Or il nous manque cruellement Clémenceau, de Gaulle, Mendés-France ou Mitterrand pour mener un tel combat !