Quel 1° avril ! Le premier depuis belle lurette où les gens qui se sont lancés dans les traditionnelles affabulations destinées à convaincre le plus grand nombre de leur véracité sont restés sur la réserve. Dans les familles, entre enfants ou entre ami.e.s, dans les médias, au bureau (ce n’était pas possible) les tentatives se comptent sur les doigts d’une main. Une tradition disparaît. Il est vrai que depuis quelques années sur les réseaux sociaux les poissons d’avril que l’on nomme « fakenews » ont atteint un tel niveau de perfection qu’ils rendent tout le reste dérisoire. Nous sommes dans le premier jour d’avril à chaque instant. Ou presque.

Il devient en effet extrêmement difficile e surpasser le niveau des fabricants de fausses mauvaises ou de fausses bonnes nouvelles. Tout n’est que subterfuges, dissimulations, sensationnels de pacotille, approximations et il faut donc pêcher uniquement dans ce déluge de tromperies la moindre parcelle d’authenticité. On en est rendu au poison d’avril.

C’est un vrai boulot pour vrais spécialistes. Des journalistes qui autrefois s’amusaient en faisant débarquer des OVNI, en vendant des monuments historiques, en titrant sur des invraisemblances maquillées en événements présentables s’évertuent sur les radios ou les télés à démasquer les contre-façons. Alors pensez ces fins limiers auraient tôt fait de détecter le moindre poisson aussi parfait soit-il. Or il y en a des bancs entiers partout et pas toujours humoristiques.

Il se dit dans les milieux généralement bien informés que des grandes puissances se spécialisent dans la culture du « poison d’avril » vénéneux destiné à manipuler des opinions publiques avides de sensationnel. Pas un jour sans contre-vérités réputées utiles à l’intérêt général. En politique on appelle même ça des « mensonges d’Etat » quand on les découvre. C’est souvent trop tard car leurs effets ont été calamiteux sur la marche des affaires publiques.

Les omissions, les prévisions, les comparaisons constituent des pratiques que les inventeurs de cette journée de mensonges sympas n’avaient même pas imaginées. Le monde se peuple de terribles créateurs de poissons d’avril tellement colossaux qu’ils menacent la planète. Ils se présentent devant des dizaines de caméras et annoncent sans sourciller les pires bêtises reprises en boucle sans aucune critique par un système médiatique à leur dévotions.

L’agité du bocal américain, le « travestisseur » de vérités brésilien, le débiteur de chinoiseries minorées, hurluberlu de la City entre autres, ont raconté n’importe quoi à leurs populations pour ensuite faire machine arrière en toute imbécillité et surtout en toute impunité.

Remarquez qu’en cherchant bien nous pouvons en trouver aussi chez nous ! Le plus tragique c’est qu’avant ces clowns au pouvoir auraient pu nous faire rire dans des séquences pour bêtisier planétaire alors que maintenant ils font pleurer des millions de personnes.

En fait pour bien réussir son poisson d’avril il est indispensable de paraître très sérieux. C’est la condition essentielle de la réussite. Vous aurez d’autant plus d’effet que votre réputation vous donne une crédibilité auprès de celles ou ceux qui vous regardent, vous écoutent ou vous lisent. A contrario il arrive que parfois les propos exacts qu’ils tiennent soient vraiment pris pour des galéjades. C’est la rançon du succès.

Hier donc plusieurs informations pouvaient prêter à confusion. Ainsi une personne probablement doté d’un sens aigu de l’humour a confectionné un faux arrêté demandant aux occupants des résidences secondaires de l’île de Ré de déguerpi au plus tôt. Bien évidemment sur une île on a eu tôt fait de détecter le « poisson ».

En revanche l’interdiction faite aux Parisiens de venir passer leur confinement de vacances scolaires immatérielles dans la Nouvelle Aquitaine ne relève pas de cette catégorie. C’est sérieux. Ils seront contrôlés et les incrédules qui contreviendraient à cette décision recevront une addition salée.

Dans un rapport remis en 2003 au ministre de la Santé, le professeur marseillais Didier Raoult évoquait le risque d’apparition de «mutants de virus respiratoires» et mettait en garde contre l’impréparation de la France. Il avait dû le pauvre le remettre à son collègue marseillais le Professeur Mattei le 1° avril car il l’avait consacré à caler les pieds d’une table du Ministère de la santé.

Comme en même temps on annonçait sur tweeter que ce même savant avait insulté Cohn-Bendit et que tout le monde l’a cru ( des dizaines de milliers de duplication) il faut en déduire qu’un tweet se disant parodique fait plus de tintouin qu’un document essentiel de plus de 350 pages que personne n’a forcément relayé car trop long et trop complexe.

A partir de maintenant et pour un an vous pouvez sans méfiance se fier aux informations qui vous seront destinées. Elles manqueront d’humour c’est certain mais ne découvrez pas votre méfiance d’un fil !