Dans les déchets toujours le fric-frac sarkozyste

Les effets directs ou indirects de la politique Sarkozyste vont se poursuivre durant des mois, si ce n’est des années sur le pays. Rien, absolument rien, n’est à ce jour réglé et, comme après la victoire mettant fin à une « guerre », il faut considérer que les dégâts ne s’effaceront pas par la seule volonté d’un homme ou d’un parti. Après tous les conflits ayant dressé des pans entiers de la société les uns contre les autres, après des « bombardements » volontaires de certains secteurs de la vie sociale, après des erreurs terribles d’appréciation des mesures défensives à prendre, les Françaises et les Français ont simplement donné le droit au PS et à ses rares alliés d’opérer d’urgence, mais sans avoir la certitude d’éviter l’amputation ou l’épidémie nosocomiale. Comment arriver à persuader l’opinion que le France a été pillée par des femmes et des hommes politiques dont la plupart ont été renvoyés au Parlement sous le prétexte, soit qu’ils avaient bien travaillé, soit qu’ils passaient souvent à la télé ? Dès ce matin, tous les réseaux sociaux, tous les médias, bruissaient de ces questions existentielles : quel Ministre serait récompensé de sa gestion en devenant président du groupe UMP à l’Assemblée ? Le paradoxe, c’est que les députés ayant échappé au naufrage par le double effet de la médiatisation personnelle et par le charcutage Marleix, seront reconnaissants à un ténor les ayant conduits au précipice !

Ils connaissent parfaitement la situation, mais ils ne l’assumeront pas. Ils savent exactement dans quel état ils ont laissé les finances publiques, et plus encore les cadeaux effectués à des secteurs d’activité qui désormais vont faire de la résistance pour les conserver. Ce matin, par exemple, avec 6 autres élus de toutes tendances motivés, je siégeais en Commission consultative nationale des déchets ménagers et assimilés, portant sur le financement de la collecte et du recyclage du carton, du papier, de l’aluminium, du verre et de tant d’autres produits imposés par les fabricants aux consommateurs. Peu de gens connaissent les fondements d’un système dominé par les plus grandes entreprises du CAC 40 car, dans le fond, ils se contentent de payer d’abord à l’achat, puis au tri s’ils le font, et enfin au recyclage, alors que le Grenelle a reconnu un principe clair voté à l’unanimité : le fabricant d’un déchet doit assumer son élimination ! C’est simple, clair, mais inappliqué !

En effet, les multinationales inondent le marché avec des tonnes de déchets récupérables, mais dont elles confient la « récupération » aux collectivités territoriales. Elles financent donc des éco-organismes (éco-emballages, écofolio…) qui à leur tour distribuent, après s’être « nourris » d’ une partie des fonds, vers les communes, villes, intercommunalités qui assurent le boulot dont ils ont la responsabilité. Régulièrement, un cahier des charges fixe les rapports (objectifs, aides, contrôles…) entre ces structures de droit privé dont le financement est complexe et opaque avec les « collecteurs publics ». L’enjeu est de l’ordre de 1,2 milliard d’euros selon l’ADEME.

Bien évidemment, la commission consultative dans laquelle les élus ne représentent que… 40 % des sièges, doit réguler toutes les étapes d’une procédure complexe, ambiguë, faussée. Mais sous l’ère sarkozyste les dés ont été pipés et les élus locaux méprisés au profit des multinationales effectuant en permanence le chantage à la débâcle économique. Du coup, 24 heures après la démission de Borloo, alors Ministre du développement durable, on avait laissé à son directeur de cabinet le soin de stopper les négociations, pour ramener à environ 600 millions la somme dont serait recevable éco-emballages, alors que le Grenelle avait fixé un tri à 75 % des volumes collectés, et donc imposé des dépenses supplémentaires. Les contribuables traînent cette trahison comme un boulet… et bien évidemment se retournent contre les élus locaux pour protester contre un sentiment malsain qui monte : plus je trie et plus je paye !

Les directeurs des cabinets de Borloo et NKM avaient, dans deux lettres, assuré aux élus qu’en 2012 il y aurait une « clause de revoyure » permettant d’ajuster les compensations qui se révéleraient insuffisantes… Promesses sarkozystes, sur lesquelles les multinationales s’assoient ostensiblement, car elles bénéficient du secours des responsables ministériels, de négociations parallèles, et de complaisances diverses. Les élus, dont je suis, ont tenté de déposer une résolution demandant une véritable « revoyure » abordant tous les sujets, afin d’améliorer la participation des « émetteurs de déchets » à leur responsabilité environnementale d’élimination. Tout a été fait, par le Ministère actuel (le problème, c’est que ce sont les mêmes fonctionnaires qu’antérieurement, même si la Ministre a changé !), pour empêcher cette démarche formelle (renvoi, tentative de justification de l’inutilité de la demande…). Ce matin, nous remettions le couvert pour la forme. En effet, par rapport à la séance précédente, les défaillances se succédèrent. Les représentants du monde associatif (consommateurs, défense des familles…) changeaient d’avis et annonçaient qu’elles s’abstenaient, après des circonvolutions suspectes.

Le pire vint des « farouches défenseurs de l’environnement » regroupés dans la Fédération Nationale de l’environnement (FNE), dont on sait combien elle exige des élus locaux dans tous les domaines. Une explication aussi limpide que du jus de boudin (biologique évidemment) pour voir ces « intraitables défenseurs de la nature » voter… avec les multinationales et tout le système des fabricants de déchets et de metteurs en marché. Résultat : 11 voix pour la résolution, 15 contre et 3 abstentions. Exit notre volonté de faire respecter le fameux Grenelle. Cherchez dans les budgets des associations concernées les raisons de ces positions, et vous comprendrez les raisons pour lesquelles il faudra du temps pour se remettre du sarkozysme, ancré dans les structures !

 

Une réflexion au sujet de « Dans les déchets toujours le fric-frac sarkozyste »

  1. bonsoir,
    comment sortir de cette impasse, dans le camp des pseudos défenseurs de l’environnement l’idéologie prend le pas sur une approche rationnelle du problème. Le battage permanent de Greenpeace contre l’incinération conduit les « verts » dans l’impasse des TMB. Le refus des groupes industriels de faire face aux engagements du grenelle renvoie les dépenses sur les collectivités qui les répercutent sur les contribuables. La logique du pollueur payeur prônée par le grenelle accélère la mise en place de la RIEOM. Ce qui revient en supprimant la TEOM à faire payer les familles nombreuses et à épargner les riches propriétaires seuls dans leurs grandes demeures… Et les géants du déchet alourdissent la barque avec les poubelles à puce et les logiciels ( captifs) de gestion des déchets, la filière opaque du tri.
    Résultat prévisible de cette politique dite incitative conflits de voisinages, incinérations sauvages, tourisme des poubelles, dépôts illicites et toujours de plus en plus cher et plus je trie et plus je paye!!!
    S’interroger sur les déchets c’est se poser la question de NOTRE modèle de consommation.
    Facile de comprendre que ni les fabricants d’emballages, ni la fabrication des produits, ni la grande distribution, ni l’industrie des déchets ( collecte, transports, tri, élimination) n’ont intérêt à la remise en cause de leurs juteux profits.
    Le seul BON déchet c’est celui que l’on a pas produit, rigolez pas c’est une citation du Grenelle.
    Bon courage.

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