Le catalogue incohérent du sarkozysme

Les réunions publiques se succèdent sous des formes différentes. En à peine 24 heures j’ai participé à 3 d’entre elles, avec des intervenants bien différents allant des « locaux » de l’étape aux ténors invités. Jean-Pierre Bel, Président du Sénat, a fait étape à Créon pour une heure et demie de partage avec un peu moins de 200 personnes venues en plein après-midi à sa rencontre. Et à Fontet près de La Réôle, Jérôme Cahuzac, député Maire de Villeneuve sur Lot, Président de la commission des Finances de l’Assemblée Nationale intervenait devant une assistance au moins aussi fournie. Deux styles diamétralement opposés, mais une même passion, celle de convaincre par la raison en cette période débridée où plus rien ne correspond à la logique. Aucun triomphalisme dans les propos de ces hommes politiques, aux antipodes des agitations médiatiques permanentes. Modestie, cohérence, lucidité : ils avaient en commun une vision très objective de la campagne, affirmant que rien n’était joué, car l’essentiel était systématiquement occulté. Le constat est le même.
Après 10 ans de gouvernement de droite et 5 ans de sarkozysme intégral, la France est au fond du précipice, mais elle continue à croire au miracle d’un bonimenteur de talent, capable d’expliquer qu’il n’a rien fait pour qu’il en soit ainsi. François Hollande a confirmé ces propos, qui désespèrent, sans que personne n’ose l’avouer, une bonne partie de l’électorat de gauche. Le laveur de cerveaux ressasse des idées simplistes avec un cynisme absolu. Force est de reconnaître que la mixture alliant un tiers de « poujadisme », un tiers de « Lepénisme » et un dernier tiers « d’ultralibéralisme » a le don d’anesthésier ce qu’il reste de citoyenneté. Un catalogue de mesures, sans queue ni tête, édité à 17 jours du premier tour devrait permettre aux acheteurs potentiels d’effectuer leurs achats de prêt à penser simpliste. Tant Jean-Pierre Bel que Jérôme Cahuzac ont alerté leurs auditoires sur les conséquences d’un premier tour bancal de François Hollande, car tout le monde sent bien que la dissimulation du bilan, accentuée par la disparition totale des membres du gouvernement actuel incapable de l’assumer, porte les germes d’une défaite potentielle.
« C’est la prolongation des erreurs et des échecs. Il avait annoncé un grand événement. Comme souvent, il ne s’est rien produit. Toutes les mesures qu’il a égrenées, nous les connaissions déjà. C’est son bilan en pire », a commenté François Hollande en évoquant le « programme » du président sortant. « Ce qui devrait s’y trouver n’y est pas, la stimulation de la croissance, la lutte contre la finance, et ce qui ne devrait pas y être s’y trouve, c’est-à-dire le démantèlement du droit du travail avec ces accords compétitivité-emploi, la mise en cause d’un certain nombre de droits fondamentaux pour la protection sociale, les attaques contre les collectivités locales jugées trop dépensières, c’est l’austérité comme seule perspective ». Exact. Une majorité approuve ce constat, mais elle le dilue dans la résignation, l’indifférence ou l’insouciance. « Si nous voulons changer, ce n’est pas sur ce projet là que les Français peuvent avoir quelque perspective que ce soit, c’est le prolongement des erreurs et des échecs et c’est, en pire, l’aggravation de l’austérité », a ajouté le candidat du PS. Tout est plaqué or dans le catalogue sarkozyste, mais encore une fois, c’est suffisant pour aveugler les crédules !
Interrogé sur le « festival de dépenses » dont le chef de l’État l’accuse, il a affirmé que, selon « des estimations », les mesures de Nicolas Sarkozy « représentent 20 à 25 milliards d’euros sans qu’il y ait d’ailleurs le moindre financement ». Le pire, c’est qu’il le sait, mais qu’il sait aussi que rares sont ceux qui lui en feront le reproche. Jérôme Cahuzac communiquait avec Hollande avant d’intervenir à Fontet pour remettre les choses à leur place.
« Il annonce des baisses de prélèvements qui concernent les collectivités locales, je ne vois pas comment elles pourraient accepter ce type de dispositions qui les priveraient des moyens de verser des prestations », a estimé le député du Lot et Garonne. Le piège est grossier, mais face à l’ignorance civique généralisée, il fonctionne : transférer la responsabilité de la fin de la solidarité sur les Conseils généraux et la mort des services publics sur les communes ou les intercommunalités en les mettant en accusation, face aux demandes des populations ! « Tout cela n’est qu’illusion et hélas, la réalité, c’est ce que nous connaissons. Les Français ont le choix: soit ils veulent continuer dans les mêmes impasses, soit ils veulent changer, et le projet que je porte est celui du changement », a expliqué François Hollande coincé entre les envolées révolutionnaires d’un tribun talentueux et les rodomontades d’un sortant se battant dos aux murs des affaires qui l’attendent, et prêt à tout promettre, au prétexte qu’en 2007, cette méthode avait été productive.
Le catalogue sarkozyste est sorti. Tout le monde y trouvera son malheur sous les apparences rutilantes de clichés truqués. Il va être feuilleté par les consommateurs qui s’arrêtent uniquement, dans les supermarchés des idées, aux têtes de gondole. Les promesses y sont en promotion… avec l’espoir que celles et ceux qui y succombent ne se souviennent pas être passés à la caisse depuis 5 ans !

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Une réflexion au sujet de « Le catalogue incohérent du sarkozysme »

  1. On va recevoir, paraît il, une lettre de 34 pages ! Multipliée par le nombre d’électeurs, ça fait combien d’arbres coupés tout ça, combien de milliers de litres d’encre hautement polluante, combien de kilowatts gaspillés juste pour passer un peu plus de vaseline ?
    Désolé, Mister President, mais je suis actuellement en train de lire les Stroumpfs et pas le temps de schtroumpfer 34 pages de bobards.
    On cajole les retraités en leur promettant leur pension au 1er du mois. La mienne, elle est virée le 28 : donc je la percevrai 2 jours plus tard ! Marrant non ?
    Selon Carla : » L’anti-sarkozysme est un phénomène de l’élite parisienne »
    Moi, je ne suis pas Parisien et comme dirait Charlebois, « jsuis qu’un gars ben ordinaire », un peu rock’n’roll peut-être mais pas du tout élite, je devrais donc aimer Monsieur son époux ? Mais redescends sur terre Carla, tu confonds pas Nicolas et Mick jagger ?
    Apparemment, c’est la panique en Sarkosie, ça tire sur tout ce qui bouge, ça promet tout et n’importe quoi et ça ne sait plus quoi inventer pour faire frémir dans les chaumières.
    Allez, Nico et Carla, plus que 14 jours de stress et après vous pourrez partir en vacances : les remplaçants sont prêts.
    Et pour nous, plus que 14 jours de galère à vous supporter.
    Et après nous avoir gonflés depuis 5 ans avec l’immigration (celle des autres bien sûr), tu pourras retourner en Italie et lui en Hongrie en charter… pour notamment échapper à la justice française.

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