Les sables mouvants de la récession s’étendent

Lentement, l’Europe s’enfonce dans une crise irrémédiable, car elle est prisonnière de cette idéologie ultra-libérale dominante qui ravage le monde politique. Les sables mouvants de la récession engloutissent tous les efforts sociaux consentis pour combler des dettes insondables. Les peuples, les vrais, ceux que le monde de la finance ignore et considère comme de la chair à profit, s’enlisent dans la précarité, la pauvreté, l’insécurité. Et partout où la droite est arrivée récemment au pouvoir, le désespoir s’installe.

L’économie grecque se contractera de 5% cette année, une récession plus sévère encore qu’attendu jusqu’à présent, a déclaré le gouverneur de la banque centrale du pays, s’employant à accroître la pression sur ses concitoyens, déjà mis à rude épreuve par l’austérité et un chômage record. La banque centrale grecque prévoyait le mois dernier une contraction de l’activité de 4,5% en 2012, après celle de 6,9% subie en 2011. La Grèce, dont le produit intérieur brut (PIB) a avoisiné 215 milliards d’euros l’an dernier, connaît sa cinquième année consécutive de récession et pourra de moins en moins rembourser les crédits divers encore en cours. C’est irrémédiable… Plus on taille dans les dépenses, plus on appauvrit le pays et plus on va dans le mur ! Seul avantage, on préserve les privilèges du monde du profit car les marges demeurent les mêmes !

Mauvaise nouvelle pour le Portugal. Selon la banque centrale du pays, le PIB du pays de Camoens devrait reculer de 3,4 % cette année et, au mieux, stagner, l’an prochain. La Banco du Portugal révise ainsi à la baisse de 0,3 point les deux prévisions. En 2011, l’économie portugaise s’est déjà contractée de 1,6 %… L’économie britannique a replongé dans la récession au premier trimestre, montrent les statistiques officielles publiées mercredi, qui risquent d’accroître encore les difficultés du gouvernement de coalition de David Cameron.

Le produit intérieur brut (PIB) de la Grande-Bretagne s’est contracté de 0,2% sur les trois premiers mois de l’année, après avoir diminué de 0,3% au dernier trimestre 2011. Deux trimestres consécutifs de baisse qui correspondent à la définition « technique » de la récession. La plupart des économistes s’attendaient à ce que le PIB britannique ait légèrement progressé sur les trois premiers mois de l’année, mais leurs prévisions ont été démenties, à cause principalement de la chute de l’activité du secteur de la construction, la plus forte en trois ans. Ça arrive chez nous ! La production industrielle a elle aussi reculé, tandis que la croissance restait anémique dans le secteur des services. Ces mauvais chiffres sont un coup dur pour la coalition gouvernementale réunissant les Conservateurs et le Parti libéral. Sa popularité s’est encore dégradée dans les sondages après l’annonce très mal reçue du projet de budget en mars, et elle risque de se trouver en difficulté aux prochaines élections locales, le 3 mai. La « crème » anglaise tourne à l’aigre !

Le mot « Récession » barre la une du quotidien espagnol du jour. « L’économie est entrée en récession avec la baisse de 0,4 % du PIB au premier trimestre, ce qui fait deux trimestres consécutifs de baisse », rapporte le journal. L’Espagne a prévu de ramener son déficit public de 8,51 % du PIB fin 2011 à 5,3 % en 2012, puis à 3 % en 2013, mais cela semble difficilement réalisable vu la situation économique. C’est « un sombre tableau qui vient aggraver l’augmentation du chômage, qui devrait toucher plus de 24 % de la population active au cours du trimestre », note le journal. Là encore, le vote massif pour la droite libérale a aggravé la situation !

Le gouvernement italien a prévu une aggravation de la récession pour 2012 et retardé ses prévisions de retour à l’équilibre budgétaire, estimant que « malgré les progrès accomplis, il reste encore beaucoup à faire ». Dans un communiqué publié à l’issue d’un conseil des ministres, le gouvernement a annoncé une révision à la baisse de ses prévisions de Produit intérieur brut (PIB) pour 2012, prévoyant une contraction de 1,2% contre une baisse de 0,4% lors de la dernière prévision officielle datant de décembre.

Alors que S&P vient de prévenir qu’une nouvelle restructuration grecque pourrait être nécessaire et que l’Irlande a annoncé ne pas vouloir honorer son échéance de 3,1 milliards d’euros envers la BCE via l’ex-Anglo Irish Bank, force est de constater que la crise n’est pas terminée pour les « pays périphériques », comme ne le clame d’ailleurs plus jamais le petit homme aux bras d’acier qui avait sauvé l’Europe ! On ne parle plus de la crise dans le camp de Nicolas Srakozy. Tout s’effondre autour de nous ! Les trous s’aggravent. La relance devient tellement nécessaire que même le grand maître de la BCE lance un appel à l’inversion de la tendance car les financiers s’affolent, puisque à vouloir trop « gagner », ils vont finir par tout perdre.

L’odieux gringue fait au Front National accapare lamentablement la scène médiatique. Les ruines se multiplient. Le débile et l’odieux gagnent du terrain. Tous les Ministères sont vides. Les cartons sont ficelés. On cherche des postes pour les membres des cabinets en contrat de courte durée, et on se fout pas mal que la récession s’étende comme une flaque d’huile… car pour eux, le rendez-vous sera le 1er mai pour montrer qu’ils sont du côté du « vrai » travail !

3 réflexions au sujet de « Les sables mouvants de la récession s’étendent »

  1. Le slogan UMP 2007 était : « Ensemble tout est possible ».
    Il vient d’être remis au goût du jour sous la forme : « Ensemble avec le Front National, tout est possible ».

    Bayrou dénonce vigoureusement ce flirt fascisant (voir « Le Monde » d’aujourd’hui). Par conséquent, s’il est logique avec lui même, il y a peu de chance pour qu’il appelle à voter pour le Président-candidat.

    Non, demain nous n’aurons pas dans nos villes et villages de « Place du Maréchal Pétain » et autres « Rue Pierre Laval » n’en déplaise aux nostalgiques de « La Cagoule ».

    Raymond Aubrac est mort à temps : il n’aura pas vu cette infamie.

  2. Le petit homme aux talonnettes et aux bras musclés aurait promis d’être odieux avec son adversaire politique.

    Etre odieux ? Cela ne le changera pas beaucoup.

    D’autre part il est assez croquignole d’entendre un fils d’immigré de la première génération endosser les habits de pourchasseur d ‘immigrés !

    Voilà au moins un bon exemple d’intégration, mais malheureusement, dans une prétendue France, obscène et nauséabonde.

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