« N’ayez pas peur! Aidez la Gauche à gagner ! »

« Dressez-vous (…) N’ayez pas peur. Ils ne gagneront pas si vous décidez que vous voulez gagner. Peuple de France, entends mon appel ! Françaises, Français, aidez-moi, aidez-moi, aidez la France ! » , a martelé le candidat de l’UMP à l’élection présidentielle. Il se sait en perdition, car jamais l’écart du second tour n’a varié depuis des semaines et toutes les tentatives pour transformer un ou deux points de plus ou de moins au premier tour en points décisifs n’a qu’un seul objectif : masquer le rejet profond du pays pour celui qui n’a cessé de le tromper et de multiplier les mesures inappropriées aux circonstances.
D’abord il y a son éternel mépris, marque de fabrique de l’UMP à tous les étages, pour ses adversaires. En employant le « ils ne gagneront pas », le candidat-président témoigne de sa condescendance permanente, que les Girondins connaissent bien à travers le personnel politique local de la Droite. Haro sur les gens de gauche réputés « incapables », « dépensiers », « intolérants » ou « irréalistes », quand ce ne sont pas tout simplement les « responsables voire les coupables » de tous les maux de la société.
Ensuite « ils » c’est qui ? Les ouvriers, les petits commerçants et artisans, les agriculteurs au RSA, les chômeurs, les travailleurs à temps partiel, les personnels des hôpitaux, les gens sous le seuil de pauvreté, les fonctionnaires abandonnés ? Si c’est à eux qu’il lance son SOS il y a peu de chance qu’il soit entendu. Si c’est en direction des salariés auxquels il avait promis que « travailler plus leur rapporterait plus », c’est du genre peine perdue ! Il peut espérer aussi mobiliser à son secours les métallos de Florange, qui avaient lancé à son adresse « aidez-nous ! », et auxquels il a envoyé les CRS, le résultat risque de manquer d’ampleur. Comment un président de la république ayant selon ses thuriféraires « tout réussi ou presque dans un contexte difficile » peut-il appeler à l’aide, alors qu’il a toujours clamé sa clairvoyance, sa réussite et son efficacité ? Le « ils ne gagneront pas… » est une formule qui traduit justement que ce sera le contraire. Le « peuple de France », le vrai, celui qui rame et qui souffre, gagnera.
Le Titanic sarkoziste parti dans les flonflons, l’opulence, la fête entre amis qui comptent, dans les cadeaux de circonstance et dans la supériorité ostentatoire, vient de se briser sur l’iceberg de la réalité. Certes il faudra que le capitaine rende des comptes, mais que l’ensemble des députés sortants qui ont cautionné sa feuille de route et qui ont considéré que les ordres donnés étaient les meilleurs, ne soient pas épargnés par le peuple. Il faut déjà se préparer à ce que les chaloupes de sauvetage soient prises d’assaut par l’équipage UMP ! Il serait désastreux que le « collaborateur » Fillon et le poste de commandement soient épargnés au moment du naufrage, d’autant que tous se désolidariseront du commandant de bord, dès le 7 mai, au nom du « droit d’inventaire ». Alors, c’est certainement à eux que s’adressait l’appel du 15 avril se voulant similaire à celui du 18 juin : « Ils ne gagneront pas » comme aurait pu le dire le Général de Gaulle envers des « envahisseurs illégitimes »… et la suite ne laisse planer aucun doute sur le sens du SOS lancé de la Concorde .
 «  Peuple de France, entends mon appel ! Françaises, Français, aidez-moi, aidez-moi, aidez la France ! ». Mais si la France a tellement besoin d’être aidée c’est donc qu’elle est bien faible et bien mal en point. La seule vraie question qui mérite d’être posée, c’est : « qui l’a conduite à la ruine ? » Et c’est plutôt à la France d’appeler au secours, tellement elle a été ravagée par les bombardements de réformes incendiaires qui se sont abattus sur elle depuis dix ans. Un déluge qui la laisse sur le plan économique, institutionnel et social, dans le même état que les villes et villages après le passage des B52 américains ! Tout est à reconstruire ! Et croire que ce sera facile et rapide relève de l’ingénuité la plus totale !
Dans une Europe des nationalismes exacerbés, il faudra peut-être appeler au secours bien d’autres alliés, qui risquent d’être durs d’oreille. « Aidez la France ! » Message subliminal destiné à l’Allemagne et à sa chancelière ? Surtout quand il ose parler du rôle politique de la Banque centrale européenne à laquelle il demande exactement le contraire de tout ce que contenait le fameux traité constitutionnel européen ! Il fait bien de demander l’aide du Peuple sur cette mesure puisque ce dernier (j’en étais!) la lui avait donnée en votant majoritairement NON à l’indépendance de la BCE ? Qu’a-t-il fait de ce soutien majoritaire ? Qui peut croire un seul instant qu’il ne trahira pas, une énième fois, le peu de confiance que certains pourraient avoir en ses promesses !
« Aidez la France » à mettre un terme à 5 ans de régime UMP ! Aidez la France à ne plus vivre dans la peur mais dans l’espoir ! « N’ayez pas peur ! » Surtout « n’ayez pas peur ! » Aidez la Gauche à sauver ce qui peut être encore sauvé !

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Une réflexion au sujet de « « N’ayez pas peur! Aidez la Gauche à gagner ! » »

  1. « Peuple de France »… tout est dit : 5 années de pouvoir absolu et personnel sont contenus dans ces 3 mots. Les monarques de l’Ancien Régime ne disaient ils pas en parlant des Français « mon bon Peuple » ?
    Chassez le naturel… notre roitelet à talonnettes a juste omis pendant 5 ans d’appliquer le principe fondamental énoncé dans l’article 2 de notre Constitution : « Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».
    S’il ne s’en rappelle hypocritement qu’aujourd’hui dans un ridicule et pathétique sursaut , c’est un peu tard.

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