Quand la politique bat en retraite

Lors de la discussion publique de la Décision modifiant le budget 2009 du Conseil général de la Gironde, Yves Lecaudey, Vice-Président en charge des finances, a fait part à l’assemblée d’un courrier de la Caisse nationale de solidarité pour l’Autonomie (CNSA) indiquant la suppression, pour la Gironde, de 2,1 millions d’euros de compensat3singesion pour financer l’APA pour les personnes âgées et la PCH pour les personnes handicapées… Il faudrait se souvenir que le lundi de Pentecôte travaillé devait financer ces prestations et, bien évidemment, comme le dirait le leader de l’UMP au sein du Conseil Général, parler de désengagement de l’Etat vis à vis des collectivités territoriales, c’est « faire de la politique nationale » dans une enceinte réputée vivre hors du temps présent . C’est ce genre de populisme de bas étage qui tue la démocratie, car il consiste à taper sur les élus engagés, clairs, sincères dans leur rapport avec les citoyens, au profit de cette croyance stu pide en un apolitisme gestionnaire bienfaiteur. La République mourra de ces balivernes, destinées à masquer que toute décision locale est sous-tendue par un choix de vie, un idéal de progrès, d’égalité, d’équité, de fraternité… et à faire croire que ce qui se décide à l’Elysée relève de l’ingénuité biblique propre au sarkozisme actuel.

Bien évidemment, lorsque ce sont d’autres citoyens responsables que les élus de Gauche qui clament leur inquiétude sur les mesures gouvernementales, c’est plus crédible puisque, eux, ils ne font pas de politique. C’est dramatique, car c’est la négation même de l’engagement social qui est remis en cause par ce pseudo principe voulant que faire de la politique au quotidien, c’est « sale », « pervers », et que cela repose uniquement sur des enjeux de pouvoir personne l. Or il se trouve, par exemple, que les responsables nationaux de l’Union Nationale de l’Aide (UNA) peu cataloguée comme regroupant de dangereux gauchistes (ce serait plutôt le contraire) partage totalement l’inquiétude que j’ai exprimée en séance publique du Conseil Général (1), et qui aurait traumatisé les rares survivants présents du groupe UMP…

L’UNA a en effet vivement remis en cause, à deux reprises, le financement de l’aide à domicile. L’UNA, qui se revendique comme le premier réseau en ce domaine, avec 1.200 structures adhérentes, prend en charge environ 850.000 personnes âgées, grâce à 147.000 professionnels qui réalisent 113,5 millions d’heures d’intervention par an. Pas des politiques, eux, mais des gens de l’économique !
A l’occasion de l’installation du nouveau conseil d’administration et du nouveau président de la
Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), le 20 octobre dernier, le président de l’UNA est intervenu, en accord avec le représentant de l’Union nationale des associations de l’aide à domicile en milieu rural (ADMR)… très présente en Gironde, et notamment sur l’Entre Deux Mers. En présence de Xavier Darcos, de Nadine Morano et de Nora Berra, il a dénoncé l’attitude de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV), qui « s’entête sur un tarif unique, préjudiciable aux efforts entrepris par les structures en matière de qualité et de professionnalisation et ignore la loi du 2 janvier 2002″ (rénovant l’action sociale et médico-sociale). Il a également pointé du doigt les départements qui « appliquent diversement la loi et, avec les contraintes financières qui pèsent sur eux, [...] prennent des décisions tarifaires qui risquent de mettre en péril les structures elles-mêmes, et condamnent notamment la professionnalisation du secteur ». Insistant sur la « situation économique extrêmement difficile des structures d’aide à domicile », l‘UNA et l’ADMR demandent que le gouvernement prenne les dispositions nécessaires « pour organiser une table ronde avec l’ensemble des financeurs pour sortir de cette impasse ». L’UNA a récidivé le 22 octobre, avec un communiqué qui reprend la demande d’une table ronde et « dénonce un système à bout de souffle ».

L’association demande aux gouvernants « de prendre leurs responsabilités et d’assumer les coûts liés aux exigences de professionnalisation des personnels et de qualité des prestations, particulièrement incontournables dans le cadre d’interventions auprès de personnes fragiles ». Le communiqué se montre moins critique vis-à-vis des départements, reconnaissant que le « désengagement » de la CNAV et de l’Etat (dont la part dans le financement de l’APA et de la PCH se réduit) crée « un engorgement intenable pour les conseils généraux, alors même que les besoins démographiques et sociaux sont croissants ».

C’est politique. Je vous le dit et je vous le répète, c’est un coup politique, puisque,  quand c’est dit par un élu de Gauche, c’est « faux », « malveillant » ou « virtuel »!
Sur le terrain, (Créon gère gratuitement pour le compte des autres communes de son territoire 250 dossiers d’aide à domicile et 33 employées) il est indéniable que les services sont de plus en plus nombreux à connaître des difficultés, pris en étau entre des financements qui se contractent et des coûts qui croissent (formation continue, professionnalisation, organisation des carrières…). Mais c’est politique.
L’Etat ne se désengage pas et ne fait pas payer aux contribuables locaux ses exonérations sociales multiples, son bouclier fiscal pour ces retraités tombés dans la graisse sociale avec un parachute doré, ces actionnaires des niches fiscales… Vous rêvez!  Consommateurs taxés de toutes parts, dormez tranquilles, le gouvernement et les élus de l’UMP ne font pas de politique. Malheureusement pour vous !

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4 réflexions au sujet de « Quand la politique bat en retraite »

  1. Le réveil sera sans doute douloureux pour un grand nombre de citoyens. Le jour où ils viendront pour demander qui une créche, qui une nouvelle école, qui un ticket de bus Trans Gironde, qui une place Jeunes au Stade, qui l’aménagement d’un rond-point, qui un logement à loyer modéré, qui une allocation pour une grand-mère à la maison de retraite, qui des aides aux ostréiculteurs, aux filière Bois, qui des subventions pour le spectacle de théatre de rue, pour le club de foot, … et la liste est longue … il faudra alors leur montrer ces lignes et celles d’avant … Mais le propre du citoyen c’est d’être humain à la mémoire courte. Mais qu’importe il faut le dire et le redire encore et encore, expliquer, échanger, débattre et proposer des solutions alternatives, des idées … Faire de la POLITQUE !

  2. Nous avons malheureusement à combattre un des hommes politiques de droite les plus doués depuis des générations.

    Il a su organiser la misère sociale, museler l’extrême droite, pour parvenir à rester la seule alternative crédible au niveau national…

    Or son soucis est maintenant de décliner son action sur les territoires, avec le même « succès »… Vous connaissez la suite avec le mise au ban des collectivités territoriales.

    Noël.

  3. Pour compléter ce que dit Noël BONNIEU, il ne faut oublier qu’il a récupéré KOUCHNER, envoyé DSK aux états unis, scotché FABIUS, éliminé JOSPIN, envoyé ROCARD en voyage, ridiculisé Ségolène ROYAL.
    Son ouverture à gauche n’a eu que pour objectif de semer la zizanie et de casser tout contre pouvoir pour 2012.
    Car tout malin qu’il est, même conseillé par sa DJ de carla et autres conseillés véreux en tout genre, il sait parfaitement que cinq ans c’est beaucoup trop court pour atteindre ses objectifs.
    Il aura dépensé une énergie considérable en 2012, il ne faut pas lui reprocher,
    Les citoyens sont fautifs depuis très longtemps, ils n’ont jamais supportés les réformes, le changement…
    Béret, baguette de pain et un canon de rouge, tout va bien, et que Paris nous emmerde pas.
    Seulement voilà, le monde ne sait pas arrêté de tourner pour faire plaisir à la France.
    Quand DARMIAN-GAUTRON dit:
    « Mais le propre du citoyen c’est d’être humain à la mémoire courte. »
    Elle a tout fait raison.
    De plus même si l’Elysée fait tout sauf de la Politique, il y dans ce pays des hommes et des femmes responsables, conscients,qui sont près à mettre en action de vrais solutions, si on les laisse émerger. Seulement voilà comment il faut élaborer une méthode et non pas un rassemblement de carriériste politiques, affamé de se faire élir.
    Pour faire émerger cette dynamique opposante qui fait cruellement défaut dans ce pays, le bulletin de vote, et encore faut-il encore le mettre dans l’urne, et puis faut-il encore y déposer le bon, ne sert plus à grand-chose.
    La preuve tout le monde Gueule au scandale sur les réformes, mais SARKOZY a bien été élu non ?
    Non les explications de chez explications aux citoyens cela fait tout simplement gagner du temps au Président de la République si tenter que l’on puisse encore parler de République.

  4. bien sur que l’on est pris au piège, mais trop de gens ne s’en rendent compte que maintenant. Ce travail de longue haleine à déshumaniser tout ce qui donnait un sens et une valeur à la vie, n’a eu qu’un but démotiver, décourager, individualiser, déstabiliser.
    Le pire c’est la vision restrictive de tant de gens qui sont prêts à tirer sur les ambulances en pensant sauver leurs peaux ainsi. Les pauvres ne sont pas des créateurs de misères, mais des victimes.
    je ne prends pas Sarkosy pour un président intelligent mais pour un manipulateur démago qui sait utiliser les plus bas instincts des hommes.
    Une « bonne » télévision, une « mauvaise » école, la consommation et l’argent (et vice et versa) comme but ultime et le tour est joué. Avant que le réveil ne se produise la dose d’anesthésique est déjà trop forte.
    Alors à ceux qui ne se sont pas endormis et nous sommes encore nombreux, je demande comment faut il faire que faut il faire ? comment utiliser cette conscience étouffée par l’impuissance.
    Victor Hugo disait déjà qu’il fallait construire des écoles plutôt que des prisons.

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