Quand les jésuites se reconnaissent…

Vote négatif du compte administratif 2011 du Conseil général pour de fumeuses raions de prévisions non conformes au constat effectué et, bien entendu, refus de voter un ajustement de 3,5 % du Foncier bâti. La session budgétaire du Conseil général a été absolument conforme au climat national. Les 6 élus UMP de Gironde Avenir ont tenu leur rang dans ls session publique… L’un d’entre eux, sur le vote des taux, a passé son temps à commenter… mon blog et notamment la chronique ci-dessous, publiée le 27 janvier 2012. Un honneur qui me permet de vous en redonner les passages essentiels, adaptés à la réunion d’hier, car jamais elle n’a été autant d’actualité !

« Les hommes n’ont qu’un certain degré de lumière, mais n’ont aussi qu’un certain degré d’audace et de mauvaise foi; ils soutiennent par honneur et par persuasion ce qu’ils ont adopté par prévention ou par fanatisme ». Jean d’Alembert appliquait ce constat aux Jésuites et à ceux qui avaient été formés par les jésuites. Il est vrai qu’il prônait la raison et la philosophie de la connaissance, en une siècle où l’obscurantisme régnait sur la vie sociale. Il y avait des comtes, des vicomtes et des marquis qui fréquentaient ces écoles où l’on enseignait le savoir vivre et le prêt à penser. C’est une autre époque, qui n’est pas encore révolue. Il semble régner parfois, dans le monde politique, une bonne dose de mauvaise foi et de fanatisme qui souvent résulte d’une culture basée uniquement sur les apparences et paradoxalement sur des certitudes toutes faites.
Six membres du groupe politique UMP du conseil général de la Gironde ont visiblement adopté la culture de leur mentor. Ils ont voté contre le compte administratif 2011 du Conseil général alors que 7 de leurs collègues préféraient prudemment regagner la maison pour ne pas être en difficulté sur leur canton. « Gironde Avenir », auquel on pourrait appliquer le principe du sketch de Francis Blanche et Pierre Dac sur le fait qu’il a son avenir dans le dos chaque fois qu’il se retourne, va probablement adresser une longue lettre aux maires de Gironde qui sera un monument politicien ! Une sorte de défense et illustration du sarkozisme en déroute.
Dans ce qui se voudra un pamphlet, il sera reproché au Président du Conseil général d’avoir présenté un compte administratif de qualité, mais que le groupe restreint du conglomérat UMP n’a pas eu le courage de voter. Cette démarche recouvrirait des arrière-pensées politiques, à quelques semaines des élections présidentielles et législatives. En fait, c’est certainement la trouille manifeste que cette démarche de démocratie directe mette en difficulté les 6 élus qui ont refusé, pour des raisons futiles, de voter le budget, qui a conduit à expédier plus de 500 missives expliquant que, dans le fond, venir dialoguer entre élus sur ce même budget est une démarche indigne. La missive, qui se veut « incendiaire », est un monument de jésuitisme, car elle oubliera un certain nombre de faits indiscutables :

1.- La minorité du groupe Gironde Avenir a reconnu que la dette était parfaitement en ordre et ne posait aucun problème, selon le principe du « qui ne dit mot consent ». Le silence est en l’occurrence un aveu d’impuissance, car il est difficile pour un élu UMP de parler de dette quand on a un président candidat qui a plongé la France dans un tourbillon désastreux, par des emprunts strictement indispensables pour le remboursement des… annuités des emprunts et pour le fonctionnement de l’État!

2.- En ce qui concerne le compte administratif, entre des propos relatifs à des thèmes non abordés dans la présentation (le texte avait été écrit sur la base de certitudes d’accusations contre l’État non formulées) et des extrapolations de lignes budgétaires de précaution, on a assisté à une justification particulièrement fragile d’un vote strictement politicien. Le porte-parole utilisa des circonvolutions, des approximations, des extrapolations pour, avant les Présidentielles, ne surtout pas convenir que les socialistes pouvaient bien gérer des collectivités locales, que le candidat UMP passe son temps à stigmatiser ! Je résume : « les résultats sont trop bons pour être honnêtes » et donc « nous voterons contre »… ils sont tellement bons qu’ils ne justifient pas une augmentation des taux d’imposition. Il faut dire que quelques minutes avant, les mêmes UMP avaient réclamé la gratuité des transports scolaires,, ce qui bien évidemment se ferait sans recettes complémentaires. Du pur Sarkozisme : demain on rasera gratis si vous faites confiance !

3.- Le dernier intervenant de ce qui ressemble à la réalité du quinquennat écoulé est allé encore plus loin avec des accusations personnelles me visant. Il a procédé à un commentaire d’un texte écrit sur ce blog le 27 janvier dernier et dans lequel il a trouvé des propos inadmissibles à l’égard de son chef vénéré. Ambition personnelle de ma part ? Difficile, puisque je ne suis candidat à rien! Anti-cléricalisme primaire? Parler du jésuitisme ne constitue pas une référence religieuse mais une référence à un mode de pensée que Molière dénonçait déjà (je propose le bûcher pour moi!)face aux hypocrites. « Intolérant notoire », car je privilégierais les cantons « roses » plutôt que les cantons « bleus ». Et en suivant, il distilla un magnifique exercice d’interprétation de texte attestant que j’avais fait mouche, puisque la personne ayant écrit le discours avait identifié (selon elle) le Jésuite visé! Ouf! Mon honneur était sauf : la chronique était bien rédigée et avait atteint son but ! D’ailleurs, pour me clouer le bec, le commentateur de texte y alla de sa sentence en…latin, à laquelle je faillis répondre « Dominus vobiscum » ou « Amen » en puisant dans mes souvenirs lointains d’enfant de chœur!

Bref (comme on dirait dans le grand Journal), une vraie jubilation d’être attaqué dans une enceinte publique pour ce que je peux écrire sur cette page en m’amusant. Dans le fond, c’était la preuve que les arguments manquent si l’on confond les fonctions et les hommes. Je leur offre l’un des plus beaux poèmes de Verlaine, car je n’ai jamais fréquenté les écoles bien pensantes.
Le chagrin qui me tue est ironique, et joint
Le sarcasme au supplice, et ne torture point
Franchement, mais picote avec un faux sourire
Et transforme en spectacle amusant mon martyre,
Et, sur la bière où gît mon rêve mi-pourri,
Beugle un De profundis sur l’air du Tradéri.
C’est un Tartufe qui, tout en mettant des roses
Pompons sur les autels des Madones moroses,
Tout en faisant chanter à des enfants de chœur
Ces cantiques d’eau tiède où se baigne le cœur,
Tout en amidonnant ces guimpes amoureuses
Qui serpentent au cœur sacré des Bienheureuses,
Tout en disant à voix basse son chapelet,
Tout en passant la main sur son petit collet,
Tout en parlant avec componction de l’âme,
N’en médite pas moins ma ruine, – l’infâme !

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Une réflexion au sujet de « Quand les jésuites se reconnaissent… »

  1. Et pour répondre à ton latinisant interlocuteur, j’ajouterai :

    « Beati spiritu pauperes, quia ipsorum est regnum coelorum »….(enfin ils peuvent toujours l’éspérer)

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