Quand les médias se donnent un mal de chien pour vous informer !

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« Bien informés, les hommes sont des citoyens, mal informés, ils deviennent des sujets » selon Alfred Sauvy. C’est un véritable sujet dans notre société de la surmédiatisation…car elle conduit les peuples vers la dépendance totale à l’égard des transcriptions de la … Lire la suite

Ibrahimovic le briseur de rêve !

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Le froid humide tombe sur le stade Jacques Chaban-Delmas, comme une sorte de camisole aux débordements festifs. La venue du Paris Saint Germain, formule sable miraculeux du désert, aurait mérité une soirée estivale avec des étoiles parsemant davantage le ciel … Lire la suite

Giresse fait repousser l’amitié au coeur de l’été

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Ils sont venus, ils sont tous là. Il y a « Platoche » devenu Prince d’Europe après être passé par l’Italie, comme on l’évoquera subtilement dans les discours ; « Nanard », l’homme de Lyon qui tira plus vite que son ombre lors d’un match … Lire la suite

Le couteau Feltesse dans la plaie bordelaise

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Pour apprécier à sa juste valeur l’actualité, il faudrait avoir en permanence la possibilité de revenir sur le passé. La référence au chemin parcouru par les uns et par les autres reste essentielle pour juger des déclarations que distillent les … Lire la suite

Buvons un coup à la santé des Chinois mais avec modération !

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La Chine a enregistré en février son plus important déficit commercial en plus d’une décennie, de 31,48 milliards de dollars, à cause d’un bond des importations, notamment de pétrole, selon les chiffres diffusés par les douanes chinoises. Les importations ont … Lire la suite

La soirée de la conquête du Graal

Parmi les grandes soirées que j’ai eu le privilège de vivre en tant que pigiste sportif, il en est une qui ressemblait étrangement, au départ, à celle de hier soir. Une température identique, un contexte aussi passionné, un exploit aussi retentissant. Impossible de s’immerger dans une rencontre lorsque vous travaillez, et de ne jamais oublier que vous serez jugé le lendemain sur une phrase mal balancée ou mal ficelée dans une page de journal. Et pourtant la tension était forte. Écrire au cœur de la fusion d’un cratère humain, comme l’était ce soir là le Parc Lescure relèvait de la prouesse. Lire la suite

Mon autre Bordeaux-Marseille

La solitude du lutin bordelais

Le grand stade Chaban-Delmas semblait heureux hier soir de revenir sur le devant de la scène. Il est vrai que depuis plusieurs semaines, son enceinte devait résonner des paroles diverses le rejetant aux oubliettes. Conspué, dévalorisé, déstabilisé par le fait qu’il serait devenu trop vieux pour accueillir une demi-douzaine de grands événements, il avait, avec l’humidité, ses « yeux » de lumière embués, comme lorsque ceux qui retrouvent, après une période de doute, des émotions qu’ils croyaient rangées au rang des souvenirs. Lui qui fut un « Parc Lescure » considéré comme exemplaire, car privé de poteaux gênant la visibilité, s’extasiait de pouvoir encore servir à un affrontement de chevaliers de la balle ronde.
La foule girondine, constituée de privilégiés venus au stade comme on va dans le Sud Ouest aux arènes, pour s’y montrer, espérait l’estocade. Les cohortes arrivées du Sud, cantonnées dans une portion congrue de cet ovale, ne se préoccupaient guère des états d’âme d’un lieu où toutes les querelles entre Marseillais et Bordelais se sont toujours réglées finalement sur le tapis vert. Et il y en eut dans le passé. Certains faits d’armes furent peu glorieux, car marqués de coups bas douloureux. J’ai par exemple en mémoire, ce soir, une soirée exceptionnelle de l’été 1986… Oui je sais, c’est loin. Trop loin pour beaucoup d’entre vous. C’est pourtant un résumé parfait de ce que furent des relations entre deux clubs ayant eu à leur tête des Néron du foot : Claude Bez et Bernard Tapie! Ces deux êtres de démesure permanente, grandes gueules par plaisir, s’affrontèrent tels des taureaux cherchant à conduire le troupeau.
En 1986, les Bleus avaient une nouvelle fois échoué aux portes de la finale du Mondial, dans le stade mexicain de Guadalajara. La France avait oublié les vertus de la réconciliation franco-allemande, ébréchée par la plus extraordinaire tragédie qu’avait été la rencontre de Séville du 8 juillet 1982. Elle pansait ses plaies, avant de reprendre le chemin de ses certitudes. Bordeaux suait sous un soleil de plomb, avant de s’étirer dans ces nuits que seules les rives des fleuves offrent à leur ville. Le journal Sud-Ouest, dans lequel je finissais un contrat professionnel, avait bouclé ses éditions, et j’avais regagné Créon. Une fin de semaine qui ne sentait ni la poudre, ni le scandale, ni le scoop. A l’approche de minuit, la sonnerie du téléphone, qui était loin d’être mobile, retentit.
La voix angoissée du chef adjoint du service des sports du journal me désarçonna: « Darmian nous venons d’apprendre que Giresse a signé à Marseille. Ce soir c’est trop tard, mais demain matin vous partez à sa recherche. Il faut que vous le trouviez. ». Les Girondins, tous les Girondins se levèrent comme moi avec la gueule de bois : l’icône du club passait à l’ennemi avec ses contrôles divins, ses dribbles déroutants, son sens du jeu millimétré, ses inspirations subtiles. Il prenait la direction du Vieux Port, alors que son univers s’était réduit durant son enfance à celui des chantiers Tramasset, situés à quelques encablures de la maison de Langoiran où il était né d’un père charpentier et d’une mère d’origine espagnole, douce comme l’une des caresses de son fils sur un ballon. Quoiqu’on écrive, ce ne serait qu’une trahison. Celle du fils prodige qui échange son avenir contre un plat de lentilles en or, offert par le camp adverse.
Dur… Très dur…à vivre. Énorme à assumer. Marseille dépouillait son rival de celui qui, malgré sa petite taille, restait son « colosse » aux pieds agiles! Le coup était douloureux, atroce, horrible car il illustrait la supériorité du fric sur le cœur. Tout le monde pensait que le contrat liant le Petit Prince à son berceau était éternel, et que son attachement à cette pelouse du parc Lescure résisterait à toutes les agressions extérieures. Il venait de donner à son club une victoire contre… Marseille, en coupe de France, d’un coup de patte dans les prolongations. Ce matin là, il s’agissait de dénicher celui qui avait honte de ce que ses « exploiteurs » avaient décidé pour lui. Pas facile.
Je pris le plus tôt possible la route de Haux, superbe village des coteaux de Garonne où demeurait le « lutin bleu », brutalement devenu le « diable blanc ». Sa maison, dissimulée derrière une énorme haie de cupressus, respirait le calme. Personne. Ni son épouse qui avait été une collègue institutrice, ni ses fils, n’étaient visiblement présents…Le silence des lieux illustrait la gêne que devait éprouver son entourage. Il en fut de même plus bas, à Langoiran, où son père, en bleu de travail avec un tricot de peau sans manches de la même couleur, se penchait sur des chevrons, sans savoir, apparemment, que la nuit n’avait pas apporté le meilleur des conseils à son fils. Il se refusa à toute déclaration, comme à l’habitude, préférant sûrement ruminer ses sentiments sur son vélo lors de l’une de ses longues sorties solitaires sur les routes vallonnées de l’Entre-Deux-Mers. Direction l’aéroport de Mérignac, avec l’espoir que le transfuge s’y rende dans la matinée pour prendre son envol vers Marseille. J’y croisai un député communiste, passionné de football, désarçonné par l’information relayée depuis l’aube par les radios, et Pierre Garmendia, député socialiste de Gironde, abasourdi par ce départ; mais l’affluence des confrères me décida à prendre, après le départ du dernier vol intérieur, vers 13 heures, le contre-pied de cet espoir d’une arrivée providentielle. La meute courait après « Gigi l’amoroso » et je la quittai pour aller fouiner du côté du centre d’entrainement de Le Haillan.
Plus un joueur. Plus un supporteur. Personne. Le désert. Ou presque. Un enfant et son père flânaient sous les arbres avec un appareil photographique jetable à la main, dépités d’être arrivés trop tard. Je décidai d’attendre. Bien m’en prit.
Alain Giresse, tête basse, sortit du château pour descendre seul, absolument seul, les marches conduisant aux vestiaires situés sous l’édifice. Malgré l’interdiction d’entrer en ces lieux pour « toute personne étrangère au club », je décidai de suivre celui que j’avais retrouvé. En m’approchant, je vis que « Gigi » vidait son placard personnel.
Il pleurait à chaudes larmes, s’essuyant avec une serviette éponge oubliée sur le banc. Ce meuble, qui portait son nom, et dont il semblait propriétaire à vie, ne contenait que des objets sans intérêt réel dans le contexte du départ. Des paires de chaussures, des « fétiches » dont il était friand, finirent dans un sac vite bouclé. Impossible, pour moi, de me montrer. Je n’en avais pas le courage ou même l’envie. J’observai la scène en silence, ce silence qui régnait depuis le matin autour d’un choix, déjà qualifié par le pagnolesque Claude Bez, de « honteux ». J’étais paralysé par le respect.
Je m’éclipsai pour retrouver un soleil qui éclaboussait des pelouses, où les jets d’eau rotatifs crachaient, eux-aussi, leurs larmes. Je voulus retrouver le gamin, pour acquérir son appareil photo, mais il avait disparu. Alain Giresse remonta, le regard ailleurs, et fila vers sa voiture, stationnée à l’écart, pour disparaître… La meute se déchaîna. Je fis un « petit papier » autour de cette quête du « traître »… sans entrer dans les détails. J’ai eu bien des occasions ultérieures de dialoguer avec celui que j’avais été le seul à voir sous son vrai jour. Un garçon authentique, sincère, modeste, perdu dans le tourbillon d’un monde où tout commençait à s’acheter et à se vendre.

Les acteurs du tourisme vont perdre le sourire

Lorsque l’on s’exprime devant des élus locaux réputés apolitiques ou simplement de droite, ils affirment haut et fort que les allégations des gens de gauche sur les difficultés financières qui attendent les collectivités locales, après la pseudo simplification de l’absurde présentation du « mille-feuilles » territorial, relève de la manipulation. Ainsi, lors d’un repas très détendu avec une adjointe au maire de Bordeaux, celle-ci, avec le sourire, se moquait de mes affirmations sur l’absolue incapacité en 2010 pour le Conseil général de s’engager dans le « grand stade », la « LGV », le « centre culturel du vin » à hauteur cumulée de quasiment 150 millions d’euros. « J’ai lu quelque part, m’expliqua-t-elle, que vous aviez eu beaucoup de recettes depuis plusieurs années. Les droits de mutation ? Vous allez voir, la reprise va revenir et vous pourrez tout payer! Vous faites croire que vous manquez d’argent, mais c’est une posture politique! ». Elle ne faisait, en fait, que répéter sous une autre forme les affirmations d’Alain Juppé, en bureau de la Communauté urbaine de Bordeaux, lorsqu’il examinait les conséquences de la suppression de la Taxe professionnelle. « Vous voyez, c’est beaucoup moins grave qu’annoncé. Et d’ailleurs, je prends le pari que le Conseil Général ne baissera pas ses subventions d’un euro en 2010 ! ». Peu de socialistes présents autour de la table ont relevé cette affirmation, sauf une élue, qui a défendu bec et ongles la position de l’assemblée départementale, contrainte, jour après jour, de reformater son budget 2010, face à la chute continuelle des recettes et l’augmentation des dépenses contraintes. C’est sûrement pour le plaisir, et par simple calcul politique… En fait, quel que soit l’argument avancé, il se heurte à la méthode Coué nationale : on emprunte parce qu’on n’a pas les moyens de rembourser, et on exonère à tour de bras car on n’a pas besoin des moyens de rembourser. Il en va de même pour la clause de compétence générale qui, actuellement, permet aux conseils généraux de soutenir les communes les plus modestes, les associations, les services d’eau et d’assainissement.

Bien évidemment, quand on explique à ces élus confiants dans les promesses de sénateurs qui clament leur indignation, mais  s’inclinent jusqu’à la moquette du Palais du Luxembourg quand on les rappelle à l’ordre depuis le « château », on falsifie une loi « rassurante ». Et pourtant, toutes tendances confondues, les présidents des Comités départementaux du Tourisme viennent de sonner le tocsin. Qu’ils soient UMP, Nouveau Centre, Modem ou Socialistes, ils s’inquiètent de la disparition de cette fameuse clause, à laquelle personne ne comprend rien, mais qui permet aux Conseils généraux d’intervenir dans le seul secteur d’activités économiques qui a, en 2009, à peu près résisté à la crise. En Gironde, la part du tourisme est estimée à 6,5 % du Produit intérieur brut, pour se placer en seconde position derrière le vin, dont on connaît malheureusement la chute vertigineuse. La consommation moyenne annuelle des touristes atteint 1 458 millions d’euros, et permet à 16 200 salariés de vivre sur cette activité essentielle. A son échelon, le Conseil Général est un acteur majeur du développement touristique départemental, grâce aux investissements qu’il réalise en termes d’aménagement et de promotion touristiques. Il le fera probablement moins en 2010, pour ne plus le faire du tout si on lui supprime la possibilité légale de le faire. Son rôle d’interlocuteur privilégié entre acteurs publics et privés du territoire, et sa capacité à fédérer les initiatives touristiques locales contribuent à générer une cohérence territoriale et sociale reconnue. Il finance également le Comité Départemental du Tourisme, qui compte 35 équivalents temps plein, intervenant sur tout le front de la promotion de la Gironde. C’est ça la réalité, et pas autre chose. Quel avenir, après 2011, pour ces gens qualifiés ?

Par exemple, dans le secteur de l’itinérance, principe fondateur d’une politique d’inter-modalité avec pour objectif le développement d’un tourisme de proximité,  de 2006 à 2009, le Département a engagé 8 792 473 € en investissement et  1 093 879 € en fonctionnement. Ces crédits ont permis l’aménagement et l’entretien de pistes cyclables (100km dont 60 en site propre) ; la rénovation ou l’aménagement d’équipements liés au tourisme fluvial ( le Port de la Maréchale, une cale de mise à l’eau à Ambès, l’aménagement des quais de Pauillac…); la mise en place d’une signalétique touristique locale ( Estuaire, Vallon de l’Artolie, Juridiction de St Emilion …); l’aménagement de sentiers pédestres. De 2006 à 2009, le Département a engagé 739 431 € pour les équipements d’accueil touristique, pour un montant total des travaux de 3 406 401 €; ces crédits ont permis l’élaboration de 10 études préalables à la création ou à la modernisation d’équipements (étude de requalification, étude marketing…); la réalisation de 24 équipements ( comme le parc ornithologique des Nouvelles Possessions, l’aménagement des prés salés de La Teste, un réseau d’aires de camping car sur la CDC du Brannais. Pour les hébergements touristiques, de 2006 à 2009, le Département a dépensé 1 896 684 € pour un montant total de travaux de 12 634 802 €, ces crédits ont permis la création de 114 chambres d’hôtes; 50 gîtes ruraux; 2 meublés; 2 hôtels ; 1 eco-camping et la rénovation d’un village vacances, un camping et 7 hôtels… C’est toujours trop peu, mais on va voir dès 2010 les conséquences des réformes en cours, et on constatera que le « trésor » supposé n’a jamais existé!

De 2006 à 2009, le Département a financé 12 373 692 € dont 12 026 157 € d’aides aux associations et organismes partenaires, participant au développement et à la promotion du tourisme (CDT, Udotsi, Gites de France, Bienvenue à la ferme…); 98 310 € d’aides aux associations liées à des projets (ecolabel européen, dispositifs d’accompagnement d’associations…); 249 225 € d’aides aux évènements qui participent au développement touristique et à l’attractivité des territoires. Tout le monde devrait donc se sentir menacé dans son existence même par cette destruction des interventions de proximité au service de l’économie. Moins de crédits publics, ce sont moins d’emplois, moins de cotisations sociales, moins de TVA, moins de travaux et donc une chaîne qui va se briser. On le constatera dès le vote du budget 2010 des conseils généraux! En sonnant le tocsin, le Réseau National des destinations départementales a seulement souhaité alerter les professionnels sur un avenir qui ne sera plus aussi ensoleillé que l’an passé ; dès 2010, il faudra penser licenciements, diminution des budgets, arrêt de la promotion… et alors, ils sera temps de sourire, en évoquant les difficultés que l’on a créées autour des collectivités pour de basses raison politiciennes. On rétablira alors dare-dare la clause de compétence générale… mais comme il n’y aura plus un seul euro à y affecter, elle ne servira plus à rien.

Le stade sifflé pour hors-jeu !

Le football va mobiliser toute la journée l’opinion publique. Ce soir, la main du destin va faire perdre la boule  à une France totalement incapable de justifier son rang mais qui, comme au loto, peut tirer trois « bons » numéros. Le sort, forcément injuste, qui rangera des Bleus dans le sous-groupe des déclassés du Mondial, va mobiliser durant tout ce week-end les esprits les plus assujettis à la médiatisation d’un « nationalisme sportif » qui fonde une improbable identité nationale. Encore une fois, il faut noter que la « main » de Henry aura rendu un fier service au gouvernement, en effectuant un rapt sur une actualité qui a toujours tendance à se repaître des faits les plus éloignés du quotidien. Les affreux chevaliers de la balle ronde vont servir d’exutoire à toutes les difficultés dans lesquelles s’enlise un pays qui, faute de voir la vie en rose, tente de la peindre en bleu.

Le débat va rebondir en Gironde, où Alain Juppé va s’emparer de cette passion « populaire » pour masquer à son tour les positions favorables qu’il a été obligé de prendre sur des réformes, qu’il approuve publiquement, mais qu’il condamne dès que les stylos, les micros, et les cameras sont partis. La question existentielle qui agite le microcosme politique girondin tourne autour de la construction d’une nouvelle arène pour les gladiateurs des temps modernes. Ils en ont absolument besoin pour que les « combattants glorieux», venus pour quelques soirs de cette Europe de la concurrence débridée, puissent exprimer leurs talents. C’est, pour l’ex-premier Ministre, visiblement la… priorité politique de la fin d’année . Du moins en apparence car, dans le fond, il cherche surtout,  parmi ses adversaires politiques,  un «coupable » qui puisse justifier son désengagement d’un projet, pour lequel il a été abandonné en rase campagne par le gouvernement qu’il doit soutenir. En effet, lors de sa présentation du programme qui lui tient tant à cœur, il avait annoncé que sa réalisation ne serait possible qu’avec une participation de l’Etat de… 50 millions. Une estimation qui supposait une participation des Girondins à hauteur du double, et une « contribution » des collectivités territoriales (mais c’était avant les ravages de la réforme présidentielle), à hauteur de 150 millions. Le budget global de ce grand stade, représentant au minimum 10 ans du budget global d’investissements du Département, semblait bouclé…dans un contexte de crise sociale et structurelle. Las ! Rama Yade qui rêve d’imiter le Président de la République n’a trouvé que 20 petits millions.

Il faut simplement remarquer qu’il n’y avait aucun autofinancement résultant de la destruction de l’actuel stade municipal et de la valorisation financière… de cet espace.  Mais il est vrai qu’ il n’est pas très médiatique d’annoncer que, pour payer un stade neuf, on va aussi devoir raser celui qui existe… et le livrer aux promoteurs ! Alors, on fait l’impasse.
Il se pourrait qu’après une étude sérieuse, on s’aperçoive qu’en fait, les contribuables, moyennant cet apport concret, n’aient pas à mettre la main au portefeuille. Dommage que dans les grandes déclarations actuelles du Maire de Bordeaux, il n’existe aucune évaluation de cette opportunité de financement. Il est préférable de lancer une polémique autour de la participation du Conseil Général… pour masquer le fait que la vente de Lescure, (qui interviendra dans la prochaine décennie), constituerait une superbe opération financière pour la seule ville de Bordeaux. Le tour de passe-passe serait réalisé. Les autres payent sous la pression, et Bordeaux rafle la mise. Et il serait d’ailleurs intéressant que le Président des Girondins de Bordeaux s’exprime publiquement sur cette hypothèse qu’il a envisagée.
Faute de trouver un « responsable » à cette situation, le Maire de Bordeaux cherche un « coupable » : Philippe Madrelle, le « caravanier » du conseil général, qui arpente le désert financier du monde rural, afin d’ apporter une eau réellement de survie pour les tribus qui y résident ! Il se serait réfugié sous sa tente. Il sera celui qui aura refusé au club « capitaliste » des Girondins de Bordeaux le merveilleux espace qui lui permettrait d’élargir ses bénéfices ! L’attitude est bizarre puisqu’Alain Juppé,  « anti-départementaliste » déclaré, se tourne vers celui qu’il assassine, et qui est au minimum moribond, pour lui réclamer… ses derniers deniers et l’accuser d’être assis sur un trésor.

Comment pourrait-on admettre que, dans le contexte actuel, le Conseil général qui a perdu 46 millions d’euros de ressources sur une seule année (2009) , qui sait que, quoiqu’il arrive, il continuera à en perdre (il manque à ce jour 209 millions d’euros de compensation des dépenses décidées par l’Etat et imposées au Conseil Général), puisse apporter sa contribution. Dans le fond, c’est peut-être là que se trouve la solution, pour que le grand stade soit réalisable : il suffirait que ces manques soient comblés ! L’Etat donne ce qu’il est censé donner et tout va mieux !

Ou, autre solution : dans le cadre du grand emprunt, fils spirituel du Maire de Bordeaux, que le grand stade bénéficie d’un apport supplémentaire. Encore une autre : qu’une société d’économie mixte soit créée et qu’elle fasse comme l’Etat, qu’elle emprunte la somme nécessaire…et fasse payer, par les exploitants, les annuités de la dette, sans recours aux contribuables locaux ?
Au fond, dans cette affaire, on en est au… coup de main à donner ou à ne pas donner. Il importe simplement de savoir s’il s’agit de tendre la main franchement, clairement, dans un contexte contraint, un moment de démolition des certitudes, dans une période où les hommes et les femmes qui ont des bleus sociaux à l’âme sont oubliés au bord des routes de la vie. Pour certains, à ce stade, ils sont bien loin des débats du ballon rond !

Bas les masques !

Ce matin, le Journal Sud-Ouest a publié un entretien avec Alain Juppé, que s’est empressé de reprendre Le Figaro.

Je constate avec satisfaction qu’Alain Juppé a su mettre des mots sur des projets qui sont dans bien des esprits, mais que peu osent prononcer. La position du Maire de Bordeaux a le mérite de clarifier certains jeux politiques; il revient désormais à tous les élus de la CUB de clarifier leurs intentions.

J’avais donc malheureusement raison lorsque j’affirmais, dès le mois de juillet 2009, contre les dénégations de certains observateurs, élus ou représentants de l’Etat :

-      qu’il y avait bien un projet de métropole étendue à l’aire du SCOT,

-      que les transferts de compétences des départements aux métropoles visent bien à tuer les conseils généraux,

-      qu’il existe bien une volonté de transformer les communes en simples arrondissements,

-      de prévenir de l’inclusion d’office des communes dans la métropole, sans la consultation des citoyens.

Pour paraphraser Alain Juppé, on peut dire que «C’est bien se foutre du monde» de la part de bien des acteurs du dossier. On ne peut que reconnaître à Alain Juppé le mérite de la clarté et le courage de ne pas avancer caché…

Si le Président de la république devait reprendre les propositions d’Alain Juppé, je m’opposerais, pour ma part avec force, au nom de la liberté des  citoyens de disposer par eux-mêmes de leurs collectivités,  à ce qui s’apparenterait à un déni de démocratie.

De mieux en mieux

Voilà une lettre adressée à tous les maires de Gironde qui indique bien le sens actuel des occupations des services de l’Etat. J’ai donc reçu cette lettre avant même que le conseil municipal de Créon ait pris une quelconque délibération. C’est dire !…

PRÉFECTURE DE LA GIRONDE

LE PRÉFET DE LA REGION AQUITAINE, PRÉFET DE LA GIRONDE

DIRECTION DES RELATIONS AVEC LES COLLECTIVITES TERRITORIALES

Bureau du Contrôle de Légalité et de  l’Intercommunalité BORDEAUX,

LE 24 SEPTEMBRE 2009

Mesdames et Messieurs les Maires des communes de la Gironde

Circulaire n°40/2009/DRCT
OBJET : Consultation organisée le 3 octobre 2009 par le comité national contre le projet de loi relatif à l’entreprise publique La Poste et aux activités postales.

J’ai été rendu destinataire, au titre du contrôle de légalité, de motions et délibérations relatives à l’organisation par certaines communes, le 3 octobre prochain, d’une consultation locale sur le projet de loi relatif à l’entreprise publique La Poste et aux activités postales.

J’appelle votre attention sur les dispositions des articles L.1112-15 et suivants du code général des collectivités territoriales relatifs à la consultation des électeurs, lesquels prévoient «que les électeurs d’une collectivité territoriale peuvent être consultés sur les décisions que les
autorités de cette collectivité envisagent de prendre pour régler les affaires relevant de la compétence de celle-ci ».

Il est de jurisprudence constante que la notion d’affaires relevant de la compétence des communes s’analyse comme des affaires d’intérêt local. Sont considérées comme illégales, les délibérations de conseils municipaux organisant des consultations sur des thèmes relevant de la loi, de l’Etat ou d’autres autorités administratives.

Ainsi, s’agissant d’une consultation portant sur un projet de loi, les communes sont incompétentes pour organiser une telle consultation.

Je vous invite donc à bien vouloir tenir compte de ces dispositions, qui, si elles n’étaient pas respectées, m’obligeraient à devoir saisir le tribunal administratif pour demander l’annulation de telles délibérations.

P/LE PREFET,
Le Secrétaire Général
Signé : Bernard GONZALEZ

Esplanade Charles-de-Gaulle – 33077 BORDEAUX CEDEX –

Téléphone 05 56 90 60 60 – Telex 550231 – Télécopie 05 56 90 61 25

courriel : collectivites-locales@gironde.pref.gouv.fr

Une nécessaire prise en grippe de la politique agricole

Mesdames et Messieurs, 

Vous connaissez la situation de crise que traverse toute l’agriculture dans son ensemble : les viticulteurs vendent leur vin au-dessous du prix de revient depuis plusieurs années ; les éleveurs de porc et les producteurs de fruits et légumes font de même;  les moutonniers disparaissent en grand nombre, alors que les trois quarts de la viande d’agneau que nous mangeons est importée ; le prix du lait de vache a baissé de 30% par rapport à 2008 . Qui accepterait de travailler sans percevoir un revenu ? Et surtout qui le pourrait ? Dans notre département, comme dans toute la région Aquitaine, cela signifie la disparition à court ou moyen terme d’un très grand nombre de paysans.

La Confédération Paysanne entend dénoncer et médiatiser le décalage entre la politique du Ministre et les revendications des paysans, et souhaite que les pouvoirs publics «définissent une politique européenne de maîtrise publique de toutes les productions et de répartition des volumes en faveur d’un maximum de producteurs pour garantir un prix rémunérateur dans toutes les filières ! »

Je vous convie à venir soutenir les paysans girondins ce lundi 31 août à 11h30, place Gambetta à Bordeaux, et ainsi prouver, par votre présence, votre soutien aux paysans, aux entreprises de transformation… ainsi qu’à toute l’activité économique qui en découle, dans une période où la « pandémie grippale économique » fait beaucoup plus de dégâts que celle dont on nous rebat les oreilles !

Les paysans veulent continuer, simplement, à être paysans et à vivre dignement de leur travail en Aquitaine. Ils comptent  sur vous. Vous êtes dans une région rurale, qui veut continuer à vivre. 

Je compte sur vous pour soutenir, ce lundi à Bordeaux, une Aquitaine vivante avec des paysans nombreux.

L’écharpe blanche du Tibet

-1Une visite étonnante mais tellement réconfortante, ce matin en Mairie, avant d’entamer la ronde des manifestations du week-end. Les représentants de l’association Tashi Delek Bordeaux sont spécialement venus me remettre une écharpe blanche traditionnelle (1) et le drapeau de ce pays, actuellement sous le joug chinois. Une petite cérémonie qui s’est tenue en présence d’une Tibétaine, Kelsang, Présidente d’Honneur,  actuellement domiciliée sur Bordeaux, pour remercier l’équipe municipale de Créon d’avoir accepté de parrainer un prisonnier politique tibétain en une période où, sur le sujet, bien des responsables se contentent de détourner le regard. Une opportunité pour faire le point sur la situation, dans ce qui est devenu une « colonie » chinoise, avec plus de 500 000 militaires, présents en permanence sur son territoire. Un moment d’échange vrai et pudique.

Là-bas, les policiers font la chasse aux paraboles, équipements parfaitement interdits, car susceptibles de faciliter les contacts avec l’extérieur. Cette méthode de répression illustre parfaitement l’importance des médias indépendants dans la vie sociale démocratique. En enfermant un peuple dans la propagande officielle, en l’empêchant à la fois de s’informer et d’informer les autres, on étouffe en fait toute velléité de rébellion. L’opinion publique internationale revêt une telle importance que les régimes totalitaires ne peuvent plus tolérer qu’une autre « vérité » vienne perturber la leur. L’Iran a vite rompu les liens Internet, bloqué la téléphonie mobile et interdit la presse étrangère. La Chine a fait de même durant les jeux Olympiques, et continue à vouloir filtrer le Net !

Actuellement, au Tibet, devant toutes les portes des maisons où sont domiciliées des familles « suspectes », deux policiers attendent les sorties, demandent la destination, et font vérifier que les personnes contrôlées se rendent effectivement sur le lieu annoncé… Dans les temples traditionnels, dès qu’arrivent des touristes, on remplace les moines par des figurants chinois qui font des sourires aux groupes encadrés, qui apportent leurs devises aux Chinois ravis !

L’entrevue aura été extrêmement agréable, et débouchera en 2010 sur une semaine du Tibet à Créon, avec débat, exposition et peut-être spectacle, afin de confirmer qu’il ne faut jamais renoncer à se battre pour les Droits de l’Homme, même si le gouvernement a récemment abandonné ce secteur de la vie internationale, pour éviter de mécontenter les partenaires économiques les plus influents. Il ne s’agit nullement de mettre en cause l’appartenance du Tibet au territoire chinois, mais de lui permettre de conserver les spécificités de sa culture.

L’émotion de cette Tibétaine, ayant trouvé des élus français « mineurs » disposés à l’écouter, à prendre en compte son inquiétude pour une famille dont elle n’a plus de nouvelles depuis deux ans, pour ce qu’elle aimait par-dessus tout, était rafraîchissante. Je dois avouer avoir éprouvé une certaine fierté à constater que le moindre geste en faveur des autres avait parfois un écho aussi humble, mais humainement tellement enrichissant. L’écharpe blanche entrera dans ces « madeleines » qui vous ramènent souvent vers ce que vous devez faire, et que vous ne faites pas toujours, en croyant que c’est inutile.

(1) Parmi toutes les coutumes tibétaines, la plus connue est celle qui consiste à offrir une khatag, ou écharpe blanche, en signe de bienvenue. La khatag est un symbole de bon augure. Elle marque d’une note positive le début d’une action ou d’une relation et souligne les bonnes intentions de la personne qui l’offre.