L’éventualité d’une indemnité kilométrique pour les cyclistes salariés, proposée par le Club des Villes et Territoires cyclables depuis plusieurs années, est seulement envisagée par le premier plan national vélo, présenté par Thierry Mariani, ministre des Transports, qui a annoncé quelques … Continue reading
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Papa, maman, le cheval, et moi…
La semaine européenne de la mobilité se termine ce mardi 22 septembre. Créon y a pris discrètement sa part, et clôturera son opération « l’autre chemin vers l’école », par une signature massive des « contrats familiaux de déplacements« , ce mardi à 18 h, dans la salle citoyenne de l’hôtel de ville de Créon. Cette manifestation permettra de vérifier l’implication forte des parents d’élèves dans la formation des enfants à un autre mode de déplacement quotidien vers les établissements scolaires.
En 2009, 64 familles avaient relevé le défi de concilier la santé, la mobilité et la citoyenneté en participant, à la fois, aux opérations éducatives Pédibus (en place à Créon depuis maintenant plus de 10 ans), et vélobus, qui évitent une utilisation outrancière de l’automobile.
Quand on sait que plus de 50 % des trajets de moins de 2 kilomètres sur la ville bastide sont encore effectués en véhicule motorisé, l’option des déplacements alternatifs contenue dans le « pacte social, citoyen et durable » 2009-2015, mis en œuvre par l’équipe municipale, représente un défi novateur.
Mardi à 18 heures, les enfants, quel que soit leur âge, et les parents signeront donc avec le Maire un engagement solennel de favoriser les déplacements à pied ou à vélo vers l’école. En échange, ils seront, chaque semaine, reconduits le soir chez eux en véhicule hippomobile. Grâce à un contrat avec le centre hippique «Equipassion » de Tabanac, les volontaires bénéficient des services d’un magnifique cheval de trait pour regagner leur domicile.
Plusieurs dizaines de signatures seront recueillies, mardi soir, pour une autre vision des déplacements, dans une ville à taille humaine. En trois ans, la Mairie a constaté avec plaisir que la citoyenneté avait permis de faire passer les effectifs transportés de 4 contrats à 64 contrats Equibus. Une réussite significative.
Une occasion d’ouvrir ma gueule!
Il y a quelques jours, dans l’émission des « Grandes Gueules », bien poujadiste et franchouillarde de RMC, j’ai été taillé en pièces en direct, et avant même que j’ai pu m’exprimer comme invité. Il paraît que cette habitude, consistant à bouffer de l’élu de tout niveau, constitue le fonds de commerce de ce qui ressemble davantage aux jeux du cirque médiatique qu’à une confrontation loyale d’idées.
Il est vrai que j’avais été sollicité pour m’exprimer sur une utilisation possible de la taxe carbone, visant à inciter nos concitoyens à se déplacer à vélo : un sujet pas très « bandant » comme ils disent! Vous vous imaginez, au pays des 4×4 triomphants et des bagnoles pour gens fortunés pouvant acquitter sans aucun problème particulier le surcoût des produits issus de l’énergie fossile, combien un zigoto, en plus totalement méconnu de ces philosophes de la vie quotidienne, pouvait les intéresser… Sainte Blandine jetée aux lions du cirque! Ils eurent tôt fait de railler les mesures incitatives qu’ils ne connaissaient point, mais qu’ils résumèrent vite en une idée aussi brillante que « la prime à la semelle » pour celles et ceux qui marcheraient à pied pour se rendre à leur boulot (entreprise, administration, école, collège, lycée, université) ou en courses, ou tout bonnement pour entretenir leur santé!
Or, il se trouve que mercredi et jeudi j’ai représenté le Conseil général de la Gironde, très en pointe en matière de construction de pistes cyclables en site propre (le premier de France en nombre de kilomètres), aux rencontres des départements cyclables à Annecy, pour les rencontres nationales des Départements cyclables. Une manifestation de laquelle les « Grandes Gueules » étaient absentes, mais où une certaine impatience commençait à gagner les esprits et à faire monter le ton.
En effet toutes les études, toutes les statistiques, toutes les projections ressassent la même conclusion : le vélo doit retrouver une place dans une société empêtrée dans des déclarations contradictoires. Elle s’enthousiasme pour les déclarations souvent mercantiles et enflammées de Nicolas Hulot (voir le Canard Enchainé de cette semaine), dresse des louanges à Daniel Cohn Bendit après l’avoir haï, se passionne pour la fonte de la banquise ou la disparition des ours blancs, se lamente sur le réchauffement climatique qui va noyer les Maldives, se révolte contre les effets de serre, mais oublie que, faute d’un changement radical de ses modes de vie individuels, cette société de grandes gueules conduira la planète à sa ruine.
Jamais le vélo, pour les déplacements de proximité (moins de 3 kilomètres et jusqu’à 5 kms), n’a été aussi décisif dans cette mutation. Et il n’y a rien de « nase » ou de « ringard » ou de « débile » dans une proposition visant à contribuer, tout bonnement, à la mise en œuvre de ce qu’il faut bien considérer comme une politique courageuse, mais… qui permet seulement de prendre en compte des constats objectifs. Restituer la prime carbone pour acheter encore plus de gazole, d’essence ou payer le permis de chasser, c’est se tirer une balle dans le pied! La restitution doit être affectée!
En 2007, les collectivités territoriales de base (communes et intercommunalités) ont dépensé 238 millions d’euros pour créer, gérer et animer les déplacements à vélo. Il faut y ajouter 228 millions d’euros pour les conseils généraux et régionaux, 118 millions pour les fédérations et 170 millions pour tous les événements... Ces efforts sont à mettre en parallèle avec ceux d’un État qui contemple l’évolution après avoir tenu « son » Grenelle de la communication environnementale, mais qui met à peine 15 millions dans ce secteur des déplacements ! Au total, avec une grille d’évaluation objective, on atteint un gain de plusieurs milliards d’économies environnementales sur une seule année, une diminution considérable de la consommation d’espace (25 m2/ heure pour une voiture qui se déplace contre 0,6 m² pour un vélo), 1000 euros d’économies pour le système collectif, et 1,21 € par kilomètre parcouru pour l’ensemble du système de santé pour un cycliste préférant 30 minutes de déplacement vélo ou pédestre à l’utilisation de son automobile… Et on arrive ainsi à ce que, malgré un très faible taux d’utilisation de la bicyclette, une étude nationale qui sera présentée le 3 octobre prochain, permet de chiffrer à 7,2 milliards l’impact économique direct ou indirect de la pratique actuelle du vélo en France ! Bien évidemment, tous ces chiffres considérables ne changeront rien aux railleries des grandes gueules de tout poil, qui se moqueront des 60 contrats familiaux de déplacements vers l’école signés à Créon, des 4 000 vélos loués sur le modeste Point Relais Vélo de Créon, des 50 000 passages sur la piste Lapébie, des 2 kilomètres de pistes cyclables en site propre et à double sens, desservant tous les équipements sociaux communaux.
Être « grande gueule », c’est surtout parfois avoir de l’appétit et en l’occurrence un appétit d’avenir. Pas le nôtre, mais celui des enfants et petits enfants auxquels, selon un constat de Saint Saint-Exupéry, nous empruntons la terre.
A Annecy, des centaines d’élus, de techniciens et d’associatifs, comme ce sera le cas du 7 au 9 octobre prochain, sous « ma » présidence et en présence du secrétaire d’État aux transports à La Rochelle, pour le Congrès national des villes et territoires cyclables, ont constaté combien le décalage entre l’indifférence gouvernementale et la motivation du terrain est important. Mais que font les « Grandes Gueules », les vraies, celles qui préoccupent les écrans des télés et qui bavent sur un Grenelle de dupes!
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