L’éventualité d’une indemnité kilométrique pour les cyclistes salariés, proposée par le Club des Villes et Territoires cyclables depuis plusieurs années, est seulement envisagée par le premier plan national vélo, présenté par Thierry Mariani, ministre des Transports, qui a annoncé quelques … Continue reading
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Le pactole du « prête, emprunte, reprête et… gagne! »
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C’est tellement scandaleux que ce devrait être à la une de tous les médias, mais ils préfèrent agiter la polémique sur des extraits d’articles, absolument sans aucun intérêt pour le quotidien des Françaises et des Français. Mais c’est probablement l’éthique … Continue reading
Objectif vélo : pour la mise en œuvre du Plan national « Au travail à vélo »
Les élus du Club des villes et territoires cyclables, réunis en colloque à Paris le 6 avril 2011, sur le thème “Objectif vélo ! Comment le vélo prend sa place », ont débattu avec l’ensemble des acteurs de la mobilité : associatifs, experts, opérateurs… des démarches et des moyens pour que « le vélo gagne sa place tant sur la voirie, que dans les têtes ».Des noms de pierre pour des fantômes
Voici l’essentiel du discours que j’ai prononcé, devant plus de 150 personnes, pour le 11 novembre à Créon.
« Si l’on en croit cette dame respectée pour la qualité de sa pensée qu’était Marguerite Yourcenar « la mémoire de la plupart des hommes est un cimetière abandonné où gisent sans honneurs des morts qu’ils ont cessé de chérir ». Elle résume parfaitement ce qui risque d’arriver dans quelques temps pour les hommes dont le nom figure sur notre monument aux morts pour la France, si nous cessons de nous rassembler aussi nombreux qu’aujourd’hui autour de ce lieu symbolique.
Lentement, ceux qui ne sont plus que des lettres abstraites, gravées dans la pierre, ont en effet perdu toute consistance humaine. Ils n’appartiennent plus aux souvenirs de femmes, de fils, de filles qui pouvaient mettre un visage, un regard, un geste, un événement sur ceux qui sont devenus des fantômes de la Grande Guerre. Ils ne sont même plus dans les cimetières abandonnés des mémoires. Et pourtant, si l’on reconstituait ce qui a fait leur vie quotidienne avant que la mort ne les fauche, dans la boue, le froid, la puanteur ou la peur panique, pour les transformer en matricule porté sur une longue liste anonyme des victimes du devoir citoyen, nous retrouverions la vérité.
Tous jouaient un rôle social plus ou moins important dans la vie collective.
Tous avaient un engagement fort pour servir une famille, une entreprise, un service aux autres.
Tous avaient seulement l’ambition de réussir leur vie, alors que, morts en héros, ils ont, contre leur gré, réussi leur mort.
Cette guerre 14-18 a été celle de la souffrance durable au quotidien, celle des espoirs enterrés dans la triste réalité d’un affrontement cynique entre des gouvernements ignorant la volonté populaire.
Il y a un siècle aujourd’hui, toutes et tous étaient loin d’imaginer la tournure que prendrait leur vie.
Ils traversaient le temps au rythme des saisons, des récoltes, de l’école, des commerces, des bureaux ou des usines.
Ils étaient probablement indifférents à la chute d’un gouvernement Briand, incapable de réunir une majorité à l’assemblée, ou plus encore à la victoire écrasante des démocrates aux élections américaines avec, parmi les nouveaux venus un… sénateur socialiste.
Ils ne savaient pas encore que Jaurès, qui demandait la réintégration des cheminots sanctionnés pour leur participation au mouvement social, ne serait jamais écouté quand il affirmait, au Congrès de Copenhague, qu’il était nécessaire que les peuples se réunissent pour une action commune sur tout le continent, afin de faire reculer l’opinion dominante qui voulait que la guerre soit inévitable.
Ces hommes dans la force de l’âge étudiaient, travaillaient, avec le sentiment que seule la réussite individuelle conduirait au bonheur matériel.
Ils se retrouveront plongés dans un cataclysme collectif ressemblant à un tsunami sanglant, qui engloutira les consciences et qui assassinera toute volonté solidaire de ne pas justifier le fait que, dans de nombreuses circonstances, l’homme devienne un loup pour les autres hommes.
Ces noms sur notre monument aux morts portent l’affection des mères, des épouses, des frères ou des sœurs quand ce n’était pas celle naissante des enfants.
Ces noms sur notre monument aux morts ont été tracés avec la souffrance indicible, avec l’angoisse prégnante, avec le fracas des armes, avec le sang de ces soldats enfouis dans les ténèbres des tranchées.
Ces noms méritent, mesdames, mesdemoiselles et messieurs que nous passions une part de notre temps à tenter d’expliquer aux générations actuelles que leur présence n’est que la résultante de l’attachement de ceux qui les portaient aux valeurs de notre république.
Ces noms expliquent, par leur nombre, combien à leur retour, les mutilés, les gazés, les traumatisés psychiques ont immédiatement éprouvé le besoin de clamer : « plus jamais ça ! ».
La guerre, horrible machine à broyer les corps et les esprits avait été tellement monstrueuse, sur le front certes, mais également dans les familles, que plus personne ne pouvait envisager qu’elle renaîtrait dans l’esprit d’hommes de pouvoir. La guerre inhumaine, car dépassant la raison et la pensée, revient sans cesse dans une histoire dont personne n’est capable d’enrayer le cours. Les Jaurès existent encore, mais les hérauts de la vengeance, de l’attentat, des bombardements ne les entendent toujours pas !
Je vous remercie, au nom de l’équipe municipale, de tous les présidents des associations de mémoire, pour ne pas avoir, fidèlement pour la plupart d’entre vous, mis un mouchoir sur ce devoir de mémoire qui doit nous habiter dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres.
Rien n’est jamais acquis. Nous le constatons chaque jour. Il n’y a rien de plus fragile que la solidarité, la tolérance, le dialogue ou la paix. La violence perce dans tous les actes de notre société puisqu’elle plonge dans la tourmente des femmes et des hommes vivant leur destin social dans la plus grande des précarités. Ils sont fusillés socialement, pour l’exemple, dans une société du profit inhumaine.
Dans les tranchées, nul n’était sûr du lendemain et même parfois de l’heure et même de la minute suivante. Dans les familles, dont un élément était parti pour défendre des valeurs beaucoup plus solidement ancrées dans la société d’alors que dans la nôtre, personne n’osait imaginer le pire, qui finissait toujours par ne pas arriver qu’aux voisins.
Nous savons toutes et tous que le combat contre la mort est perdu d’avance, car l’issue que tout le monde espère la plus lointaine possible, est inexorable. En revanche, nous devons gagner, pour construire l’avenir qui repose sur notre capacité à mener le combat quotidien contre cet oubli qui conduit les sociétés au néant.
Je vous remercie encore chaleureusement et sincèrement de nous aider, par votre présence, à mener ce qui est devenu le combat essentiel de notre époque. Tout ce qui a été imaginé, construit, développé à partir du sacrifice de ces millions de citoyens soldats, n’est pas à jeter aux orties de l’histoire, comme notre pays est en train de le faire.
Pour ces noms, auxquels nous devons la fidélité, il nous faut affirmer que seul l’esprit collectif permettra de sortir le monde des spasmes qui l’assaillent.
Pour ces noms, auxquels nous devons le respect, il nous faut sans cesse être vigilants sur les germes de la haine et du mépris qui traînent dans les propos officiels.
Pour ces noms, auxquels nous devons reconnaissance, il nous faut rappeler ce constat de Foch : « parce qu’un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir ». Et nous sommes sur cette voie (…)
Les chialeux vous saluent bien !
L’émigration au Canada se résume par une réplique d’un légionnaire ayant croisé la route d’Astérix et Obélix. Cabossé, tuméfié, estropié par un évènement imprévu, il geint : » engagez vous, engagez vous, qu’ils disaient vous verrez du pays ! ». C’est vrai que l’on peut aisément trouver d’autres horizons, plus vastes, plus saisissants, plus époustouflants que ceux du quotidien de chaque arrivant. Comme partout en Amérique, tout devient gigantesque et l’Homme n’a qu’une place encore plus réduite que nulle part ailleurs. Les paysages, les immeubles, les distances, les projets, les sommes… ravalent toute initiative au rang de denrées ordinaires. Il faut, pour tout nouvel arrivant, trouver sa place dans ce monde de la démesure. Débarquant de son village, nombril du monde, ou de sa rue, artère essentielle à sa vie courante, il va jouer à la fourmi exploratrice. Se repérer, se situer au ras du trottoir, alors que tout se déroule dans les airs ou sous terre. Rude apprentissage que celui de trouver la « bouche » permettant de pénétrer dans les entrailles de cette cité des affaires courantes. Montréal devient un iceberg à l’approche de l’hiver, puisque la partie invisible pour le non initié se trouve sous le niveau du sol, alors qu’il a tendance à se promener le nez en l’air, pour admirer les immeubles prétendant gratter le ciel. Parfaitement tenue, elle offre absolument tous les services pour femmes et hommes s’inscrivant hors du temps.
Dans un dédale de couloirs s’étirent des centres commerciaux trouvant un éternel printemps, grâce à des flots de lumière artificielle aussi froide que l’air de la surface. Une fourmilière permanente avec ses gens pressés, ses flâneuses ou ses flâneurs, ses musiciens des rues, ses oubliés du profit, ses policiers nerveux, ses vendeurs de bouffe aseptisée ou de fringues dévaluées. Une pure transposition de la surface visible vers le souterrain invisible. Le Québec du développement durable a trouvé la solution pour effacer les saisons, en construisant des kilomètres carrés de puits canadiens, érigés en temples camouflés et climatisés du profit. S’habituer à cette vie d’hibernation institutionnelle ne participe pas de l’acte facile, même si les Québécois ont dans le coeur, selon une chanson célèbre, le ciel qui manque à leur bonheur… Impossible quand on débarque d’un pays du soleil, de descendre sans un pincement, dans ces boyaux de la mine de la consommation, où les investisseurs cherchent le bon filon.
Facile, quand on le veut, de repérer derrière les comptoirs, dans les rayons ou dans les couloirs rutilants, balais humides en mains, les » derniers ou les dernières arrivés ». Ils ne récolteront que des poussières dans cet Eldorado, dont ils ne pourront acquérir que peu de choses. Ils se hâtent, ils accomplissent machinalement leur boulot, regard baissé ou aussi bref que possible, afin de ne pas trahir ce que doit être pour certaines et certains la déception, la résignation, parfois le honte. Ils ont peur que celle ou celui qui est en face découvre cette part encore fraîche du rêve qui les a conduit là. Elle est là, humide, floue, imbibée d’espoirs, nimbée d’enthousiasme, truffée de prévisions, et surtout de soif de réussite souvent absente ailleurs. L’entrée dans le pays du libéralisme fait perdre ses illusions de profits rapides. L’engagement dans la « légion étrangère » repose bel et bien sur le principe de Goscinny ; « voyagez, voyagez vous verrez du pays ! », mais en oubliant d’ajouter que, pour le reste, il faudra renoncer à bien des éléments essentiels à ce que l’on considère, ailleurs, pour quelques arrivants, comme essentiel à son confort personnel. Lors de ce qui, qu’on le veuille ou non, reste « the struggle for life », il devient indispensable d’oublier ce que l’on appelle « contrat de travail », quelle que soit la durée du job proposé. La précarité n’a pas de limites, puisque tout se concocte hors de tout circuit organisé. Travailler, c’est accepter l’incertitude quotidienne, ou croupir. Aucune garantie contractuelle, des cotisations sociales aléatoires ou inexistantes, la loi du marché avec un principe clair : c’est ça ou c’est rien. tout est privatisé à outrance, de telle façon que les nantis vivent heureux, les classes moyennes soient toujours sur le fil du rasoir, espèrent évoluer un jour en catégorie supérieure, les pauvres qui, s’ils sont pauvres, « c’est qu’ils l’ont bien cherché » !
Le chacun pour soi et le profit pour soi règne en maître, au pays du sirop doucereux des érables. Cette société de l’exclusion par la réussite individuelle prend une toute autre allure quand on arrive de cette France des « chialeux », comme disent les Québécois sarcastiques, en parlant de leurs grands frères d’Outre Atlantique. La France se dirige à grands pas vers ce système de l’insécurité sociale institutionnalisée au nom de l’efficacité économique. Bientôt, il ne faudra plus traverser l’Océan pour constater que le libéralisme outrancier porte en lui les germes de la régression collective. Dans le fond, le rêve canadien semble surestimé, sauf si l’on cherche à se persuader que l’espoir existe sur toutes les terres. Il suffit de le chercher, de l’entretenir et de préserver les conditions pour le voir éclore. Les « chialeux » sont ceux qui renoncent, mais jamais celles et ceux qui luttent. Ici ou ailleurs ! Maintenant ou toujours. Sous terre ou en surface !
Canicule des affaires : rafraîchissez-vous la mémoire !
Tout est relatif… La gesticulation présidentielle permet, de temps en temps, de revenir sur des déclarations ou des comportements aussi éphémères qu’inutiles, mais il faut bien convenir que ce comportement ne résiste guère à l’épreuve du temps. Des paroles faussement pathétiques dans des circonstances douloureuses, des envolées musclées dans des moments de perdition, des promesses intenables lorsque la demande est trop forte, sont en passe de décrédibiliser l’ensemble de ce que les je sais-tout des médias appellent avec condescendance la « classe politique ». Il est vrai que cette dernière est bien mal en point. Crédibilité nulle, sincérité douteuse, collusions avérées, et pour finir, fiabilité inexistante dans les actes… Lentement, les sables mouvants du doute envahissent les esprits des citoyens consommateurs, pour laisser place à une forme de dégoût dramatique. Le mois de juillet 2010 deviendra, dans l’histoire, une référence.
L’affaire Bettencourt, ses trucages, ses manipulations, ses astuces de désinformation, ses zones d’ombre, ses manquements oubliés, ses magouilles absoutes, a ruiné tout le monde, sauf celles et ceux qui en ont profité. La saga a des allures de scénario d’une saison de « Dallas » avec ses trahisons, ses complicités, ses cocus et ses milliardaires. Mais aussi grave soit-elle, elle ne masquera pas le plus grave : les émeutes de Grenoble, car on est entré dans la liquéfaction de tous les principes républicains. Je vous livre une série de déclarations, toutes vérifiées et authentiques, qui démontrent que nous sommes au pays du mensonge permanent ! Morceaux choisis :
30/03/2007 : « Dans cette élection, il s’agit de savoir si l’héritage de Mai 68 doit être perpétué », ou s’il doit être liquidé une bonne fois pour toutes. Pour Sarkozy, mai 68 est responsable de tout : du dénigrement de l’identité, du communautarisme, de la faillite de l’école, du cynisme des capitalistes et même des parachutes dorés ! De la campagne qui s’achève, Sarkozy dit carrément : «Ce fut une campagne aux prises avec une crise morale comme la France n’en a peut-être jamais connu, sauf peut-être au temps de Jeanne d’Arc.» Le candidat de l’UMP tonne : «Les héritiers de Mai 68 avaient imposé l’idée que tout se valait, qu’il n’y avait donc, désormais, aucune différence entre le bien et le mal, aucune différence entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid. Ils avaient cherché à faire croire que l’élève valait le maître [...], que la victime comptait moins que le délinquant». «Il n’y avait plus de valeurs, plus de hiérarchie», lance-t-il, dénonçant la «gauche, héritière de Mai 68 [...]. Dans cette élection, il s’agit de savoir si l’héritage de Mai 68 doit être perpétué, ou s’il doit être liquidé une bonne fois pour toutes».
15/04/07 : « Nous avions renoncé à défendre les idées qui étaient les vôtres ». A coups de formules chocs, il a commencé à baliser le terrain en se déportant toujours plus à droite : «Peu m’importe si vous vous êtes tournés vers le FN par le passé. C’est parce que nous avions renoncé à défendre les idées qui étaient les vôtres», a-t-il lancé hier lors d’un pique-nique champêtre à Aix. De même il a dénoncé, comme Le Pen aime à le faire, «les combines des partis et les petits accords qui se préparent dans le dos des Français». Un temps envisagé, le recentrage de sa campagne n’est désormais plus possible.
02/04/07 : La France « exaspérée ». « La France exaspérée, elle existe », a déclaré le candidat UMP à la présidentielle lors d’une conférence de presse pour présenter son projet. « Et elle est exaspérée par quoi ? Par la contestation de l’identité nationale, par une immigration non maîtrisée, par la fraude, par les gaspillages », a-t-il dit. « Qui ne voit qu’il y a un lien évident entre la politique d’immigration non maîtrisée depuis 30 ou 40 ans et l’explosion sociale dans nos quartiers ? », a lancé l’ex-ministre de l’Intérieur. « Ça crève les yeux qu’il y a une liaison entre les deux », a-t-il insisté.
29/03/2007 : » Honnêtes gens qui payent leur billet ». « Quand je pense que deux candidats à l’élection présidentielle ont osé prendre la défense d’un individu, connu pour 22 délits, qui se permet de frauder et de ne pas payer son ticket dans le train ; qui, une fois interpellé, se permet de frapper des fonctionnaires qui font juste leur travail avec honnêteté, dans la légalité, qui déclenche une émeute avec des voyous qui cassent une gare, qui cassent des abribus ! »
« Si certains sont du côté des fraudeurs, moi je suis du côté de tous ces honnêtes gens qui [payent] leur billet », a insisté Nicolas Sarkozy. « Si certains défendent les émeutiers, moi je pense à tous ces gens qui travaillent dur et qui se disent, ceux qui cassent, ils cassent ce qu’on va payer avec le prix de notre travail. »
21/03/07 : Ministère de l’immigration et de l’identité nationale.La création d’un « ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale » est la réponse à ce grand défi de l’avenir, dans la continuité de l’action menée depuis 2003. Son objectif est de poser les fondements d’une politique cohérente, organisée, de l’immigration. Le ministre nommé à sa tête en assumera la responsabilité globale : définition du volume et des modalités de l’immigration, en fonction des capacités d’accueil de la France (emploi, logement) ainsi que de l’intérêt des pays d’origine ; co-développement ; adaptation des nouveaux venus aux principes fondamentaux de la République, au respect de la loi, à l’égalité hommes-femmes, à l’obligation absolue de parler le français. Le ministre disposera de ses propres services, issus des ministères de l’Intérieur, des Affaires étrangères et des Affaires sociales, tout en s’appuyant sur les autres ministères, en particulier l’Education nationale.
26/03/07 : le gouvernement pléthorique. Dans une interview accordée au journal Le Monde du 10 septembre 2006, à la question : « La pratique présidentielle américaine peut-elle vous inspirer ? », Nicolas Sarkozy terminait sa réponse par la phrase suivante : « Il y a à peine quinze ministres pour un pays de 300 millions d’habitants, et les ministères ne changent pas d’intitulé à chaque alternance ». Cette louange d’une certaine sobriété en matière de multiplication des postes ministériels chez nos amis américains est en contradiction avec l’annonce de la création, s’il est élu, d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale.
Début mars : on « naît pédophile ». Nicolas Sarkozy : Je ne suis pas d’accord avec vous. J’inclinerais, pour ma part, à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions pas soigner cette pathologie. Il y a 1200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année : ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense ».
6/03/2007 : Fabrique à clandestins. Le ministre s’est félicité d’avoir « assaini » la question de l’immigration, « centrale pour l’équilibre de la société française ». Grâce à lui, « la procédure de demande d’asile n’est plus une “fabrique à clandestins” ». Depuis 2002, 82 000 sans-papiers ont été reconduits, dont 24 000 en 2006 suivant les « objectifs quantitatifs » fixés aux préfets, et parfois suivant la technique des « vols groupés » et « charters », tandis que 35 000 migrants illégaux ont été refoulés avant leur entrée sur le territoire.
09/11/06 : Etrange affirmation du ministre-candidat à la présidence de la République lors d’une réunion publique à Saint Etienne en novembre 2006. Après une longue tirade, où il fait confession, sans rire, d’«humanisme»…, où celui qui n’hésite pas à organiser rafles et expulsions d’êtres humains, souligne que «la morale ça compte», «la spiritualité ça existe», et que «l’homme a une destinée», «je suis libéral au sens où je suis pour la liberté»,… il en conclut que «l’on ne peut pas faire n’importe quoi avec l’homme, qui n’est pas une marchandise comme les autres».
12/09/06 : Aller chercher fortune ailleurs. Sarkozy aime à dire que « la France, tu l’aimes ou tu la quittes ». Halliday l’a écouté. Mais Sarkozy ne devrait-il pas lui-même quitter la France? Car le 12 septembre 2006, aux Etats-Unis, il a ridiculisé la France (donc il ne l’aime pas ?) en s’excusant pour « l’arrogance » française et sa « grandiloquence stérile« .
20/06/2006 : La démocratie irréprochable, ce n’est pas celle où l’indépendance de la justice se confond avec l’irresponsabilité des juges. Pour lui, l’affaire d’Outreau ne signe pas l’impérieuse nécessité de respecter la présomption d’innocence, mais interroge la « responsabilité professionnelle des magistrats » (8 juin 2006). Il propose donc que ces magistrats répondent de leurs actes en cas d’erreurs. Ce qui revient à placer un tribunal populaire au-dessus de leur tête. « Au nom de quoi [dans] le seul domaine où on peut mettre des gens en prison, la question de la responsabilité professionnelle ne serait pas posée ? » Au nom de l’indépendance et de la sérénité de la justice.
10/11/05 : Les « voyous ». M. Sarkozy, qui a axé une grande partie de sa stratégie présidentielle sur son image de garant de la sécurité, dénonce de nouveau, dans un entretien fleuve à l’hebdomadaire L’Express, les « voyous » qui « rendent la vie impossible » dans les banlieues, où certains Français « vivent avec la peur au ventre ».
Un livre de 150 pages ne suffirait pas à publier tout et le contraire de tout. A Grenoble, on en est arrivé à ce que ce soit les policiers qui soient karchérisés moralement, puisqu’ils sont sous protection policière. L’escalade verbale et matérielle a atteint un tel niveau que nul ne sait où elle va nous conduire. En fait, la seule karchérisation réussie, c’est celle de la vérité et de la réalité. Pour le reste… à vous de juger !
Les vaches et le Ministre !
C’est affligeant et même parfois déshonorant pour la politique. On ne cesse de voir des images de visites des candidats en tous genres dans des lieux ou des espaces où ils ne mettent jamais les pieds en période « ordinaire » et où, d’ailleurs, dans deux semaines, ils ne reviendront même jamais. Des faux-culs, qui viennent « sur le terrain », comme ils disent, avec des caméras et des appareils photos et qui se moquent pas mal des propos qu’ils entendent. Quelle désolation de voir Xavier Darcos au cul des vaches, les mains dans les poches comme un badaud se promenant au zoo… Il est vrai que de ses passages au Ministère de l’Education et à celui du Travail, il a acquis une bien belle expérience de la traite en batterie des vaches laitières, ou des conditions d’achat de bovins non répertoriés et donc non en règle avec les lois… Sûr qu’en sortant des fermes, où il avait été conduit par des hobereaux distants, il a appréhendé la détresse actuelle du monde paysan. « En tant qu’homme de droite, je suis très déçu, car en deux ans, le gouvernement a ruiné l’agriculture », l’interpelle dès potron-minet un éleveur de Gironde pendant la traite des vaches, selon un journaliste du Monde!
D’ailleurs immédiatement, mercredi matin en conseil des Ministres, il est intervenu pour souligner auprès de ses collègues les erreurs commises depuis des mois par la politique agricole gouvernementale ou présidentielle. Les producteurs laitiers qui ne sont pas entendus, les viticulteurs qui crèvent avec des chais pleins, les producteurs de fruits et légumes abandonnés à la concurrence « libre et non faussée », doivent être rassurés : les candidats aux régionales veillent, et ils vont réduire la fraction sociale en train de se créer entre les « industriels » de l’agro-alimentaire et les vrais paysans, ceux qui survivent en attendant de mourir.
La presse quotidienne régionale s’est extasiée : Xavier Darcos, qui avait déjà découvert des pieds de vigne sur le canton de Sauveterre, y est revenu pour caresser la croupe de trois vaches « condamnées à mort » par les services vétérinaires, et donc le Préfet. Il est contre la « peine de mort » appliquée aux bovins non immatriculés, mais il ne s’oppose pas à l’expulsion des femmes, des enfants et des hommes sans papiers. Il souhaite, comme un vétérinaire ex-candidat du FN, un conseiller général UMP, et des élus locaux approuvant les réformes en cours, que ces braves productrices de lait finissent paisiblement leur vie dans une étable douillette. C’est un sujet capital pour l’avenir de la filière bovine, qui souffre du manque d’équité dans l’établissement des prix d’achat mais il faut savoir que la moitié des citoyens qui vont se déplacer pour les régionales se prononceront sur ce sujet tout à fait capital pour les générations futures. .
Qui peut comprendre que des Ministres ayant passé le plus clair de leur temps à taper sur les collectivités territoriales veuillent prendre le contrôle de structures condamnées ? Comment expliquer cet engouement d’élus UMP pour des régions qu’ils jugent par ailleurs coûteuses et inutiles, et pour des postes dont on sait dès maintenant qu’ils seront supprimés dans 4 ans ? Xavier Darcos a l’ambition de résoudre localement ou régionalement tous les problèmes, qu’il est, avec ses amis, incapable de résoudre nationalement. Il a des solutions pour les vaches laitières, pour les stocks de vin, pour l’emploi, pour les PME, les artisans, les petits commerçants, il sait ce qu’il faut faire pour rendre toujours plus de services quotidiens…mais malheureusement, rentré à Paris, il a perdu les recettes !
Il faut avoir un esprit partisan étroit pour ne pas être révulsé par cette mascarade, cette bouffonnerie consistant à expliquer que l’on possède des solutions à des difficultés globales ignorées depuis des mois par le gouvernement auquel on appartient et dans lequel, comme Valérie Pécresse, on ne va pas faire de vieux os ! La caution donnée par des élus de terrain ne suffit pas à faire oublier que les odeurs, les saveurs, les couleurs des étables ne parviennent jamais sous les ors de la République.
Jean Lassale (Modem) a au moins un mérite : sur ces sujets, il sait au moins de quoi il parle. Le cul des vaches, il connaît vraiment. Et ce n’est pas trahir mes idées que d’affirmer que sa crédibilité est infiniment supérieure à celle d’un enseignant qui n’a même pas pu réformer les lycées, qu’il doit pourtant parfaitement connaître. Alors les vaches ? il les connait depuis qu’il a vu Marguerite dans un film de Fernandel !
L’avantage d’Alain Rousset, c’est qu’il n’a jamais cessé de parcourir l’Aquitaine et de rechercher le contact avec ces femmes et ces hommes qui.. savent de quoi ils parlent. Son jardin, ses moutons, son amour pour la vallée d’Aspe, son passage par des mandats concrets (vice-présidence sociale du conseil général) l’ont rapproché des réalités. C’est ce qui fait sa force, beaucoup plus que son étiquette politique. Il n’a jamais été contre, toujours contre, sempiternellement contre tout ce qui est pour, comme les verts qui capitalisent les oppositions. Opposition au grand contournement autoroutier, opposition à l’autoroute Bordeaux Pau, opposition à la LGV, opposition à la centrale nucléaire du Blayais, opposition à l’incinération maitrisée des déchets… rassemblement des égologismes divers, pour expliquer que tout irait mieux dans tous les mondes possibles, si le progrès raisonnable et raisonné était condamné. Je m’estime aussi « écolo » que n’importe quel « écolo » revendicateur, prédicateur ou vengeur, car c’est en construisant, en avançant, en tentant de répondre aux besoins de manière cohérente, via le pacte social, citoyen et durable passé à Créon entre élus et population que l’on fera avancer les choses.
Aujourd’hui j’ai travaillé, par exemple, sur un contrat de 700 m² de surface de photovoltaïque sur les bâtiments communaux, j’ai présenté l’opération « L’autre chemin de l’école » avec « l’équibus » et les contrats déplacements familles à un éducateur hippique, j’ai travaillé sur l’audience que je dois avoir sur les plans vélos et urbanisme avec le Ministère du logement… mais c’est vrai, je ne suis pas allé flatter le cul des vaches. Il est vrai aussi que, chez mon grand-père italien, j’ai longtemps reniflé l’odeur de l’étable, contemplé le ciel des toiles d’araignées, transporté les fourchées de foin, ou mené les vaches au pré… Alors, je sais que ça n’a rien de spectaculaire, sauf pour un Ministre du travail qui sait de quoi il parle !