Usurpation, stigmatisation martyrisation, mystification : signé Z

L’annonce faite au peuple de la candidature de « Z » qui aurait pu trouver un rôle dans le film éponyme de Costa-Gavras, sera probablement dans les années futures largement étudiée dans les IUT ou les Universités. Cette vidéo disséquée par les spécialistes de la communication contient en effet bien des éléments dont on aurait tort de sous-évaluer l’impact. Dans le fond elle a tellement été travaillée que le document en devient une accumulation de « recettes » propres à la propagande d’un autre temps.

A l’image de l’intervenant le document manque singulièrement de finesse. Croire que c’est une maladresse ou une absence de technicité serait une erreur. Le décor, la présentation, le style correspond parfaitement aux propos tenus. Le contenu réactionnaire, fleurant bon celui de la fin des années 1930 ne pouvait être distillé dans un cadre moderne et flamboyant. Volontairement sombre, sentant la cire, basé sur la référence à l’écrit avec des volumes de collection d’écrivains du temps passé, le contexte n’avait pas d’autre objectif que de rassurer celles et ceux qui s’opposent farouchement au modernisme.

La tendance « c’était mieux avant » dans cette France des meubles solides, des ouvrages achetés au mètre linéaire mais jamais lus, des messages délivrés par la TSF a bien dû plaire aux nostalgiques du temps passé. Lui qui combat les idéaux des « Lumières » et tient des propos sur le déclin et les menaces pesant sur l’avenir avait choisi d’offrir une évocation passéiste de premier ordre. Quand en plus il vous est reproché votre instabilité, votre morgue, votre médiocrité, un simulacre de message comparable à celui usurpé du 18 juin ne peut que trouver un écho dans cette catégorie de une population avide de références. Heureusement cette mise en « ondes » aura probablement déboussolé les quelques jeunes ou moins jeunes pour qui les repères historiques ne sont pas légion. 

L’autre facette du travail des communicants ayant imaginé ce » retour vers le futur » réside dans l’accumulation des mots. Une densité qui rendait impossible une prise de parole sans référence écrite. Si « Z » est un habitué du débat avec des argumentations simplistes mais provocatrices, il aurait été mal à l’aise pour débiter en un temps limité tous les termes que son auditoire voulait entendre. Une sorte de recueil des saloperies indispensables pour titiller les plus bas instincts et qui ne peuvent pas habituellement être empilés.

L’essentiel résidait dans la volonté d’offrir au moins deux ou trois mots ordinaires pouvant réjouir celle ou celui qui les attend et les entends. Bien évidemment « immigration » aura été le point d’appui pour déverser « expulsion » ; « migrants ». « domination » ; « islam » ; « problèmes » ; « exilés », « dépossession », « déclassement » ; « remplacement » « occupation » ; «étranger »… Le jardin à cultiver est celui des horreurs et des angoisses alors autant semer les graines qui écloront dans quelques mois.

Le summum tient dans ce qui sera probablement un slogan dans les semaines à venir : « « Il n’est plus temps de réformer la France, mais de la sauver ! » L e fameux « ennemi de l’Intérieur » dont on sait combien il a joué un rôle malsain dans les périodes sombres de l’histoire est de retour. Il s’agit même de les désigner pour les offrir par catégories puis nommément en pâture aux déçus par leur statut ou leur situation. La liste ressemble étrangement à celle qui ont circulé avant la catastrophe de la dernière guerre mondiale.

Le se présente comme le chevalier blanc, porte-parole des Français qui sont « méprisés par les puissants, les élites, les bien-pensants, les journalistes, les politiciens, les universitaires, les sociologues, les syndicalistes, les autorités religieuses ». Il ajoute « les gouvernants (…) de droite comme de gauche » et bien entendu « les technocrates ». « Z » se victimise en se rangeant dans la catégorie des « méprisés » ce qui lui permet d’activer le vieux ressort de la victimisation essentiel en pareille circonstance. Il accompagne cette mise en cause d’exemples pour que l’on identifie clairement les gens qu’il faut « déloger » ou se méfier.

Lorsqu’il fustige les « puissants », l’image de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se pointe. Pour les « élites », c’est l’économiste Jacques Attali, qui précède Aymeric Caron, accolé lui aux « bien-pensants ». Yann Barthès de quotidien illustre les comportements néfastes des journalistes, Éric Dupond-Moretti les « politiciens », le philosophe Bernard-Henri Lévy les universitaires, Éric Fassin les sociologues et le patron de la CGT Philippe Martinez les syndicalistes. Seules les autorités religieuses pourtant nommées ne sont pas désignées et pour cause… pusique certains d’entre eux ferment les yeux sur ses propos « charitables ». Il y en aura d’autres dans les jours qui viennent.

Pour la mystification il vole les images des uns et eds autres et il invoque honteusement les morts car il sait que ni Johnny (racines belges), ni Barbara (racines moldaves et ukrainiennes), ni Brassens (mère italienne), ni Aznavour (Arménien), ni Belmondo (racines italiennes) pas plus que Victor Hugo, Chateaubriand, Pascal, Descartes, La Fontaine, Molière, Racine ne protesteront ! Pour faire bonne mesure il ajoute : Alain Delon, Brigitte Bardot qu’il sait ne pas lui être trop hostiles. Inutile de rire de cette mascarade car son inefficacité reste à démontrer.

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Le « protectionnisme » sanitaire attise le nationalisme rampant

Le « protectionnisme » hante les esprits. Les barbelés, les murs, les barrières, les fossés sont devenus les propositions essentielles dans tous les pays qui ont les moyens financiers de les mettre en œuvre. Alors que la mondialisation des échanges commerciaux et surtout des flux financiers n’a cessé de croître certains réclament encore et toujours le rétablissement et la fermeture des frontières. Pour eux la solution à toutes les difficultés rencontrées sur un territoire consiste à remettre en place toutes les barrières physiques.

Le protectionnisme est en effet une politique économique interventionniste menée par un État ou un groupe d’États, consistant à protéger ses producteurs contre la concurrence des producteurs étrangers. Mais il est dépassé par l’arrivée sur la planète des diverses formes de Coronavirus. Désormais en quelques heures, la décision de s’isoler en refusant toute entrée sur le territoire par voie aérienne aété prise afin affirme-t-on de stopper l’arrivée du virus. Chaque jour en cette période de progression du variant Omicron les aéroports se ferment et les avions s’arrêtent. Pas plus mal pour le climat mas très inquiétant pour les équilibres géopolitiques. 

Israel aura été le premier à décrété que plus un seul voyageur en provenance de l’étranger poserait son pied sur son sol/ Dans la nuit de dimanche à lundi le trafic aérien a été interrompu à la suite de la détecton…d’un cas confirmé de contamination par ce nouveau variant potentiellement plus contagieux et jugé « préoccupant » par l’Organisation mondiale de la santé, et sept cas suspects. Les autorités marocaines avaient annoncé la suspension de tous les vols de passagers « à destination du Maroc » pour une durée de deux semaines, à compter de hier soir. Les départs en revanche seront possible pour le rapatriement après accord de la nation de destination. L’Australie a également renforcé son splendide isolement et le Japon va refermer les portes à tous les visiteurs étrangers. De partout le « protectionnisme » sanitaire se met en route ce qui dans le fond est dans l’air du temps.

Après les deux vols KLM et l’arrivée des 61 passagers infectés (dont 13 omicron), l’aéroport de Schiphol à Amsterdam, véritable plaque tournante des compagnies aériennes en Europe, a interdit tous les vols en provenance de plusieurs pays d’Afrique australe. De nombreux pays ont emboîté le pas des Néerlandais ce week-end : Nouvelle-Zélande, Thaïlande, Indonésie, Singapour, Sri Lanka, Maldives, Arabie saoudite, Qatar, Émirats arabes unis… Le Brésil, le Canada, l’Iran et les États-Unis qui avaient déjà des restrictions en place les maintiennent. La liste s’allonge d’heure en heure.

Il serait utile de s’interroger sur le système soit-disant protecteur qui avait été mis en place. Tests réputés efficaces avant le départ, passes plus ou moins obligatoires, tests à nouveau à l’arrivée… Contrôles multiples. Vaccination obligatoire. Gestes barrières dans l’avion. Mise en quarantaine dans certains pays avant de pourvoir se déplacer…  Cette ltitude de précautions n’a donné dans le fond aucun résultat probant puisque partout Omicron a migré. Il semble se jouer comme tous les précédents des détections ou des précautions. Aucun pays n’a échappé au fil des heures à la contamination par des voyageurs de retour de certaines zones africaines. Comme il n’y a pas de protocole international réel (que fait l’OMS ?) la seule réponse est d’éviter de les appliquer en fermant le circulation des personnes mais pas des biens. 

Les conséquences seront considérables pour des économies basées sur le tourisme et déjà extrêmement fragilisées. Le gouvernement sud-africain exprime à cet égard une forte déception puisque le protectionnisme sanitaire en vogue débouchera pour lui sur une catastrophe économique. L’annonce de la découverte dans leur pays d’un nouveau variant a en effet généré en rien de temps une onde de choc mondiale, condamnant de fait pour une durée indéterminée l’Afrique du Sud à l’isolement. « L’interdiction de voyager n’est pas fondée scientifiquement et ne permettra pas d’éviter la propagation de ce variant. La seule conséquence est d’abîmer plus encore l’économie des pays affectés et de miner leur capacité à faire face à la pandémie »a déclaré le Premier ministre. 

N’empêche que partout de par le monde l’idée du repli sur soi salvateur progresse et va s’installer dans les esprits. D’ailleurs les tenants de cette vision étroite de la vie humaine liée au respect de frontières totalement artificielles exultent. Ce que leur propagande n’a pas réussi à imposer, la Covid y parvient… est c’est sûrement durable ! La liberté de circuler fondatrice de l’union européenne a du plomb dans l’aile. 

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L’honneur c’est de ne jamais céder un doigt d’espace au racisme

En fait dans la France du XXI° siècle il est plus préjudiciable pour un homme politique d’être photographié en effectuant un « doigt d’honneur » qu’en proférant les pires propos racistes ou en revisitant de manière inquiétante l’Histoire. Pas question de minimiser un geste démontrant le niveau argumentaire de celui qui a répondu à une provocation par ce qui dans le fond n’est qu’une preuve d’impuissance et de mépris. La condamnation a été unanime alors que l’on sent bien que quand le même individu éructe sur les « mineurs étrangers isolés » l’opinion de plus en plus dominante approuve par un terrible silence.

Le pourfendeur des migrants terrés dans les endroits les plus insalubres ou les plus précaires et pourchassés, a beau avoir été condamné par deux fois pour provocation à la haine, faire face à un nouveau procès pour des propos tenus à la télévision sur les migrants isolés, rien ne paraissait avant cet avatar pouvoir remettre en cause sa marche à la candidature. Il l’annoncera de manière imminente, et en prélude à un grand meeting prévu au Zénith de Paris en fin de semaine. Mais contrairement à ces condamnations et à ces procédures judiciaires, un doigt d’honneur paraît de nature à déranger ce programme. Rien sur le fond ne gêne son ascension alors qu’un instant saisi par un objectif libère quelques consciences.

« Son doigt d’honneur, il l’a fait à l’extrême gauche (sic), à ces gens qui ne veulent pas que la démocratie fonctionne aujourd’hui en France (re-sic) », l’un des membres de l’association qui le soutient. Il a ajouté tout de go qu’il s’agissait dans le fond qu’un « comportement humain », un « geste spontané » et « il a eu raison de ne pas se laisser faire ». Rien de nouveau. Le fanatisme occulte tous les critères objectifs de jugement et c’est justement sur ce constat que le « justicier » prétendant au « trône républicain » suprême bâtit toute sa stratégie.

La vie politique française plonge à toute allure dans le néant. Les débats entre les candidats de la droite en ont été l’illustration avec une course effrénée au « toujours plus » dans les mots relatifs à l’immigration. Pas grand chose d’autre puisque il ne faut donner en pâture aux électeurs potentiels que les outrances que la « bouillie » correspondant à leurs envies. Dans le fond on peut arriver dans quelques jours à ce que la désignation vraiment possible du roquet niçois ajoute un troisième candidat à la récupération de la France déboussolée.

De partout les systèmes démocratiques craquent. Les doigts d’honneur aux valeurs humanistes se multiplient. Les dictateurs avérés ou dissimulés ne se gênent plus pour pratiquer en guise de diplomatie cette méthode élégante de répondre. En Pologne, en Hongrie, en Tchéquie, en Biélorussie, en Russie, en chine, au Brésil pour ne citer que les plus évidents, les « doigts d’honneur » officiels ridiculisent les défenseurs pourtant très mesurés et prudents d’une vision acceptable du vivre ensemble. Ils pullulent. Désormais on rangera sans aucune surprise les Anglais de Boris Johnson dans la même catégorie. C’est historique.

L’origine de cette provocation daterait en effet date du Moyen-Âge, et provient de la guerre opposant les Français aux Anglais. Au cours de ce conflit nous opposant à nos chers voisins britanniques, lorsque l’on capturait un archer anglais, on lui coupait l’index et le majeur, afin qu’il ne puisse plus être en mesure de décocher ses flèches. Il n’y avait donc rien d’obscène dans ce comportement mais une manière de détruire physiquement celui qui avait eu un avantage sur vous. L’agité fascisant de Marseille a reconnu « un geste inélégant » mais il sait fort bien que son image de « mec qui en a » ne pâtira pas de cet incident.

On peut même se demander si son électorat putatif ne considérera pas que c’est un résumé de son programme. Celles et ceux qui tentent de défendre ou au moins de combattre les idées simplistes sur l’immigration sont malheureusement inaudibles face au déferlement de haine larvée ou de contre-vérités affligeantes. Un «  doigt d’honneur » suffit alors à conforter l’héroïsme de celui qui se bat contre ces idiots prônant la liberté, l’égalité et la fraternité.

Comment ne pas penser à ce constat de Philippe Geluk : « la bêtise est nettement supérieure à l’intelligence car toute l’intelligence du monde ne permettra jamais de comprendre la bêtise universelle, tandis qu’un peu de bêtise suffit amplement à ne pas comprendre quoi que ce soit d’intelligent. » Si l’on conserve un doigt de l’honneur qui doit être dans tout citoyen , il ne faut surtout pas renoncer au combat des idées.

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Un vendredi très « rose » pour les ventes en ligne qui explosent

Lentement mais inexorablement les habitudes de consommation sont modifiées sans que par ailleurs le système de distribution puisse s’adapter. Même si la crise sanitaire a contraint bien des commerces ou des prestataires à modifier leurs pratiques, il reste bien du chemin à parcourir. On parle d’un renouveau de la eproximité » ce qui ne recouvre plus une vraie réalité puisque des sites proposent des livraisons gratuites à domicile en 24 h alors qu’il faut parfois sur certains territoires des heures de déplacement pour accéder au même produit. Les achats du quotidien restent encore dans l’environnement immédiat alors que tout ce qui devient « exceptionnel » se répartit sur des supports lointains capables d’assurer un service rapide qui n’en majore pas le prix !

Les confinements et les mesures destinées à contenir la pandémie ont en 2020, largement profité aux ventes via internet. Elles ont atteint 112 milliards d’euros grâce à la digitalisation accélérée du commerce de détail soit une hausse globale de + 8,5 % d’une année sur l’autre Le e-commerce représentait au cours de 2019, 9,8% du commerce de détail  il en représente un an plus tard 13,4%. Si les produits achetés progressent de la bagatelle de + 32 % on assiste (et c’est logique dans le contexte sanitaire) à une baisse de 10 % pour les services avec un effondrement du secteur du tourisme à – 47 %.

De plus en plus d’acteurs économiques ont franchi le pas pour tenter de capter une part de ces progressions spectaculaires et pas moins  17 400 sites supplémentaires ont été créés en 2020 ce qui traduit une tendance inexorable. D’une part les exigences posées par la lutte contre la Covid-19 ont une influence sur la manière dont la clientèle effectue ses achats (on craint le contact physique et on évité les lieux sur-fréquentés) et les non-vaccinés ne bougent plus. L’arrivée de la fibre optique a par ailleurs grandement amélioré l’accessibilité aux plates-formes de toutes tailles. On commande plus vite et dans de bonnes conditions techniques. Tant que les délais de livraison restent proches il n’y aucune raison de ne pas profiter des opportunités multiples en matière de e-commerce. D’ailleurs le panier moyen a progressé de 3,38 % entre 2019 et 2020.

Par ailleurs s’installe en France le Black Friday (si vous n’en n’avez pas entendu parler consultez votre audio-prothésiste) qui en théorie s’est achevé à minuit en ce 26 novembre. On ne connaît plus vraiment la durée de cette opération importée des USA. Les 24 heures initiales n’ont plus aucun sens puisque la concurrence provoque des ouvertures plus d’une semaine à l’avance et s’étire sur plusieurs jours plus tard. Une débauche de pourcentages de rabais, de réduction dont il est vraiment difficile de mesurer la sincérité s’étale par mails ou sms.

Cette journée qui constituerait une aubaine pour les accros au shopping et les prévoyants qui peuvent en profiter pour faire leurs courses de Noël à moindre coût est aussi celle des cybercriminels et autres arnaqueurs, qui tentent de tirer parti d’une frénésie consumériste. Le Français est obsédé par la bonne affaire. Il ne regarde que le montant de son achat impulsif sans trop se soucier de la véracité des tarifs. Le fameux rapport « qualité-prix » n’a plus d’impact. L’importance du chiffre d’affaires réalisé durant cette période engendre des trucages avec au cours du mois précédent une augmentation du prix ce qui permet ensuite d’afficher des ristournes spectaculaires.

De faux sites apparaissent disparaissent avec la complicité passive des supports mondiaux ravis d’encaisser des pubs. Certains n’hésitent pas, ainsi, à créer de fausses boutiques en ligne ou des clones de boutiques connues, remplies de promotions mais aussi de produits imaginaires dont vous ne verrez jamais la couleur. Dans ce contexte, il faut privilégier les sites marchands français sur lesquels vous avez déjà acheté et qui vous ont offert un service satisfaisant paraît une bonne idée. Bref les achats en ligne nécessitent une méfiance particulière !

Le « vendredi noir » a connu depuis 2013 une progression de 167 % (2013-2020) et il n’y a aucune raison que 2021 ne pulvérise pas le total de l’an passé qui a atteint sur 48 heures la faramineux total de 5,3 milliards dont 4 en boutiques. Ce phénomène a beau être critiqué comme une caricature de la surconsommation force est de constater qu’il progresse sans arrêt rendant la période soldes obsolète. Il existe cependant un mouvement qui prend de l’importance : l’émergence du marché de la seconde main favorisant une consommation plus responsable. Il faut y croire.

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Les naufragés morts au champ de notre déshonneur

Mercredi le variant Delta a causé le décès si l’on se fie aux statistiques, de 52 personnes sur tout le territoire français. Un nombre qui a mobilisé avec toutes ses nombres et graphiques afférents, le gouvernement et tous les pouvoirs publics. Des annonces solennelles avec un déploiement médiatique considérable tentent de persuader des millions de Français de toutes les générations qu’il faut prendre soin des autres en les protégeant de la contamination. Les moyens proposés sont à la mesure de cette crise pour laquelle les qualificatifs utilisés enflent au fil des jours. La mort nous effraie.

Dans la Manche 27 humains, jeunes pour la très grande majorité d’entre eux, ont perdu la vie lors de ce qui était pour eux la traversée de l’espoir. Noyés dans une mer mouvante, sombre, glacée ils ont donné un coup d’accélérateur à un recensement des disparitions dans des conditions similaires. En fait l’émotion aura duré quelques heures et généré le déplacement du patron des forces pour lesquelles l’ordre réside dans la destruction des tentes ou des abris de mauvaise fortune de ces prétendants à la traversée. Bien évidemment personne ne saurait être « responsable » et encore moins « coupable » de ces événements dramatiques. 

Avec une lucidité salvatrice, tout ce beau monde « affligé » qui lâche des larmes de crocodiles a déniché les coupables : les passeurs ! Une « révélation » subite permettant bien évidemment d’éviter le débat de fond. Inutile de préciser que depuis l’origine des temps, dans toute migration il existe des « exploiteurs » de l’espérance des autres. S’il a fallu attendre ce terrible naufrage pour que débute la chasse aux profiteurs du désespoir de ces quelques milliers d’êtres humains croyant que leur avenir se trouve de l’autre coté de l’un des couloirs maritimes le plus fréquenté, c’est affolant. Il y a longtemps que celles et ceux qui s’intéressent tant soit peu aux « passeurs » savent qu’ils sont installés en Angleterre pas loin de ce temple du profit qu’est la City. Il brassent des millions et ne férquenetn que les piscines chauffées. 

Ce drame a une valeur hautement symbolique puisque l’embarcation des malheureux migrants aurait été heurtée par l’un de ces navires qui traversent les océans pour apporter à nos sociétés ces biens devant satisfaire nos appétits de consommation. Souvent d’ailleurs ces cargos sont chargés des matières premières, des denrées venant des pays quittés par ces femmes (rares) et ces hommes en quête de ce monde meilleur qui n’est plus celui de leurs origines. On ne connaîtra jamais la vérité sur cette collision puisque le « géant » ne s’en est probablement pas aperçu. Que pèse d’ailleurs 27 vies de migrants face aux impératifs de la circulation des monstres des mers et au prix de leur cargaison ? 

La réponse a été immédiate de la part des Anglais : mépris intégral au nom des intérêts électoraux, de ces demandeurs d’asile ayant choisi souvent à cause de leur langue et des liens familiaux, de gagner à tout prix les rivages face à Calais. Seule proposition : fournir à la France (sous-entendu incapable de contrôler ses cotes) des hommes et du matériel supplémentaires pour empêcher cette migration maritime. Le cynisme absolu. Comment ne pas se souvenir que les médias britanniques avaient indiqué il y a quelques mois que l’échevelé d’Outre-Manche avait agité la menace de ne plus verser sa participation financière ( 62,7 millions d’euros promis en 2021) pour le contrôle de la frontière. Une manière de se défausser sur la France et plus encore de satisfaire son opinion publique. Le sale boulot pour les Français. La gloire pour Jonhson! 

Au 20 novembre, 31 500 migrants ont en effet quitté les côtes françaises depuis le 1er janvier 2021 et 7800 migrants ont été secourus en mer.  En 2020, les traversées et tentatives de traversée avaient concerné quelque 9500 personnes, contre 2300 en 2019 et 600 en 2018. Aucune des mesures prises ne stoppe l’envie de tourner la page d’existences désespérantes. Peu importe le danger. C’est une constante de toutes les migrations. On n’enseigne pas en Grande-Bretagne que le « Mayflower » en 1620, transportait des dissidents religieux anglais, les Pilgrim fathers ou « Pères pèlerins », et d’autres Européens à la recherche d’un lieu pour pratiquer librement leur religion.

Une tempête avait bien failli les priver de leur installation dans le nouveau monde qui conduisit un fameux « grand remplacement » sur tout le continent. Oublié qu’entre 1819 et 1840 environ 743 000 immigrés arrivent aux États-Unis. Parmi eux plus de 80 % d’Irlandais (335 000), d’Allemands (155 000) et de Britanniques (103 000). … Entre 1840 et 1860 plus de 4 millions d’Européens sont arrivés aux États-Unis. 75 % d’entre eux venaient d’Irlande et d’Allemagne.

Sur les 27 migrants morts, 17 étaient des hommes, 7 étaient des femmes dont une enceinte et 3 passagers « jeunes » sans plus de détail sur leur âge exact. Les victimes sont originaires du Moyen-Orient. Ils sont morts au champ de l’horreur et de l’indifférence. Ils sont les morts d’une « guerre » qui ne fait que commencer. Ils sont les morts de notre déshonneur.

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Pénurie… le mot oublié qui effectue son grand retour

La France dont le rebond économique sur les bases de celles que l’on connaissait avant la crise sanitaire est indéniable. Les entreprises auraient si l’on se fie aux affirmations officielles retrouvé un niveau d’activité similaire. La consommation des fameux « ménages » se porte bien avec pour preuve le fait que les livrets d’épargne, pour ceux qui peuvent en avoir un, se sont un peu vidés du trop plein accumulés durant le confinement. Les mesures annoncées pour endiguer la cinquième vague incitent même à acheter dès maintenant pour la période de fin d’année.

Le fameux Black Friday qui avait déchaîné les passions l’an passé va probablement pulvériser les records tant l’envie d’achats est forte dans cette période où la notion d’avenir reste limitée. Les ventes par internet franchiront un cap supplémentaire poursuivants a progression vers des parts de marché que l’on pensait inaccessibles. L’arrivée croissante de la fibre optique peut à cet égard favoriser cette mutation surtout en zone rurale dépourvue de commerces répondant aux attentes. Le virus, comme dans tous les domaines en portera la responsabilité !

Il serait aussi la cause d’une nouveauté que les pays dits « majeurs » n’avaient plus connue depuis des décennies : la pénurie. Certes au début de la pandémie les rayons des supermarchés avaient été délestés des rouleaux de papier réputé hygiénique. La notions de « réserve de précaution » s’était appliquée à bien d’autres produits dits de « première nécessité ». Il avait fallu des appels au calme et l’assurance donnée aux stockeurs de feuilles molletonnées pour que la ruée se calme. Il est à craindre que le phénomène se prolonge dès le début décembre quand les comptes en banque se seront regonflées.

En fait les pénuries actuelles ont un coté moins poétiques mais elles ne cessent de s’aggraver hypothéquant fortement la reprise. Le pays manque de bois, d’acier, d’aluminium, de composants électroniques, de cuivre, de verre, de papier, de blé et a même failli être privé par le dictateur biélorusse de gaz quand il craint aussi qu’un épisode de froid intense augmente la consommation d’électricité jusqu’à une éventuelle rupture. Sur tous les chantiers ou dans le quotidien les constats sont les mêmes : « je ne trouve que difficilement de l’approvisionnement et les prix flambent. Je ne vous garantis pas que j’aurai les produits demandés et si je les ai je ne connais pas les délais de livraison »… Et l’inflation s’accélérera inexorablement.

Le principe clé de la croissance reposant sur l’adéquation entre l’offre et la demande va aggraver une situation. La vraie question qui nécessiterait une enquête devient alors la première question suivante : les producteurs ou les fournisseurs dans le cadre de la mondialisation n’ont-ils pas « organisé » des pénuries pour pouvoir augmenter sans problème leurs tarifs ? » Ce qui devient rare ou annoncé comme rare devient plus cher !Toutes les carences quantitatives sont-elles réelles ou feintes ou sont-elles le fruit de campagnes médiatiques profitables ?

Les rythmes de productions restent encore inégaux selon les régions du monde, couplé à une reprise mondiale de l’activité entraînant de longues files d’attente pour le fret, notamment maritime, avec une priorité à celui qui paiera le plus, conséquence d’une flambée des prix de toute part… qui se répercute déjà au moment de passer en caisse.

Les vignerons du bordelais sont par exemple concernés en France par l’envol des tarifs appliqués sur des matières nécessaires à leur activité. Augmentation entre 25 et 30% sur les cartons, sur les bouchons entre 5 et 8%, la bouteille en elle même prend entre 6 et 10%,, l’augmentation est générale. L’augmentation sera en moyenne en France de 30 à 50 cents sur la bouteille de vin si les faibles marges habituelles sur le vin d’appellation contrôlée de base veulent demeurer. Les containers indisponibles ont bon dos… pour des fabrications européennes.

Du côté de l’habillement, le prix du coton a augmenté de 47% en un an, contre 43% pour la laine. Coté papier ce n’est guère mieux car là le problème est mondial, car la demande a explosé avec la croissance continue du e-commerce et la reprise économique. La demande au fournisseur qu’est la Chine n’a jamais été aussi importante et le prix de la pâte à papier a bondi de plus de 45% en huit mois. Plus d’usines en France et donc il faudra attendre car la montée du commerce en ligne a provoqué une augmentation considérable des colis et donc du carton et des emballages. Comme il est beaucoup plus rentable de fabriquer ces spécialités que des papiers de base pour l’édition en général (journaux, magazines, livres) des décalages dans les livraisons s’aggravent.

« Pénurie » un mot oublié qui va revenir dans le quotidien alors que nous sommes toujours plus sous l’influence de la publicité dans la société de la surconsommation.

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Le château de cartes à un stade très instable

Lorsqu’il a fallu rassembler les financeurs potentiels du « grand stade » bordelais, le Conseil général d’alors a été traversé par des turbulences. Les pressions venant de la Mairie de Bordeaux, du club via son Président et son propriétaire ont été pressantes. Les entretiens se sont succédés avec des démonstrations se voulant rassurantes d’abord sur le financement de la construction puis sur l’exploitation. La rentabilité était assurée disait-on grâce à la présence de M6 dont l’assise financière garantissait une équipe de haut niveau ainsi que par une capacité, affirmée dans le dossier, de créer un événementiel qui améliorerait les recettes. De la poudre de perlimpinpin qui a rendu méfiant les élus en charge des finances départementales.

« Croix de bois, croix de fer…nous serons toujours là pour animer cet équipement indispensable pour que nous restions aux Girondins » affirmait un certain de Tavernoz. Quant à Alain Juppé Maire de Bordeaux sachant que de toutes les manières la situation de la ville qu’il dirigeait flirtant déjà avec le rouge il finirait de toutes les manières par refiler l’ardoise à la Métropole dans le cadre d’échanges de services liés à la cogestion il agitait l’irresponsabilité de priver la Gironde d’un tel équipement n’ayant pourtant aucun usage public.

La participation de l’instance nationale de financement des grands équipements (le loto sportif) était sollicité pour 50 millions dans un système où tout le monde était beau et gentil avec Bordeaux. Ayant siégé par la suite comme représentant des Maires de France dans l’instance examinant les projets de ce type j’ai découvert que 20 millions étaient déjà une belle attribution et que personne ne pouvait espérer davantage compte-tenu des subsides. C’est d’ailleurs la somme qui fut finalement accordée obligeant au passage le CNDS compte-tenu des autres projets… d’emprunter massivement pour financer les structures destinées à accueillir l’Euro de 2014. Les collectivités locales ajoutèrent 17 millions pour la ville de Bordeaux ; 15 millions pour la communauté urbaine et 15 millions par le Conseil régional. Au total la puissance publique alignaient 67 millions !

Il fut expliqué que tout le monde récupérerait sa mise avec des retombées indirectes toutes plus hypothétiques les unes que les autres (taxes sur les spectacles ? Dépenses effectués par les dizaines de milliers de spectateurs qui allaient se précipiter dans un quartier sans aucun commerce?) et par des loyers substantiels. Un montage alambiqué (mais qu’il faut reconnaître comme avantageux pour les collectivités) déboucha sur un Partenariat Public Privé d’un montant de 114 millions financés par une société spécifique Vinci-Fayat . Bien entendu cette participation a été adossée à des emprunts avec des taux de l’époque. Si le club s’engageait sur un droit d’entrée de 20 millions il verserait pour sa part en complément un « loyer » annuel de 3,5 millions payés à la ville puis lors du transfert à la Métropole.

Un vrai château de cartes d’une fragilité extrême puisqu’il reposait exclusivement sur…. les résultats sportifs d’une équipe qui donnait déjà de signes d’instabilité et sur l’engagement de M6. La durée de ces deux paramètres positifs étaient de 30 ans. Qui pouvait garantir pareille longévité pour un club et pour un investisseur susceptible d’avoir d’autres priorités que le football ? Mais si le problème du financement de l’investissement était déjà aigu il fallait surtout examiner avec scepticisme celui du fonctionnement.

Nous fûmes quelques-uns à partir d’un examen lucide du dossier à conseiller à Philippe Madrelle de ne pas mettre le doigt du Conseil général dans un machine infernale car le bras y passerait. Matthieu Rouveyre, effectua un travail exceptionnel pour démonter ces procédures et alerter sur le fait que le stade (allait) » coûter environ 550 millions d’euros (fonctionnement et investissement), cette somme engageant la Mairie de Bordeaux sur toute la durée du contrat ». Il conseillait puisque tout le monde était enthousiaste et sûr de la fiabilité du projet que « le groupe M6, actionnaire du club des Girondins de Bordeaux, de se substituer aux financeurs publics pour assurer la poursuite du projet. ». Il n’en fut rien. Et il avait absolument raison. M6 s’est éclipsée en récupérant un petit pactole et laissant derrière elle le château de cartes en très mauvais état. Le moindre courant d’air et il s’effondre. 

Les craintes maintes fois répétées par ceux qui bien qu’aimant le football avaient un brin de lucidité sur cette improbable opération à tiroirs, se concrétisent. Depuis le début SBA gestionnaire accumule en effet les déficits (près de 20 millions) en raison de la faible affluence effective, des « extras » dérisoires, du désengagement de l’Union Bordeaux Bègles peu désireuse de quitter le stade Chaban-Delmas où elle fait le plein avec des frais de fonctionnement nettement moindres à ceux du Matmut, un « naming » d’un montant relativement faible et fragile faute d’attractivité du club. Elle menace de mettre la clé sous la porte et laisser l’ardoise à la Métropole. On ne peut plus douter de cette issue en 2022. où alors on touche au mécénat ! 

Par ailleurs le club a frôlé la banqueroute et on saura ce soir après le passage devant la DNCG si les repreneurs tiennent leurs engagements. Les exonérations diverses leur ont permis de repousser à plus tard les versements prévus mais comme les résultats sportifs ne sont pas au rendez-vous (qu’arrivera-t-il si par malheur le club descendait?) l’avenir n’a jamais été aussi fragile. Le château de cartes a été paradoxalement sauvé par le « quoi qu’il en coûte » en 2020 mais ne résistera pas en 2022. King Street est parti car les fonds mis sur le club n’avait aucune contre-partie immobilière e tl’investisseur tellement critiqué  demandait au minimum la contre-partie de la gestion directe du stade sans loyer et sans intermédiaire faute de pouvoir l’acheter à prix réduit. 

Dès l’origine ce projet était voué à l’échec et rien, absolument rien n’est réglé. tout le monde vogue à crédit sur des incertitudes et « non, rien de rien, je ne regrette rien » sur mes prises de positions d’alors et de maintenant. 

Intervention en 2013 devant une commission du Sénat 

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Un choc frontal pouvant tourner au cauchemar au Chili

Le Chili compte parmi les plus beaux pays du monde en raison du fait qu’il est adossé aux Andes et étiré sur 4 300 kilomètres avec une façade changeante sur l’océan Pacifique. Du désert d’Atacama au Cap Horn et même aux terres australes, le voyageur traverse tous les climats et toutes les végétations un peu comme s’il allait du sud marocain au terres du Danemark sans quitter une nation unique. J’ai eu le privilège d’y effectuer deux voyages concrétisant ainsi mon rêve de jeune lecteur consistant à découvrir la vaste baie de Valparaiso, port mythique des romans d’aventures.

Les liens culturels avec l’Europe et notamment la France ont toujours existé. L’épisode de la terrible dictature Pinochet les a renforcés dans la mesure où de nombreux Chiliens persécutés, torturés ou susceptibles de l’être ont trouvé une terre d’asile chez nous. Il y a donc des liens privilégiés faisant que la vie sociale et politique à Santiago propose de nombreuses similitudes avec la nôtre. L’élection du Président de la République au suffrage universel, le fonctionnement parlementaire, le découpage territorial, la présence syndicale forte, l’échiquier des partis, l’importance du rôle du chef de l’Etat rappellent, malgré des spécificités inévitables, notre Constitution de la V° République. Ce système présidentiel a permis jusqu’à présent de maintenir une démocratie dite de transition dans un pays ayant souffert de la main-mise des trusts mondiaux sur ses richesses naturelles.

Le Chili pays démocratique, doté d’un régime formellement pluraliste, est resté néanmoins très marqué par une chape conservatrice en politique et un néolibéralisme en économie, hérité de la dictature (1973-1990). Jusqu’à maintenant ce carcan est inscrit dans la Constitution pour plusieurs de ses points (notamment sur l’intervention de l’État dans l’économie) : Pinochet, avant de partir, avait bien assuré ses arrières… et les intérêts de ses soutiens occultes. D’ailleurs sous la pression populaire depuis plusieurs mois une convention de révision du document essentiel pour le pays s’est mise au travail après une élection décalée en raison de la pandémie.

Au terme des élections, les 155 sièges de l’Assemblée constituante sont répartis de la manière suivante : 37 sièges pour la coalition de droite Vamos por Chile, 28 sièges pour la coalition de gauche Apruebo Dignidad, 26 sièges pour la coalition d’indépendants appelée La Lista del Pueblo, 25 sièges pour la coalition de centre-gauche La lista del Apruebo, 11 sièges pour la coalition d’indépendants appelée Independientes por una Nueva Constitución, 11 sièges pour diverses listes indépendantes et 17 sièges pour les représentants des peuples originaires. Ainsi, sur les 155 membres, 65 au moins sont des indépendants.

Cette Assemblée n’est absolument pas l’émanation d’une nation politiquement unie, mais se présente comme un ensemble particulièrement hétéroclite dans lequel aucune formation ne dispose de la majorité absolue et où les individualités ou groupes particuliers priment sur les lignes et fractures politiques historiques. Le deuxième élément à mettre en exergue, et qui en fait une nouveauté dans l’histoire mondiale, tient au fait qu’il s’agit de la première Assemblée constituante à être totalement paritaire. Il lui est accordé neuf mois avec une éventuelle prolongation de trois mois, pour écrire son texte dont tous les points doivent être approuvés à la majorité des deux tiers. Les partis traditionnels n’ont aucune minorité de blocage dans la configuration actuelle. Difficile de prédire ce qu’il en sortira.

Cette démarche citoyenne pourrait servir d’exemple sur le vieux continent si elle aboutit. Depuis quelques jours on peut en douter car dans le même temps l’élection présidentielle a tout perturbé. Une fracture sismique est apparue dans le paysage politique puisque le second tour apposera le 19 décembre, frontalement un ardent défenseur des actes de Pinochet, José Antonio Kast (28 %) au leader le la Gauche, Gabriel Boric (26 %). Les sociaux démocrates et le centre-droit ont été pulvérisés. La confrontation s’annonce très serrée entre le fils d’un officier de la Wehrmacht réfugié en Amérique du sud , admirateur inconditionnel de Bolsanero, de Trump et du Général ayant terrorisé le Chili et un jeune ex-leader étudiant représentant d’une alliance allant jusqu’au Parti communiste.

Jamais le Chili populaire n’a été aussi clivé, aussi angoissé, aussi désenchanté (l’abstention a été forte) par les années de transition. Le choc s’annonce fracassant dans un contexte où les positions des deux candidats sont diamétralement opposées. Le populisme basé sur le rejet d’une immigration pourtant modérée, le besoin de sécurité et d’ordre, le retour de la religion au premier plan, le développement du monde du profit et une défiance croissante à l’égard du personnel politique traditionnel a effectué une percée fulgurante. Le 19 décembre certains candidats français d’extrême-droite auront les yeux rivés vers Santiago… avec l’espoir que le Père Noël leur apportera un soutien de poids. Pas  cretain que ça fasse réfléchir la gauche hexagonale. 

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La pandémie de la défiance progresse de manière inexorable

La « nouvelle vague » qui s’annonce ne relève pas du cinéma mais bel et bien d’une réalité pour le moment dérangeante. Elle bouleverse les images de la vie que bien des responsables de la situation sanitaire projettent sur l’écran blanc « hôpital » de leur nuits noires « épidémiques ». Néanmoins le film des mesures à prendre ou ne pas prendre contre la Covid-19 n’a rien d’une grande nouveauté puisque la France en est à l’épisode 5 de la série 3 ou 4 baptisée cette fois-ci « Delta ». Les observateurs prédise en succès « fulgurant » à cet épisode au scénario pourtant récurrent.

En moyenne calculée sur une semaine (ce qui en donne une vision convenable), le nombre de cas quotidiens a quasiment doublé : il était de 17 153 samedi, contre 9 458 le samedi précédent soit une progression de 81 %. Et cette hausse exponentielle inique clairement que l’épidémie va très vite. En effet avant ce constat il avait fallu trois semaines pour que le nombre de cas quotidiens augmente dans les mêmes proportions.

Seul indice « rassurant », contrairement aux vagues précédentes,cette flambée des infections de devrait pas générer un afflux massif à l’hôpital. Pour l’instant, ça n’en prend pas le chemin, car la vaccination, qui reste très efficace empêche les formes graves de la maladie avec un bémol cependant puisque les contaminations au variant Delta semblent plus dangereuses.

Une forme légitime de lassitude s’installe puisque chaque fois que la population croit apercevoir la bout du tunnel ce dernier se dérobe. Les rapports au sein de la société se délitent ou se crispent voire tournent de plus en plus souvent aux conflits. Le phénomène s’installe lentement et progresse de telle manière que l’inquiétude gagne le camp des responsables de tous niveaux. Dans le quotidien les élus locaux constatent une montée des infractions aux règles de base du vivre ensemble. Les représentants de l’ordre public tentent pas des opérations de contrôle renforcées de vérifier les contraintes du passe sanitaire. Peu de révolte à l’heure

Le vrai problème c’est qu’un premier accroc grave vient de se produire dans le pacte « républicain » jusque-là majoritairement respecté, en Guadeloupe. Les incendies de ce type doivent être circonscrits dès leurs débuts sinon un souffle de vent risque bel et bien de le propager en d’autres lieux. En effet, la violence ne s’exprime pas là-bas seulement à l’égard du passe sanitaire mais elle éclate sur un fond de malaise résultat de crises et de scandales qui se télescopent, comme celui du pesticide chlordécone (1). Les émeutes, scènes de guérilla, pillages, protestations sont produits par une exaspération et une défiance à l’égard de toutes les strates politiques. Tous les voyants sont au rouge vif.

Le scandale du chlordécone a été géré de manière très approximative, et pour tout dire discutable par les autorités. Les plans se sont succédés sans aucune efficacité réelle nourrissant le sentiment que l’État n’a pas été à la hauteur des attentes face à ce scandale sanitaire dans ce domaine comme dans celui de la lutte contre… la Covid 19. Cette défiance entretenue par les réseaux sociaux constitue un danger bien plus préoccupant que le virus lui-même.

Les « triplement vaccinés » ou les « doublement vaccinés » voient le doute s’installer ce qui met en péril la stratégie gouvernementale qui, depuis plusieurs mois se voulait rassurante. La ruée sur la troisième dose traduit une angoisse montante et si pour une raison quelconque hors pandémie (pouvoir d’achat?) le lien est fait avec les contestataires (gilets jaunes ? Antivax ? ) une crise serait inévitable. 

Après deux jours d’émeute consécutifs, les restrictions mises en place ont par exmple bien du mal à passer aux Pays-Bas où plus de 21 000 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés en 24 heures. En Belgique des heurts ont éclaté lors d’une manifestation à Bruxelles. La marche contre les nouvelles mesures anti-Covid, a rassemblé quelque 35 000 manifestants.  En Autriche, plus de 40 000 personnes ont manifesté à Vienne samedi. Les manifestants ont dénoncé « la corona-dictature » et le « fascisme », à deux jours de l’entrée en vigueur d’un nouveau confinement jusqu’au 13 décembre. Il y a eu des mouvements similaires en Allemagne.

Au Danemark le petit mouvement de protestation lancé il y a un an reprend. Le mouvement radical des « Men in Black », qui se revendique anti-système, a organisé son premier rassemblement, avec un millier de personnes à Copenhague. En Australie aussi, 10 000 personnes ont défilé à Sidney et plusieurs milliers à Melbourne pour protester contre la vaccination obligatoire, qui n’est exigée que dans certaines régions pour certaines catégories professionnelles, alors même que la vie est redevenue quasi-normale dans le pays.

Tous sont noyautés ou fomentés directement ou sournoisement par des mouvements proches de l’extrême-droite… La semaine qui s’ouvre ainsi que les deux premières de décembre risquent donc d’être très compliquées pour de nombreux gouvernements.

(1) Le chlordécone a été utilisé de 1972 à 1993 dans les bananeraies de la Martinique et la Guadeloupe pour lutter contre les charançons. Ce pesticide est associé à différents problèmes de santé chez l’Homme. Il est interdit depuis, mais les populations locales restent exposées

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