LE TOTAL N'Y EST PAS

Continuons à accorder des exonérations de charges sociales aux entreprises ! Continuons à laisser croire que la solidarité ne repose pas sur la participation de tous, selon ses revenus, à son financement global ! Continuons à développer le sentiment que les services publics sont trop coûteux et qu’ils pénalisent l’économie ! Continuons à expliquer que Total dégage plus de profit en 9 mois que le nécessiterait le comblement d’une bonne part du déficit du régime des retraites.

Continuons à distiller des informations sur la gestion publique qui devrait être revue, corrigée, déconnectée de la réalité sociale du pays ! Continuons à dénigrer toute prise en charge collective des plus démunis au prétexte qu’ils n’ont qu’à se débrouiller, à se bouger, à créer leur emploi si ce n’est leur entreprise ! Continuons à annoncer au peuple que, par exemple, le 1er janvier 2008, les prestations familiales ne devraient être revalorisées que de 1%, ce qui ne constitue pas un coup de pouce du gouvernement. Même les administrateurs de la Cnaf ont considéré que cette revalorisation était purement mécanique et largement insuffisante pour maintenir le pouvoir d’achat des familles.

A la quasi-unanimité les administrateurs ont demandé aux pouvoirs public un ajustement réel de ces prestations au coût de la vie. La revalorisation envisagée est de 1%, ce qui porterait la base mensuelle du calcul des allocations familiales de 374,12 euros à 377,86 euros, précise la Cnaf, dans un communiqué. Pour une famille de deux enfants, la revalorisation serait de 1,20 €, puisqu’elle toucherait 120,92 € d’allocations familiales en 2008 (au lieu de 119,72 euros en 2007). Imaginez vous un peu : un litre de gazole de plus pour aller au boulot ! Mais où prendre l’argent puisque bientôt plus personne (12 000 fonctionnaires en moins, des millions d’exonérations accordées…).

La Cnaf ne peut en effet reverser que ce qu’elle reçoit. C’est le principe républicain de l’égalité et de la solidarité qui est mis à mal. Les familles les plus pauvres seront inexorablement les premières victimes de ces décisions ridicules en comparaison aux difficultés qu’elles traversent. Rappelons que les prestations familiales revalorisées sur cette base sont les allocations familiales, la Paje, le complément familial, l’allocation parentale d’éducation, l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé, de parent isolé, de rentrée scolaire, notamment..

Les collectivités locales qui assument l’équilibre financier des structures d’accueil (Centre de loisirs, multi-accueil pour les 0-3 ans) vont rapidement devoir mettre la main dans la poche du contribuable pour récupérer ce que la Cnaf leur donnera plus. Sur le Créonnais ce sont près de 50 emplois qui dépendent de ce soutien public à des services publics. Comment vont-ils être maintenus dans un tel contexte ?

Le montant de l’allocation mensuelle de base de la prestation accueil du jeune enfant (Paje, versée jusqu’aux trois ans des enfants nés après le 1er janvier 2004) passerait à 173,63 euros (contre 171,91 euros en 2007) soit une augmentation de 1,72 € (un lite et demi de gazole) alors que la Communauté de Communes sera contrainte de doubler sa fiscalité.

Dix voix du conseil d’administration de la Cnaf se sont prononcées « contre » cette augmentation ridicule (3 CGT, 3 CFDT, 3 FO, 1 personne qualifiée) et 14 ont « pris acte ». Sans commentaire…

Ah ! j’oubliais Total a dégagé en 9 mois plus de 12 milliards d’euros de bénéfices sur la base, en faible partie certes mais en partie tout de même, du « travaillez plus vous gagnerez plus » et grâce aux exonérations de charges sociales manquant à la cnaf sur les bas salaires de ses livreurs de fioul ou de ses gestionnaires de stations services.

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