Les Rosières fleurent bon le bonheur

2Un long week-end loin de ses bases favorise forcément une approche beaucoup plus libre des comportements. A Moissac, capitale du chasselas, le rendez-vous festif de Pentecôte respire cette sincérité des fêtes que seules les villes ayant encore une âme savent préserver. Cette année, en tant que Président de l’Association des villes des Rosières de France, je me devais de partager, sur les rives magnifiques du Tarn, le rassemblement des délégations venues témoigner leur soutien à l’une des autres cités ayant maintenu cette « tradition ». Les représentants de Aubière (63), Chalon- sur- Saône (71), Châteaudun (28) Courpières (63), Créon (33), Fontenay- en- Parisis (95), La Mothe- Saint- Herray (79), Montreuil- le- Gast (35), Salleboeuf (33), Tournon d’Agenais (47) avaient notamment accepté l’invitation au partage de moments heureux des Moissagais. Ils ont vécu intensément une organisation impeccable portée par une cinquantaine de bénévoles, avec la sensation de ne pas être seuls à se consacrer au plus volatile des patrimoines, celui des arts et traditions populaires. Des milliers de personnes ont en effet témoigné de leur attachement, dimanche après-midi, à une autre vision de la jeunesse de leur ville que celle que donnent à satiété les médias. On se raccroche plus que jamais à ce qui peut représenter la pérennité des choses, qui ne va pas toujours dans le sens que l’on pense.

1Plus un seul village ou plus un seul quartier qui ne bruisse, à notre époque, de rumeurs ou de bruits sur une insécurité provoquée par des adolescent(e)s et même maintenant des enfants. Il y a des trafiquants de drogue partout, des conducteurs de deux roues dangereux ailleurs, des casseurs partout. C’est une constante dans toute la France : les banlieues couvrent le territoire ! Cette vision récurrente d’une faible part de celles et ceux qui portent l’avenir de notre société devient catastrophique. Elle envahit les esprits au détriment des autres, les 95 % qui sont sportifs, musiciens, danseurs ou danseuses, actrices et acteurs de la solidarité, attachés à l’environnement, amoureux de leur cité mais trop souvent oubliés car « ringards » ou simplement « ennuyeux ». Il est vrai qu’en arrêtant à grand fracas, comme des malfrats des enfants de 6, 8 ou 10 ans on conforte ce point de vue qui veut qu’au fantasme de Mozart ou de Marie Curie ait succédé celui des brûleurs de voitures ou des chanteuses de la Star Ac’. A la moindre incivilité, au moindre bruit nocturne, à la moindre anicroche on proclame haut et fort : « haro sur les jeunes ! », transformant ainsi en vedettes télévisées les justiciers, et plus encore les auteurs de faits divers, ressassés pour affoler les populations qui ne les voient jamais.

Durant ce week-end une autre approche, beaucoup moins « vendeuse » ou « accrocheuse », a été valorisée : il existe des jeunes filles ou de jeunes garçons qui savent encore ce qu’implication citoyenne veut dire. Ils ont d’autant plus de mérite que peu de monde s’intéresse à eux, puisqu’ils ne génèrent aucune insécurité, et ne sont donc pas « vendables ». D’ailleurs, la presse locale a vite fait de classer ce type de manifestation au dernier rang de sa hiérarchie informative. Un bon meurtre ou une sévère attaque à main armée ont une autre valeur. C’est d’autant plus facile que la modernité ne colle pas à la tradition ! Elle en constituerait même l’antithèse, comme si les valeurs n’étaient pas adaptables aux époques. On confond trop souvent « mode mercantile » et « modernisme salvateur ». Et pourtant, la modernité ne se niche pas là où on le croit. Etre moderne, c’est être une illustration de l’égalité, de la liberté, de la fraternité et de la solidarité.

3Les Rosières présentes reflétaient toutes, quelle que soit leur origine géographique ou sociale, une certaine idée de la citoyenneté, et surtout, elles offraient une tout autre image de leur génération, la faisant partager par des milliers de paires d’yeux trop souvent hypnotisés par les certitudes télévisées.

Partager la réalité de la vie locale, sincère, simple, sans fard, reposant sur le dévouement et sur la joie de donner aux autres, redonne un moral perdu dans les méandres d’une société d’indifférence. Nous étions près de 150 de toutes les générations à représenter ces villes qui tiennent encore, par le fil ténu de l’affection, à leur rendez-vous autour de « leur » Rosière. Un mot séculaire qui fait oublier que l’essentiel n’est pas dans l’appellation, mais dans la sincérité du contenu ! Le bain de jouvence et le bain de foule de Moissac constituaient pour les élus présents des facteurs rassurants : la jeunesse reste bien l’avenir de l’Homme!

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2 réponses à Les Rosières fleurent bon le bonheur

  1. Annie Pietri dit :

    Oui, c’est vrai, ce week end à Moissac, à l’occasion du rassemblement des rosières de France avait quelque chose de raffraîchissant et de réconfortant. Tous ces jeunes,participants, organisateurs et élus, ont fait de ce week end une fête. Tout Moissac était en fête, et la joie et le bonheur d’être là a éclairé ces trois jours!
    Nous étions bien loin de l’image que l’on essaie de nous donner actuellement de la jeunesse, et cela fait beaucoup de bien au moral….

  2. Un Tarn et Garonnais en Gironde dit :

    Moissac en fête … Des souvenirs de mon enfance. Il n’y avait pas de Sauterelle Bleue mais un parfum de nostalgie où pendant ces fêtes de Pentecôte Moissac est toujours restée un lieu magique et plein de souvenirs … Au bord de l’eau le jeunesse je l’espère doit encore compter fleurette …

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