L'Europe existe je l'ai rencontrée

Hier soir, on a enfin parlé d’Europe dans la salle citoyenne de l’Hôtel de ville de Créon. Ce n’est pas trop tôt ! Pas à la manière dont François Bayrou et Daniel Cohn Bendit l’ont fait quelques heures plus tard sur un plateau de télévision, mais plus discrètement et même plus studieusement, entre élus et représentants de la société civile du pays Coeur Entre Deux Mers. En toute sérénité, et avec la volonté commune de construire un avenir économique plus rassurant à un territoire identifié, les membres du comité d’attribution des aides du programme LEADER ont en effet été réunis pour la première fois ! Le soir, il ne s’agissait que d’une parodie de ce que peut être une démocratie en déliquescence! Pour nous il s’agissait de travail et pas de cinéma.

En tant que premier vice-président du Pays, j’avais en effet souhaité m’investir dans la gestion des fonds attribués au projet LEADER, sur cet espace de dialogue et d’échange regroupant 7 communautés de Communes allant de celle de Saint Loubés à celle de Targon.

Elu à l’unanimité par les délégués présents, j’assumerai donc désormais la présidence du comité d’attribution de 1,4 millions d’euros affectés au développement économique « diversifié et durable » du pays. Cette somme représentera finalement un pactole de 2,5 millions d’euros, puisque les aides européennes devront obligatoirement s’élever  à 55 % des autres subsides publics, attribués aux opérateurs présentant un projet, autour de la reprise ou du renforcement d’une très petite entreprise (TPE), de l’économie sociale et solidaire, de manifestations culturelles dans des lieux remarquables, de programmes d’action en faveur de l’emploi… Autant de sujets concrets qui donnent une autre dimension aux orientations européennes. Cette décision, proche et concrète, de l’UE modifie parfois le regard que l’on porte sur une structure jugée comme lointaine et abstraite.

D’ailleurs, en fin de réunion, un élu local qui avait participé à cette rencontre du groupe d’action locale (GAL), composé de la société civile (8 membres), et des élus (8 membres), ayant à assumer une gestion responsable mais indépendante de ces crédits, est spontanément venu me retrouver pour me confier qu’il avait trouvé des raisons supplémentaires d’aller s’exprimer dimanche sur le parlement européen. Un moment fort agréable, car il traduisait ce que je pense sincèrement de la vie publique : la sous information dans un monde de sur information est devenue tellement catastrophique que la démocratie en est menacée ! L’Europe aura été la grande absente des élections la concernant. Elle reste en effet à construire dans les esprits, car elle n’est vécue que comme un « machin » contraignant, déconnecté des réalités du terrain, alors qu’elle se révèle parfois beaucoup plus démocratique et participative que des régimes qui la critiquent.

Cette Europe là, celle avec laquelle nous allons travailler, est celle que j’aime, car ce n’est pas l’Europe de la défiance mais celle de la confiance ! Il est en effet extrêmement rare, dans une structure cadrée, qu’élus locaux et société civile disposent d’un pouvoir réel d’intervention significative sur des actions économiques à taille humaine. On préfère les grands projets, (rarement durables en raison de la vogue des délocalisations de profits), dont on sait combien ils impactent, par leur départ, des territoires finissant par être en situation de dépendance absolue. Dans les secteurs ruraux, il faut pourtant admettre que le développement économique passe par une multitude d’initiatives, et c’est justement tout l’intérêt de  » LEADER +  » que celui de considérer qu’il n’y pas de taille minimum pour créer ou maintenir un tissu viable d’emplois de proximité. Désormais le Pays, structure tellement critiquée par le rapport Balladur, ouvre ainsi une fenêtre constructive sur l’Union européenne. Espérons que celles et ceux qui peuvent être potentiellement intéressés dans l’avenir par ces crédits sauront, dimanche, trouver le chemin des bureaux de vote ! Quant aux autres, il faut qu’ils se persuadent que tout n’est que politique, et que l’Union européenne a besoin d’une orientation différente de celle qui vient de la conduire au bord du précipice.

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