Il faut casser la cantine

Rencontre avec les représentants des anti-OGM girondins, de Greenpeace et des Verts, ce soir en petit comité, afin de mettre en place une collaboration autour de deux initiatives possibles pour les municipalités tournées vers le développement durable. L’une concerne la restauration scolaire « bio » ou sans OGM, et l’autre, l’opposition aux cultures génétiquement modifiées sur le sol communal. Cette réunion succédait à celle ayant permis à l’équipe municipale de Créon de déclarer son soutien sur ces deux aspects de la gestion communale, prévus dans son « pacte social, citoyen et durable ». La discussion a essentiellement porté sur les initiatives à prendre afin d’augmenter le nombre de villes concernées par ces décisions (une douzaine seulement) en Gironde.

repasbioD’abord, sur les « cantines » bio, il faut bien convenir que si les bonnes intentions existent, le chemin est encore long avant que le résultat soit parfait. Il s’agit, en effet très souvent, de trouver les… produits et les producteurs pouvant fournir les quantités nécessaires afin de répondre aux besoins. C’est un véritable casse-tête, tellement la demande devient importante, et l’offre sérieuse insuffisante. On a encore un retard considérable dans notre département, en matière de maraîchage cultivé de manière « raisonnable » ou avec certification « biologique ». Manque de terres convenables, absence de formations réelles dans les structures agricoles, vocations insuffisantes, altèrent le marché alors qu’il est véritablement prouvé que les débouchés existent. Les œufs, les légumes, les volailles, les fruits, la viande, viennent parfois de fort loin, avec des garanties incertaines, et un bilan carbone désastreux. Il arrive souvent que la commission des menus créonnaise, animée par la diététicienne, renonce à des souhaits, car l’origine des produits est polonaise ou bulgare… Il s’agit donc de faire pour le mieux, dans le pire des mondes économiques, celui du profit, via la culture chimique intensive. Le film « Nos enfants nous accuseront… », extrêmement simplificateur (un village avec des effectifs réduits, des producteurs locaux suffisants, le non recours aux marchés publics, une motivation globale parfaite…), a faussé la vue que peuvent en avoir les parents, car ce qui paraît aisé dans ce documentaire ne l’est pas dans un contexte moins familial.

ichiIl serait également utile d’inclure, dans la lutte contre la mal bouffe, l’éducation au goût car, par exemple, des choux-fleurs « bio » ou non « bio » reçoivent le même accueil de la part des convives : rejet à plus de 30 %! Souvent, le principal problème ne réside pas dans la labellisation du produit, mais dans sa non appropriation par les enfants, tellement stéréotypés dans leurs choix que cinq à six menus leur conviennent véritablement. Il ne suffit pas de déclarations de principes, de décisions théoriques, mais il faudrait véritablement accélérer la filière « bio » ou de l’agriculture raisonnée, via le plan de relance ou le grand emprunt pour que notre pays prenne la tête de ces productions de qualité qui font tant défaut. Un prix équitable récompense en effet les producteurs, les éleveurs ou les transformateurs qui ont osé revenir à des principes respectueux de la santé des consommateurs et du cadre de vie des citoyens.

Dans cette perspective, nous avons conclu un partenariat qui permettra de monter un après-midi de « formation » pour les élus et les « acheteurs » à Bègles, avec un cuisinier et une personne référente en matière de gestion. L’initiative partira de Créon qui vient de mettre en œuvre le nettoyage intégral de ses locaux avec le refus des produits chimiques, et les techniques dites douces (microfibres), et qui s’oriente vers l’achat de fournitures scolaires les moins dangereuses possibles.

Une relance auprès des mairies motivées sera lancée par mes soins dans les prochaines semaines, afin qu’elles s’associent à ce mouvement irréversible, qui veut que nous soyons, par des décisions concrètes et des gestes simples, les acteurs de l’avenir collectif. Allez, souriez un peu et chantez avec moi ce que Carlos vous a appris :

« Moi j’ préfère manger à la cantine
Avec les copains et les copines
Et même si la viande est dure comme du caoutchouc
Au moins je suis sûr de rigoler un bon coup

Moi j’ préfère manger à la cantine
Même si le beurre c’est d’la margarine
Tant pis s’il y a des cailloux dans les épinards
Je préfère manger au réfectoire (…) »

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5 réponses à Il faut casser la cantine

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  2. C. Coulais dit :

    Excellente initiative…une fois de plus ! Je veux bien développer cette initiative auprès de notre Conseil Municipal à Cénac et transmettre ces pratiques (bientôt « normales ») à notre prestataire.
    N.B.: il sera aussi question de resturation scolaire lors de la journée régionale du Réseau Aquitain Achat public responsable (RAA) qui se tiendra au Musée d’Art contemporain de Bordeaux le Mardi 17 Novembre prochain :
    « Achats publics et CO2: les achats publics responsables face aux enjeux des gaz à effet de serre, des transports, du localisme… Quels liens ? Quelles opportunités ? »

  3. Aujourd’hui à l’occasion des célébrations du cinquantenaire d’Astérix, né le 29 octobre 1959 dans les pages du premier numéro de l’hebdomadaire Pilote, Albert Uderzo a imaginé un cadeau exceptionnel pour fêter ses héros et leurs millions de lecteurs à travers le monde: L’anniversaire d’Astérix et Obélix – Le Livre d’or.

    Je me demande si le poêlon en cuivre servant à la fabrication des potions magiques destinées à notre héros ASTERIX, ne se trouve pas en réalité basé dans la Commune de CREON.

    Avouez le, JMD vous en prenez de la potion magique, pour mettre en pratique tous les jours autant de bonnes idées, et réchauffer le coeur de vos concitoyens ?

  4. Cathy LE GENTIL dit :

    Excellent ! Ce dernier paragraphe, Monsieur Daniel PALACIN est incontestable !
    C’est bien ainsi que je vois Jean-Marie. Un homme talentueux, étonnant et qui oeuvre tous les jours pour le bien de tous !

  5. Afin de remercier cathy LE GENTIL, pour son éloge sur mon paragraphe, je tiens à préciser que ce n’est pas ma plume qui est excellente, mais Monsieur le Maire de Créon et son conseil municipal qui défendent cette phrase de J.C. GUILLEBAUD:
    « L’opinion dominante c’est comme une vapeur qu’on respire. C’est une intoxication indolore ».
    JMD défend des valeurs humaines indiscutables, qui forcent le respect.
    Même si je n’habite pas la Bastide de Créon, je tiens à signifier comme beaucoup d’autres, un appui et un étaie pour soutenir le courage quotidien et l’énergie que l’élu de cette commune trouve en lui et autour de lui pour poursuivre ses objectifs.

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