Dexia annonce qui va banquer !

Si l’on en croit les affirmations péremptoires des responsables de tous les étages UMP, les élus locaux, départementaux, ou régionaux, qui tirent la sonnette d’alarme sur la situation des collectivités dont ils ont la charge, feraient du catastrophisme. Une manière de rappeler que, dans le fond, le principe qui devrait régir la gouvernance locale se résume à une formule : « travailler, agir et mourir en fermant ta gueule ! ». En fait, celles et ceux qui refusent le garrot financier qui va les étrangler et les contraindre à pressurer les ménages qui leur ont fait confiance, sont vite montrés du doigt comme de dangereux mystificateurs.

La montée du chômage est dramatique, la chute du pouvoir d‘achat devient désastreuse, l’insécurité sociale s’étend, les inégalités se creusent mais ça y est, la parade a été trouvée : l’excellence environnementale ! Les Françaises et les Français vont plonger dans la précarité institutionnalisée, mais ils mourront dans une nature que la Président de la République aura protégée de ses petits bras musclés ! Encore une fois, il recherche une bouée de sauvetage dans la lutte supposée contre la pollution et contre l’immigration, les deux mamelles de sa réussite électorale ! On va se vautrer dans l’identité nationale et se baigner dans le vert !

Dans le premier cas, il ne s’agit que d‘une agitation frénétique, encore une fois complaisamment relayée par des médias aux ordres d’actionnaires uniques, proches du pouvoir… et avides de sujets confortant l’opinion dominante. Nous allons avoir au menu des fêtes de fin d’année des tonnes de carbone, des tonnes de déchets, des litres et des litres d’eau polluée à profusion, des heures de films catastrophe… et, à l’arrivée, un « Grenelle »qui se traduira, inévitablement, par des mesures que… devront financer et mettre en œuvre ces collectivités territoriales vilipendées par ailleurs !

Préparez-vous, la France « vert de gris Sarkozy » arrive !

Dans ce contexte, avec une suffisance exceptionnelle, ministres, sous-ministres, conseillers en tous genres, inconditionnels aveugles ou volontairement de mauvaise foi, tentent de persuader une opinion (1) que « crier au loup ! », c’est affoler le bon peuple des élus locaux !

large_524482Il sort pourtant une étude de Dexia, cette banque renflouée par un Etat bienfaisant, qui publie une étude confirmant une perte de recettes en 2009, pour les collectivités, de l’ordre de 7 milliards d’euros. Elle affecte principalement les départements, alors que la croissance des dotations de l’Etat a été limitée à 0,8 %. Pour la seconde année consécutive, relève Dexia, leur capacité d’épargne est en baisse (- 4,6 %). Malgré une hausse soutenue de la fiscalité en 2009 (+ 3,4 %), les marges de manoeuvre des collectivités locales se réduisent. Et les incertitudes s’accumulent pour 2010… et plus encore pour 2011, mais il est « indigne » de l’annoncer.

Selon la note de conjoncture annuelle, publiée  mardi dernier par la banque Dexia, les recettes des collectivités – 184,3 milliards d’euros – ont essentiellement été affectées par la chute de 26 % des droits de mutation, cette taxe perçue sur les transactions immobilières.

En fait, les dépenses de fonctionnement – 152,3 milliards d’euros – ont continué d’augmenter (+ 4,3 %), sous l’effet des charges d’action sociale. Alors que le nombre de bénéficiaires du RMI avait baissé en 2008, celui des allocataires du revenu de solidarité active (RSA) a fortement remonté. Selon les départements, le poids de ces dépenses, par habitant, peut toutefois varier de 290 à 570 euros !

Autre effet de la crise, les collectivités locales ont freiné leurs investissements, qui se montent à 50,9 milliards d’euros (- 2,7 %). Cette tendance est habituelle après un renouvellement électoral. L’impact de cette chute a été atténué par le plan de relance et le remboursement anticipé de la TVA, qui a permis d’injecter 3, 8 milliards d’euros supplémentaires. Ce n’est que reculer l’échéance fatale qui se profile pour le milieu économique, lequel prendra de plein fouet les erreurs purement idéologiques d’un Président qui pratique la fuite en avant.

Alors que la réforme des finances locales, avec la suppression de la taxe professionnelle et celle des compétences, crée de nouvelles incertitudes, les collectivités sont attendues par l’Etat, dans la mise en oeuvre de la suite du plan de relance, du Grenelle de l’environnement, du plan handicap, comme du cofinancement des lignes à grande vitesse, des grands stades, des trams, des palais du vin…

Pour les dirigeants de Dexia, 2010 devrait donc être une « année d’interrogations et d’arbitrages sur les dépenses »,  si l’on en croit un article publié sur Le Monde.fr,  probablement « payé » par les élus socialistes…,comme le sont les analystes de Dexia. Monsieur de Sévigné devrait leur demander leur prose pour s’en inspirer !

(1) c’est difficile quand on voit que dans le Loiret, département de droite, André Laignel Secrétaire général de l’association des Maires de France a tenu une réunion d’information devant… 300 élus et qu’en Gironde, l’association des Maires désormais classée à droite, est péniblement arrivée à en rassembler…une centaine -25%- pour applaudir un Marleix aveugle, sourd mais pas muet !

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