Quand l'UMP fait son Marchais !

Le communisme d’antan est mort.

  • Il a été tué par le fait que ses principes étaient dévoyés par une application politique contraire. Le constat est là : les plus belles idées sont tributaires de l’attrait des individus qui les portent pour le pouvoir. Tôt ou tard, dans n’importe quel système, l’individu prend le pas sur le collectif. En France, au temps de sa splendeur, le PC était agité par la Droite réactionnaire comme un chiffon rouge, sous le nez des classes moyennes qui craignaient des « nationalisations » de leur patrimoine ou la mise en place d’un régime autoritaire. En entrant dans un gouvernement avec le PS réformiste, les « révolutionnaires communistes » se sont dissous dans la masse. Devenus des gestionnaires et oubliant de ce fait, sous la contrainte de la loi du marché qui se mondialisait, leurs propos fracassants d’opposants, ils n’ont jamais retrouvé le niveau de la période où Georges Marchais exploitait sans vergogne les rares espaces télévisés dont il bénéficiait. Ses apparitions sur le petit écran avaient des allures de « spectacle » dont on se lassait jamais. La droite, ayant trouvé son épouvantail, se régalait de ces envolées, car elle pouvait se gargariser de leur caractère stéréotypé ! Georges Marchais ne venait pas sur un plateau de télévision pour répondre à des questions, mais pour placer le contenu des messages que son entourage avait décidé de médiatiser.
    La Droite dénonçait bien évidemment cette atteinte aux droits de la bête noire de Georges Marchais, Jean Pierre Elkabbach, d’obtenir des réponses précises à des questions dérangeantes. Avec un aplomb et une mauvaise foi évidents, le secrétaire national du PC se foutait pas mal de la crédibilité de ses propos, mais il remplissait sa mission avec une louable pugnacité. Les « vieux » militants comme moi ont encore en mémoire une sévère explication Marchais-Elkabach dans « Questions de temps » en 1978 ou dans Cartes sur table quelques années plus tard. Ce sont des moments d’anthologie de la vie publique, que l’on retrouve aisément sur Youtube et que je vous conseille vivement de revoir, avant ce soir… Pour les plus anciens, ils revivront certainement de grands moments de la télévision d’antan, mais pour les plus jeunes, je les invite à comparer les débats avec les positions que vont prendre les Ministres Sarkozistes après les Régionales.
    En effet, peu importe les questions que vont leur poser les éminents animateurs « je-sais-tout » de la France politique, ils auront une fois encore… des réponses toutes faites. Eric Besson sera interdit d’antenne par l’Elysée. François Fillon déclarera officiellement, sans répondre à aucune question, qu’il respecte le verdict des urnes (il aurait du mal à déclarer le contraire) mais que le vote n’aura aucune incidence sur la politique gouvernementale courageuse, menée par son gouvernement. Brice Hortefeux s’extasiera sur le plébiscite qui découle du résultat : la réforme des collectivités territoriales est indispensable… sans ajouter qu’elle le devient, pour récupérer le terrain perdu dans les urnes par le biais d’un système électoral modifié et inique. Luc Chatel promettra d’être plus à l’écoute de ce Peuple qui souffre. Xavier Darcos aura réalisé un meilleur score que prévu, et annoncera qu’il viendra siéger à la Région pour préparer l’avenir (après 3 raclées électorales successives, il est pourtant hors-jeu!). Xavier Bertrand plus faux-cul que jamais s’extasiera sur le grand chelem à l’envers s’il garde la Guyane et La Réunion. Valérie Pécresse prendra date pour l’avenir. Alain Juppé redira que la politique actuelle du gouvernement doit être réformée mais soutenue (il va se claquer à force de faire le grand écart). Yves de Ponton d’Amécourt fera un communiqué pour dire que tout ça c’est de la faute… à Philippe Madrelle et au Conseil Général, car sa campagne de communication sur les incidences dramatiques de la réforme est illégale, mais que comme candidat il est satisfait du résultat sur son canton…. Tout le monde fera du Georges Marchais, en plaçant sa rengaine sans trop se soucier des gens qui sont en face d’eux. On étalera des pourcentages ne voulant rien dire, mais en les tournant à son avantage. Le gouvernement ressortira « renforcé » de cette épreuve, selon les déclarations qui vont se succéder, et la raclée sera ainsi « valorisée ».
    Qui se souviendra que, battu au premier tour d’une Présidentielle, Lionel Jospin avait décidé (maladroitement certes) de se retirer ? Revenant sur le 21 avril 2002 dans le documentaire qui lui a a été consacré, il reconnaît: « J’ai surestimé le rejet de Jacques Chirac, j’ai surestimé la perception positive de mon bilan. J’ai sous-estimé l’impact qu’avait la division de la gauche, j’ai sous-estimé le premier tour. Ma campagne n’a pas été assez offensive. Mais quand l’attelage va à hue et à dia, c’est difficile d’être bon. » Surtout, quand on lui demande quelle est sa part de responsabilité dans cette défaite, Lionel Jospin répond: « Par définition, elle est entière. » Qui osera démissionner du gouvernement, car se sentant désavoué par le Peuple, puisque sur un territoire librement choisi, il n’aura pas réuni une majorité sur son nom ? Quel Ministre va laisser son maroquin pour occuper à temps plein le poste de conseiller régional en voie de disparition qu’il a pourtant revendiqué ? Quel Premier Ministre reconnaîtra l’échec de la campagne électorale dont il avait été chargé par le Président ? Quel chef de l’UMP se retirera de son poste après un échec aussi retentissant, puisque ce sera le plus mauvais jamais enregistré à ce jour par son parti, pour une élection locale ?
    En fait, ce soir, on entendra sur les plateaux de télévision du Georges Marchais, avec des « responsables » de rien qui ne répondront jamais aux questions posées pour vendre une « soupe de communication élyséenne », savamment concoctée par les spécialistes de la désinformation. Et, bien entendu, on nous infligera ce spectacle désolant, qui… fera les abstentionnistes de demain et qui confortera celles et ceux qui affirmaient aujourd’hui qu’aller voter ne servirait à rien. Pour s’en persuader, il suffit de lire l’article du Canard enchaîne mis en ligne sur ce blog hier et de regarder demain soir les Guignols de l’Info sur Canal + . Ils n’ont même pas à se forcer pour inventer des sketchs : ils auront tellement de matière première comique ce soir, qu’il suffira de mettre en ligne les dialogues de cette affreuse télé-réalité!
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    6 réponses à Quand l'UMP fait son Marchais !

    1. puig dit :

      NON, les idées et les utopies ne meurent pas comme cela! Elles sont nécessaires pour avancer. La mauvaise foi peut être dans tous les camps mais des gens sincéres, utopistes dans le bon sens du terme, existent partout; ceux que l’on nomme des « gens biens », généreux, ouverts aux autres, soucieux du bien commun et de l’intérêt général etc…
      Ceux de ce soir vont nous bassiner avec leurs mensonges, mais au quotidien et sur le terrain j’en connais qui sont dévoués aux autres, je crois que tu en fait parti JMD et j’en connais qui sont encore communistes et d’autres qui adhérent et de tous ages. Je parie pour un carton rouge à Sarkozy ce soir! Le communisme d’antan est mort mais pas l’ideal communiste qui doit être en capacité de répondre aux enjeux de notre temps pour ancrer à gauche, avec le front de gauche, une majorité de progrés pour le plus grand nombre loin d’un clientélisme de classe.

    2. JMD dit :

      Jamais un candidat de Droite n’avait fait un aussi mauvais score à Créon depuis 50 ans avec seulement 19,98 % au… second tour par Darcos soit 3 points de moins qu’au premier tour. Alain Rousset arrive à 68 % et Jean Lassale à 12 %. Créon est donc bel et bien une commune ancrée à gauche ! Pour l’anecdote, j’avais obtenu personnellement sur Créon 82 % des voix au second tour des cantonales. Rien ne remplacera la proximité et le travail en politique.

    3. JMD dit :

      Je vous présente quelques résultats pour la liste Rousset (PS) sur le canton de Créon :
      68 % à Créon;
      77 % à Blésignac;
      60 % à Croignon.
      59 % à Bonnetan;
      58 % à Pompignac;
      62 % à Saint Léon;
      59 % à Quinsac;
      59 % à Croignon;
      60 % à Loupes;
      65,5 % à Le Pout
      63 % à Sadirac
      58,5 % à Cénac
      59 % à Haux
      65,4 % à Saint Caprais de Bx
      et phénomène rare : 51 % à Latresne (à suivre) et à méditer pour les lectrices et lecteurs de ce blog.

    4. PIETRI Annie dit :

      C’est bien ce que nous avions prévu : la gauche a largement remporté ces élections régionales. La droite reconnaît cette victoire. Mais elle tire de sa défaite la conclusion curieuse que les électeurs n’ont nullement exprimé le souhait d’un changement de politique. En conséquence, rien ne va changer….on va poursuivre l’entreprise de démolition générale mise en oeuvre par le pouvoir sarkozyste. Les français ont voté, ils ont fait connaître leur désaccord avec la politique du gouvernement et de son Président….mais le mot d’ordre est « circulez, il n’y a rien à voir » ! Il ne nous reste donc que deux perspectives : la révolte violente, ou se mettre sérieusement au travail pour parvenir à une victoire en 2012.

    5. alain. e dit :

      Bon, alors j’ ai gagné ce soir,puisque le candidat pour qui j’ ai voté au premier et deuxième tour est élu.
      Cependant je n’ ai pas sauté de joie au plafond et n’ attends pas de miracle prochainement.
      Ma dernière grande joie en politique elle date de l’ éléction de Mitterand en 1981.
      En effet je croyais à cette époque en écoutant Marchais et les autres à un grand pouvoir du monde politique sur le monde économique,mais les politiques socialistes avec privatisations de grandes entreprises,et adhésions aux théses du libéralisme me sont un peu restées en travers.
      En tout cas un français sur deux qui n’ est pas allé voter, ça devrait interpeller non ?

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