Ils finiront par rencontrer les réalités !

Lentement le gouvernement se rend à l’évidence et tourne le dos à toutes les annonces effectuées à grand renfort de clameurs médiatiques. Absolument plus une seule des réformes prioritaires du Chef de l’État français ne tient la route et ne résiste aux réalités. Combien il serait intéressant pour le citoyen anesthésié, de sortir de son coma, en visionnant un florilège des promesses rangées sur les étagères des antiquités politiques. En fait, la seule ligne de conduite actuelle de ce gouvernement et de ses représentants locaux consiste à… tabler sur l’absence de mémoire des gens auxquels ils s’adressent. Ils savent que la contre-vérité de hier s’effacera devant une autre contre vérité, mais qu’elle n’engagera que celles et ceux qui ont cru qu’elle avait l’odeur, la couleur et la saveur de la vérité. Le système tourne à plein régime, et dès qu’il faiblit, on le relance par une nouvelle affirmation dénuée de tout fondement… et surtout ne courant jamais le risque d’être mise en oeuvre.
Durant des semaines, les UMP les plus accros au Sarkozisme ont, par exemple, effectué des déclarations tonitruantes devant des stylos complaisants, sur la « bonne santé financière des conseils généraux ». Ils ont même pris le risque de se fier à de grossières études à charge de services de l’Etat manquant singulièrement d’objectivité, pour se lancer dans la lecture de l’avenir dans le marc de café ! Il en existe qui ont eu l’impudence de prétendre faire condamner par la Commission nationale des comptes de campagne électorale, les Conseils généraux socialistes, pour avoir publié des textes alertant l’opinion publique sur les difficultés financières des départements…Des effets « spécieux » pour gruger les gens qui croient que la parole… c’est de l’argent ! «…Notre collectivité (NDR : le conseil général ) diffuse un état d’esprit très pessimiste et très anxiogène qui influe considérablement sur les choix politiques qui sont faits… » expliquait, par exemple, le groupuscule UMP du Conseil général de la Gironde après la présentation du budget 2010. Il faut dire qu’il lui fallait avaler une démonstration implacable d’Yves Lecaudey et la pilule était amère. Tous les départements de France entrent en effet dans une zone de turbulence forte, pour les mieux lotis, ou prennent l’eau avant de couler, pour les plus touchés ! C’est irréfutable, mais que ne ferait-on pas pour défendre des décisions politiciennes dont on constate, chaque jour, la totale inefficacité. Le problème des départements est ailleurs que dans ces constats biaisés. La suppression de la TP, dont on constate chaque jour les bienfaits sur la compétitivité économique de la France, le projet de confiscation du suffrage universel par la création du conseiller territorial, seul moyen déniché pour récupérer le pouvoir local, les calomnies distillées sur les élus locaux… viennent de détruire le système républicain des trois seules véritables collectivités locales que sont les communes, les départements et les régions, car ce sont les seules dans lesquelles les élus sont redevables de leur gestion devant… les électrices et les électeurs. Les autres ne sont que des structures intercommunales techniques de gestion, sans aucune responsabilité de leurs dirigeants devant les citoyen(ne)s!
En fait, il suffit de rencontrer les représentants de l’Etat, hors du contexte médiatique (ils demandent d’ailleurs avec une point d’angoisse si la presse sera prévenue), pour qu’ils conviennent que « la situation des conseils généraux leur inspire les plus vives inquiétudes ». Peu suspects d’être « socialistes » ou « complaisants » avec les élus qui viennent leur présenter les comptes, ils démentent dans les propos les positions prises par les tenants de l’anti-socialisme primaire, ou confirment ce que ne cesse de répéter les présidents de conseils généraux de toutes tendances politiques. « Il est certain que la situation ne pourra pas perdurer, car vous êtes obligés d’assumer des décisions sociales obligatoires, car fixées nationalement alors que vos recettes sont désormais bloquées. La situation est très préoccupante » avouait hier le Préfet. Bien entendu, il lui faut rappeler que l’Etat se serre la ceinture et que les collectivités territoriales (« communes et intercommunalités surtout ») vont devoir faire de même, avant de jouer sur les mots « dette » ou « charges non compensées »… Bien évidemment, il envoie des piques sur les dates des décisions liées à la décentralisation et ses compensations : « le principe du niveau du concours de l’Etat a été fixé sur la première année du transfert et pas au-delà ! » et bien évidemment, sur tous les sujets avancés par les élus présents on fait référence à ce principe.
Peu importe que l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) soit passée en Gironde d’une couverture à 49 % en 2004 à un soutien de 33 % depuis 2006…Peu importe que le RSA, dans le contexte actuel de crise sociale puisse coûter fin 2010 plus de… 15 millions d’euros de plus… Peu importe que les transferts des personnels, jusque là gérés par l’État, augmentent de manière artificielle (gestion, GVT, besoins non satisfaits antérieurement…) la masse salariale du Conseil général… La seule vérité réside dans un État « vertueux » qui donne l’exemple en supprimant des emplois pour « diminuer les impôts et favoriser l’économie » (RGPP), en supprimant « 10 % chaque année de ses crédits de fonctionnement » (savez-vous que dans certaines communes, la Gendarmerie nationale a mis des mois à payer ses factures d’eau), en répondant aux « besoins de proximité » (allez donc chercher votre carte grise à la Préfecture !).
Toutes les analyses fournies par les… services de l’État démontrent que la situation réelle n’est ni « pessimiste », ni « anxiogène » mais qu’elle est tout simplement inquiétante, n’en déplaise aux Pythies. Les fonctionnaires eux-mêmes sont « anxiogènes » et « prudents » car ils pratiquent dans leurs commentaires la litote administrative pouvant leur éviter des déboires. Les visages traduisent parfois imperceptiblement un aveu de compréhension. Il leur est impossible humainement d’être toujours de mauvaise foi… et parfois, leur silence a une valeur particulière. Face à l’évidence, il est en effet difficile de prétendre, comme le font les satrapes UMP, que le conseil Général joue au poker menteur. Surtout quand, ensuite, on publie triomphalement dans la presse les sommes que l’on aurait obtenues pour son territoire… sans avoir voté le budget qui permet de les allouer ! Remarquez que c’est facile de berner celles et ceux qui croient que les milliards des annonces sortent des chapeaux percés, qui pensent que les artifices financiers sauvent définitivement d’autres personnes que les spéculateurs et les banquiers. Il faudrait que les citoyens pensent comme Bergson que « toute vérité est une route tracée à travers la réalité »

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