Le mercato de Pôle emploi

On est sauvé : Anelka vient d’annoncer qu’il avait trouvé un job pour la saison prochaine. Il a prolongé d’une année son contrat à 483 333 euros par mois. Comme il refuse absolument de payer ses impôts en France, et qu’il a investi sa fortune dans le golfe persique, il peut continuer à espérer ne jamais figurer sur la liste du Pôle emploi. Thierry Henry, proche de la retraite, est venu parler au chef de l’Etat du problème, porté par probablement près de 2 millions de personnes plus inquiètes que lui sur leur avenir. En effet, selon les informations de la Dares et de Pôle Emploi, publiées ce jeudi, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A (chômeurs sans aucune activité) s’établit à 2.690.600 en France métropolitaine fin mai 2010, soit une hausse de 0,8% par rapport à avril (22.600 personnes supplémentaires) et de 7,1% sur un an. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégories B et C (chômeurs exerçant une activité réduite ; activité courte pour la catégorie B ou longue pour la C) s’établit de son côté à 1.243.300. Le nombre de ceux de catégorie B diminue de 0,3% (mais augmente de 3,2% sur un an), de même que le nombre de chômeurs de catégorie C :  -0,6% (mais en hausse de 27,9% sur un an). Un tsunami se prépare pour la rentrée, avec le non départ vers la retraite de milliers de travailleurs de toutes catégories, l’arrivée sur le marché des nouveaux diplômés et… la fermeture de nombreux postes dans la fonction publique.
Au total, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi de catégories A, B, C (c’est-à-dire tenus de faire une recherche active d’emploi) s’établit à 3.942.900 en France métropolitaine (4.182.800 avec l’outre-mer). Ce nombre croît de 0,4% (soit de 16.700 personnes) en mai par rapport à avril. Sur un an, il augmente de 9,4%…. il est certain que le niveau de 10 % sera dépassé dans les prochains mois. Enfin, le nombre de personnes inscrites à Pôle emploi en catégories D et E (chômeurs non tenus de chercher un emploi ; sans emploi pour la catégorie D, en emploi pour la E) s’établit à 595.600 en France métropolitaine à fin mai.
Le nombre de celles inscrites en catégorie D baisse de 1,1% et le nombre de celles inscrites en catégorie E est en hausse de 3,7%. Quand on sait que la plupart du temps il s’agit de gens proches de la retraite, il y a tout lieu d’être inquiet sur l’allongement de la durée du travail, tant qu’on considérera qu’un futur retraité coûte cher et que son licenciement permet d’économiser et de renforcer le profit par l’embauche de jeunes sous-payés ! Dans un contexte de réforme des retraites et d’allongement inévitable de la vie active, on note que dans les catégories A, B et C, c’est le nombre de chômeurs de plus de 50 ans qui progresse le plus vite : +1,4% sur un mois et +17,9% sur un an ! Excusez du peu… Le nombre de chômeurs de moins de moins de 25 ans et de 25 à 49 ans progresse bien plus lentement : +0,3% et +0,2% sur le mois. C’est donc la démonstration que les mesures sur les retraites seront contournées par des licenciements d’opportunité.
Qui trouvera du boulot rémunéré sur la base de son expérience et de sa productivité, quand on constate que les offres d’emploi collectées par Pôle emploi ont diminué de 3,7 % en mai en France métropolitaine, mais ont en revanche globalement augmenté de 12,8 % sur un an ? La crise financière se métamorphosera dans un proche avenir en une crise sociale beaucoup plus forte que celle que prévoit le Ministre de l’économie qui devra aller prier à Lourdes pour espérer qu’un miracle de la croissance se produise.
Ce matin, au Conseil général de la Gironde, une rallonge de 20 millions d’euros a été décidée pour abonder la ligne destinée au financement du RSA. Nul ne sait si elle sera suffisante puisque, par exemple, demain matin les syndicats de l’ex-usine Ford se rendront à Cologne pour une rencontre de la dernière chance avec leur ancien employeur. Plus personne ne se fait d’illusions : une énorme catastrophe sociale se profile avec… 1500 emplois condamnés. Plus personne ne travaille réellement, et on attend le couperet qui tombera à quelques encablures du lieu où Alain Juppé leur propose de construire un grand stade, où viendraient se produire les stars du ballon rond et, qui sait, Nicolas… Anelka ! Ils n’auront plus le fric pour se payer une place ou pour même acquitter leur redevance télé mais ils auront le plaisir de savoir que leurs idoles sont bien payées. La preuve ? Hier le chef de l’Etat a préféré recevoir un salarié en déserrance, martyrisé par son « patron », mis à la retraire par anticipation et donc très perturbé pour son avenir plutôt que d’accueillir une délégation des millions de personnes de toutes conditions qui déambulaient dans les rues des principales villes françaises. C’est un signe fort ! C’est une attitude qui en dit long sur la gouvernance actuelle ! Il n’y aura pas d’états généraux sur les retraites. Trop risqué. Il y aura simplement des états généraux regroupant les chevaliers de la balle ronde, la hiérarchie des croyants et le pouvoir temporel… en octobre. Enfin d’ici là, la situation des chômeurs ayant signé dans la plus grande équipe, celle portant le sigle du Pôle emploi, se sera améliorée. Du moins on peut toujours le croire car le mercato va battre son plein !

Ce contenu a été publié dans pARLER SOCIETE. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

3 réponses à Le mercato de Pôle emploi

  1. gilles baillet dit :

    Bonjour,
    je réagis à ce triste décompte qui peut être généralisé à toute l’Europe. La question que doit se poser la gauche dans son ensemble est comment arrêter le massacre?
    1° Il faut stopper le libre échange qui se traduit depuis 35 ans par des suppressions d’emplois considérables essentiellement dans des secteurs manufacturiers mais nécessaires à notre vie quotidienne: textile, chaussure, métallurgie-sidérurgie etc. Les choix politiques qui nous ont fait croire que notre avenir était dans la haute technologie doivent être remis en cause parce que maintenant, même Airbus délocalise sa production en Chine,et d’autre part, tous les salariés n’ont pas les capacités de travailler dans ces secteurs hautement qualifiés.
    2° Il faut le retour au contrôle des échanges de capitaux et de marchandises y compris en sein de l’Union Européenne donc la restauration de la notion de frontière.L’objectif étant de surtaxer les produits délocalisés à hauteur du coût qu’ils auraient si ils avaient été produits en France.
    3° Il faut favoriser et protéger toutes initiatives de reprise par les salariés des entreprises qui délocalisent.
    4° Il faut absolument créer une banque publique pour financer la politique de renaissance industrielle que nous devons mettre en place.
    5°La réindustrialisation doit reposer sur l’émergeance d’une économie faiblement polluante et économe en énergie. Il existe des filières porteuses pour l’avenir comme l’exploitation de la fibre de chanvre par exemple qui doivent nous permettre de maintenir un monde vivable. En outre, il y a actuellement trop de transports de marchandises qui détruisent inutilement la nature. La relocalisation de l’économie sera un bon moyen de réduire cette catastrophe.
    6° Il faut également restructurer l’agriculture qui est en train de mourir du productivisme et de l’hyperconcurrence. Si nous revenons à une agriculture normale, c’est à dire sans produits pétroliers et sans organismes monstreux, nous pouvons créer dans ce secteur entre un et deux millions d’emplois. La France doit redevenir capable de nourrir sa population sans faire appel à des transports de produits agricoles du monde entier.
    7° Quels échanges internationaux? Le cadre national n’est pas dépassé parce qu’il est du moins en Europe, un espace où s’exprime une certaine démocratie. La gauche doit proposer une politique de coopération internationale qui rompra avec la concurrence folle qui règne actuellement. Elle prendra d’autant moins de risque à se lancer dans une telle politique qu’elle aura restauré les moyens de sa souveraineté et de se protéger.
    Que faire de l’UE? Dans l’état actuel des choses, cette machine à broyer les salariés par les politiques libérales qu’elle impose, est une entrave à une politique de gauche digne de ce nom. Sa monnaie unique n’a favorisé que l’argent et a étranglé les salaires dans les pays les plus avancés. Il faut donc que la France envisage de sortir de ce carcan.
    Bien cordialement

    PS: l’internationalisme est la coopération entre les peuples et non leur mise en concurrence à marche forcée.

  2. J.J. dit :

    Vaste (et ambitieux) programme, comme aurait dit le Général, mais qui ne pourra être mis en place que si l’on déloge les parasites de tout poil qui font leur beure de la situation actuelle.

    Il est à craidre que si on y

  3. J.J. dit :

    Vaste (et ambitieux) programme, comme aurait dit le Général, mais qui ne pourra être mis en place que si l’on déloge les parasites de tout poil qui font leurs graisse (je ne dis pas leur beurre, le produit est trop noble) de la situation actuelle.

    Il est à craindre que si on y arrive, ce ne soit pas sans verser du sang et des larmes (pas seulement celle malheureusement des crocodiles qui nous gouvernent).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.