Le cancer du doute progresse

Les personnes qui construisent l’opinion dominante ne semblent pas comprendre que le mal profond qui traverse la société française, c’est le doute. Une très grande majorité des Françaises et des Français ne fait plus confiance aux discours officiels et aux femmes et aux hommes qui les portent. Pour beaucoup d’entre eux, il n’y a plus aucune vérité dans le comportement social, puisque tout est artificiel et relève du mensonge institutionnel. Heureusement ils ne croient plus en rien et sont déconnectés de la politique, qu’ils considèrent comme un théâtre de guignol permanent. Dans cette évolution, la droite libérale actuelle porte une lourde responsabilité, comme les socialistes avaient donné naissance à cette appréciation de la gestion publique. Il ne faut absolument pas nier cette évidence qui pervertit totalement l’action publique. Qui peut encore accorder sa confiance pleine et entière à celles et ceux qui passent leur temps à faire prendre des vessies pour des lanternes, ou à tenter de masquer leurs erreurs derrière des écrans de fumée médiatiques ? Absolument plus aucune certitude n’émerge idéologiquement ou politiquement de ces dernières années, puisque toutes les illusions ont explosé face aux réalités. Et c’est ce qui rend la démocratie fragile, car elle a souvent recours, en pareille période, à l’homme providentiel qui apparait comme celui qui va redonner un sens à l’action collective.
La France a largement douté de la IVème République, déliquescente et inerte, pour se jeter dans les bras de de Gaulle qui, par son autorité strictement historique, a évidemment tué la vie parlementaire. Plus d’un demi-siècle plus tard, on constate que le costume du « recours » est devenu beaucoup trop grand pour les prétendants. En s’appuyant en permanence sur les apparences pour gouverner, et en mentant effrontément aux électrices et aux électeurs, on a créé des brèches irrémédiables dans la confiance globale qui est indispensable dans une République saine.
Le chef de l’Etat français actuel portera une lourde responsabilité dans cette stratégie destructrice, qui correspond à un sabordage en règle des principes essentiels de la politique, au sens ignoré par la population de ce terme. Tout est devenu « politicien » et plus rien n’est demeuré « politique ». Uniquement des faux-semblants, des trucages, des déclarations, jamais suivies d’effets, du trompe l’œil médiatisé grâce à des complicités patentes, une énergie mise exclusivement au service d’un clan ou d’une classe, et un précipice se creuse entre les gens qui devraient compter et l’opinion publique. Un sentiment général est en passe de grandir : « marre qu’on nous prenne pour des billes. Tous pareils, et donc je me retire sous ma tente, sur laquelle il y a écrit « maison-gazon-télévision » ou « métro-boulot (quand j’en ai un)-dodo » avec, à la clé, une abstention assumée ». Il est incontestable que la cinquantaine de femmes et d’hommes qui constitue le cénacle médiatique national porte une lourde responsabilité dans cette mutation désastreuse des esprits.
Le feuilleton de ce qu’il faut bien appeler « l’affaire Woerth » aura ainsi des conséquences catastrophiques, après les premiers dégâts commis par « l’affaire Cleartsream », déjà oubliée médiatiquement, mais qui ressurgira un jour ou l’autre. Elle aura totalement décrédibilisé toute la vie politique française par le fait qu’elle touche aux fondements de la République. D’abord, parce que depuis le départ, elle remet en cause la crédibilité de la justice. Plus personne ne croit en la séparation des pouvoirs depuis que le système est manipulé, exploité dans sa complexité actuelle pour préserver celui qui est du côté des puissants, alors qu’il accable par des décisions impitoyables celui qui peut être rangé dans la médiocre catégorie des faibles. D’un côté, on hurle à l’injustice, on proclame l’état d’urgence de la sévérité, on accable les juges qui respectent la loi actuelle et de l’autre, on manigance, on élude, on exonère… D’un côté, une contravention tombe sur un automobiliste dangereux car il a dépassé la vitesse autorisée de 6 kilomètres ou qu’il a oublié sur quelques centaines de mètres sa ceinture de sécurité ou qu’il a oublié qu’un verre de trop peut lui valoir une garde à vue, alors que de l’autre, une accumulation de preuves irréfutables, dans un système organisé dépassant l’initiative individuelle, passe pour une machination coupable. Comment peut-on avoir encore confiance dans ces effets de manche, ces soutiens officiels, ces affirmations offusquées quand, jour après jour, les faits s’accumulent ? N’importe quel citoyen doté d’un brin de jugeote devrait simplement se poser une question : mais diable, pour quelle raison M. le « Sinistre des retraites » ne dépose-t-il pas plainte contre ces médias qui diffusent sans cesse des « contre-vérités » ? C’est simple, à la portée de n’importe quel avocat et c’est le meilleur moyen des restaurer sa crédibilité dans cette affaire ! Pourquoi ne lave-t-il pas son honneur en faisant confiance à cette justice qui doit être sans pitié avec les menteurs, les voleurs, les tricheurs ? Une part de la France se réconcilierait ainsi avec une certaine idée de l’égalité devant les lois !
Il est devenu urgent que se lève un Zola qui titrerait « j’accuse ! » à la une d’un média digne de ce nom… Existe-t-il dans ce pays ? J’en doute, car désormais, seules les apparences comptent et doivent être sauvées, même au péril d’une démocratie vacillante. Qui va sonner le tocsin pour réveiller ces millions des consciences endormies par les gaz soporifiques distillés par les fabricants certifiés es « opinion dominante » ? Qui va oser oublier ses intérêts personnels pour s’exposer à la vindicte partisane ? On cherche…un(e) volontaire. Avis aux professionnels !

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10 réponses à Le cancer du doute progresse

  1. sylvie dit :

    En effet on cherche, on attend et on perd espoir. Où est la frontière entre le manque d’espoir et le désespoir ? Sûrement un peu dans la prise de conscience, l’indignation, l’action. Combien d’injustices faudra t-il encore subir avant de voir surgir une vraie solidarité ? de voir pointer le nez de celui ou celle qui aura le courage de penser plus « haut », plus large… au détriment de ses ambitions personnelles.
    La colère est mauvaise conseillère et c’est pourtant elle qui nous attend au tournant avec le lot d’horreurs et de positions extrêmes qu’elle engendre. J’ai peur de demain et bien que pas du tout individualiste, je veux que ce demain m’appartienne aussi !

  2. Michel d'Auvergne dit :

    La « droite » actuelle, celle au pouvoir fille du Fouquet’s, lêche-botte du CAC40, alliée servile de l’ultra libéralisme est un poison pour la démocratie car la démocratie c’est faire cohabiter des courants différents: or elle n’est plus un courant, ni une force politiquement parlant. Juste une équipe de clowns tragiques comme on le disait il y a quelques temps. Et ça, c’est mauvais pour la démocratie.
    Ségala est un des rares à avoir compris quand il dit que le « Web est la pire des saloperies » et quand il parle de « com » il sait de quoi il parle le copain du Président: il voit venir le danger!

  3. Jean Marie, Bonjour.
    Nous rentrons de l’hôtel Kyriad de Cahors, où nous avons dîné mon épouse et moi même.
    Je me rends bien compte que vous essayez en vain de porter le coup de grâce explicatif, en cherchant un repreneur.
    Hors la seule chose que mes 1700 et quelques articles écrits, puis la fermeture de mon bloc m’ont apprissent, cela a été de devenir un citoyen à part entière, et surtout de savoir écouter, ce que je ne faisais pas toujours auparavant.
    Mais un créatif se trouve toujours dans l’action en général.
    Le problème du corps enseignant, lui c’est qu’il a toujours été dans la négation.
    C’est là qu’est votre problème à CREON.
    De plus, je suis un garçon très très patient, mais quand enfin on consent à me lâcher prise, je refuse catégoriquement l’offre.
    Et pour tout vous dire, je suis un peu comme Lionel, j’ai une famille de « merde », dont une belle soeur que je fumerais volontiers, comme dit mon fils.
    Alors Adieu! tout cela c’est vraiment trop casse couilles, et je plein vos petits enfants…

    Réponse :
    Je tiens à te rassurer : je ne suis pas à la recherche d’un « repreneur »… et je te demande d’oublier mes petits-enfants qui ne se plaignent pas . Qui est Lionel ?

  4. Je ne me suis vraiment jamais beaucoup investie en politique, ayant du mal à discerner le vrai du faux. Lors des élections, j’essaye de comprendre les discours de chacun et je finit par aller là où mes convictions de fille du peuple me porte. Mais j’avoue qu’il me semble que tous deviens une course à la médiatisation, « plus on parle de moi à la télé ou dans les journaux, mieux c’est ». Je n’aime pas les émissions genre « secret story » et consoeurs, et je place les politiciens dans la même classe maintenant. Je les zappe au même titre sur mon écran. La place doit être bonne pour se la disputer ainsi.

  5. PIETRI Annie dit :

    Comment ne pas être d’accord avec toi ? Oui le cancer du doute envahit toutes les couches de la société, et la démocratie y perd son âme ! Heureusement qu’il y a encore quelques citoyens conscients qui déploient toute leur énergie pour ouvrir les yeux aux autres, ou leur garder les yeux ouverts. Seuls leurs coups de gueule et leur persévérance nous permettront peut-être d’échapper au gouffre vers lequel nos gouvernants actuels nous conduisent.
    @Daniel Palacin : Adieu…en espérant que cet adieu n’est pas un mot en l’air!!! Quant à votre dernière phrase : »je PLEIN vos petits enfants », rassurez vous, les petits enfants de Jean Marie sont et resteront très fiers de leur grand père…et n’ont nullement besoin de votre compassion.
    A bon entendeur, salut !

  6. J.J. dit :

    Il y eut des gens de gouvernement qui, face à des accusations 100 fois moins graves, et dont souvent on les a disculpés, n’ont pas hésité à démissionner de leurs fonctions, voir de la vie.

    Je ne précise pas de quel côté ils se situent généralement, chechez vous même.

    Mais nous avons là affaire à des gens qui n’ont aucun sens de l’honneur, ou alors une définition très vague et personnelle, comme lorsque monsieur Balkany prétend qu’il est un honnête homme….

  7. sylvie dit :

    @ D Palacin : rassurez moi vous aviez bu ?
    parce que sinon ce règlement de compte sur ce site est sidérant… Moi j’habite Libourne et à comparaison j’adore Créon !

  8. danye dit :

    Bénévole depuis 23 ans à la FSAL de LANGON
    j’ai salué avec joie J. MARIE ,MARIE CHRISTINE QUI SONT VENUS HONORER gentiment notre 25 éme manifestation vins et fromages AU PARC DES VERGERS de Langon !! la journée était loin d’être terminée pour le maire de Créon … Cet homme engagé pour les plus pauvres ne mérite pas de tels écrits …<<Vous deviez avoir ingurgité quelques < pressions de trop Monsieur Palacin !
    Une question ? Si vous trouvez les articles de J.M…. si désagréables FAITES DONC CHER MONSIEUR COMME POUR LES RADIOS … tourner le bouton et allez voir ailleurs pour déverser votre fiel…MERCI BEAUCOUP DE DISPARAITRE …..

  9. Kikyriad Hostel of Cahors dit :

    Démenti : L’Hôtel de Cahors à Riad n’est pour rien dans les propos tenus par Monseigneur Palacin.
    Aucune plainte à l’encontre du restaurant ne fut déposée par d’autres convives ayant partagé les mêmes mets lors du dîner le dit soir !

  10. danye dit :

    je confirme être passée par là.. service et accueil sympa… les Monseigneur »en tous genres existent dans toutes les régions ! Quand serons nous débarrassés de
    ces poltrons qui se vendent pour quelques radis et les honneurs qui vont AVEC ?

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