Quand va-t-on bouger contre l'angle mort ?

Suite à l’accident mortel d’une cycliste enceinte, renversée et écrasée par un camion-benne à Paris le 14 octobre, le président du Club des villes et territoires cyclables, Jean Marie Darmian, demande à nouveau la mise en œuvre de mesures concrètes afin de lutter contre les accidents impliquant un poids lourd qui constituent aujourd’hui le principal risque à vélo.
Le Club des villes et territoires cyclables demande notamment à la Délégation à la sécurité et la circulation routière de diffuser le compte-rendu de la première réunion de concertation nationale sur la cohabitation entre véhicules de grand gabarit et usagers vulnérables que sont les piétons et les cyclistes, qui s’est tenue le… 11 février 2010. Cette réunion, demandée par le Club des villes et territoires cyclables depuis juillet 2008 avait réuni l’ensemble des acteurs concernés et les associations d’usagers de la rue. Depuis… plus rien : aucune suite, aucune mesure, comme si le lobby des poids lourds était supérieur à celui des vélos ! Les propositions du Club des Villes et territoires cyclables, pourtant accueillies favorablement par la DSCR n’ont fait l’objet d’aucune suite ni mise en œuvre à ce jour.
Le scénario de l’accident vélo impliquant un poids lourd, et notamment celui de « l’angle mort » représente, selon l’étude* présentée le 11 février, 39% de ces accidents. Bien que qualifié par la DSCR d’ « enjeu de sécurité majeur », ce scénario et les propositions avancées en février dernier n’ont pas fait l’objet de la mobilisation nécessaire des pouvoirs publics.
La pratique du vélo en ville n’est pas dangereuse, comme le prouve le faible nombre d’accidents, rapporté à l’augmentation de la pratique à Paris et dans de nombreuses villes, et le boom du vélo en libre-service. L’accident intervenu le 14 octobre est le premier accident mortel de cycliste en 2010 à Paris.
Les trois propositions du Club des villes et territoires cyclables présentées le 11 février 2010, doivent être mises en œuvre sans délai :
La mise en œuvre du Code de la rue : vite !La démarche nationale de mise en œuvre du Code de la rue, avec les premières mesures réglementaires adoptées par décret en juillet 2008, offre un cadre privilégié pour faire aboutir ces évolutions nécessaires pour une meilleure prise en compte des usagers vulnérables. Mais force est de constater que depuis près de deux ans, elle marque le pas. Le second décret portant diverses modifications du Code de la route, annoncé depuis deux ans n’est toujours pas paru ! Or c’est bien le cadre dans lequel il faut encourager, non seulement des évolutions réglementaires, mais également le débat expert et citoyen sur le statut des usagers de la rue et leurs relations sur l’espace public.
La ligne avancée, en amont des passages piétons : une mesure concrèteLe Club propose également que soit étudiée dans les meilleurs délais la généralisation d’un dispositif comme la ligne d’arrêt avancée, en amont des passages piétons (à environ 5 mètres, permettant aussi de réaliser un sas pour les cyclistes) qui est de nature à améliorer la visibilité et donc la sécurité des piétons, notamment en présence de véhicules de grand gabarit. Cette ligne avancée est déjà adoptée par la majorité des autres pays européens.
La mutualisation des initiatives et des bonnes pratiquesLes initiatives des associations et des collectivités territoriales en faveur de la sensibilisation des usagers de la rue sont nombreuses depuis plusieurs années. S’ajoutent les démarches des opérateurs de transport public et des entreprises de transport routier. Les exemples étrangers de campagnes de sensibilisation constituent aussi des ressources utiles. La mutualisation de ces outils dispersés pourrait renforcer l’expertise professionnelle et participative dans l’intérêt général et alimenter la concertation nationale.

* Etude réalisée par le CETE Normandie-Centre sous la direction du Certu sur les scénarios d’accidents entre cyclistes et poids lourds en milieu urbain entre 2004 et 2007 (828 accidents France entière).

Claude Lisbonis Communication / CLC
T. +33 (0)1 42 02 17 40 / 06 20 67 18 66 — c.lisbonis.com@wanadoo.fr

Le Club des villes et territoires cyclables, créé en 1989 par 10 villes pionnières, regroupe aujourd’hui plus de 1 000 collectivités – villes, agglomérations, départements, régions. www.villes-cyclables.org

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1 réponse à Quand va-t-on bouger contre l'angle mort ?

  1. Christian Coulais dit :

    La direction de la communication de la CUB avait édité un dépliant en 8 volets format 10X15, intitulé « trop près », aux couleurs modernes noire pour les véhicules et orange zébré pour les angles morts. C’était à l’attention des piétons, cyclistes et motards. Voilà un outil simple sans paroles mais aux schémas clairs. Il pourrait être décliné pour les enfants mais aussi sous forme de totem près des sites libre-services, stations vélos… Si JMD en souhaite un ex., j’en possède un.
    Mais pour autant, même avec un gilet fluo, un casque vélo, des jantes rayonnantes de luminosité, un vélo reste de petit volume…C’est aussi aux camionneurs et automobilistes de faire attention. Certes du haut du donjon d’acier, c’est difficile. Radio, sandwich, téléphone portable, conversation avec passager sont autant de distractions pouvant supprimer à jamais une ou plusieurs vies, laminer le bonheur du reste de la famille…

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