Justifier la confiance des autres

Il est certain que dans la vie publique les imaginations vont bon train et que la différence a du mal à s’imposer, surtout quand les références ne sont que nationales. Il se trouve que je crois toujours à la sincérité des engagements politiques, et je n’en démords pas, puisque sans cette conviction il est inutile de se démener chaque jour pour l’intérêt général. Je partage ce vers de Victor Hugo « ceux qui vivent sont ceux qui luttent », et le seul moyen de ne pas perdre de combat c’est justement de refuser de les mener. Depuis plus d’une semaine, sur proposition de Philippe Madrelle et Françoise Cartron, j’ai été conduit à réfléchir sur un nouveau défi : être candidat à la présidence de l’Association des Maires de la Gironde après le départ de Bernard Seurot, Maire de Bruges ! Cette proposition a reçu successivement l’approbation des parlementaires girondins actuels ou passés, Alain Anziani, Alain Rousset, Martine Faure, Pascale Got, Michel Sainte Marie, François Deluga, Philippe Plisson, Pierre Ducout, Bernard Dussaut… et de très nombreux conseillers généraux, régionaux ou Maires. Cette marque de confiance, venant de personnes en prise directe avec la gestion décentralisée m’a beaucoup touché et m’a donné l’allant nécessaire pour mener le seul combat qui compte, celui des idées !
Malmenés par des réformes successives déstabilisatrices, et surtout très angoissantes pour l’exercice de la charge qu’ils ont choisi d’assumer, les Maires ont absolument besoin d’une Association départementale forte (présente médiatiquement), autonome (déconnectée des enjeux des exécutifs nationaux), solidaire (réunion des zones périurbaines et rurales). En pensant que je pouvais incarner un président dynamique, travailleur et présent, ces élus de terrain m’ont conforté dans ce qui a toujours donné un sens à ma vie : agir dans la tolérance et la sincérité, pour la défense du plus beau mandat électif actuel.
J’ai conscience que j’aurai besoin de tous les soutiens, d’un vaste rassemblement dépassant les clivages artificiels, d’une équipe fiable pour répondre à une attente forte des maires d’un département dans lequel une très grande majorité de communes voient leur existence même, menacée par des choix politiciens. Il faut avoir le courage de ses votes, et les assumer ensuite face aux gens du terrain, surtout quand ils ne vous ont pas élu pour les trahir au plan national. C’est parce que je crois dans l’engagement clair, solide, durable, que j’ai accepté de me présenter aux suffrages de mes pairs avant, je l’espère, le rendez-vous du suffrage universel pour les cantonales, de telle manière qu’il n’y ait pas mélange des échéances.
Je mesure pleinement ce soir, après une journée passée à régler les dossiers environnementaux girondins, à me pencher sur l’avenir de cette filière économique décisive qu’est le tourisme, à gérer une commune récemment entrée dans le cercle fermé des détentrices du ruban du développement durable, la responsabilité qui est désormais la mienne. Pas facile d’incarner des espoirs de changement, pas facile de convaincre plutôt que de contraindre, pas facile de se détacher des références faciles des engagements politiques. Désormais, me voici au départ d’un cheminement en campagne dont j’ignore absolument la durée… C’est exaltant comme une randonnée de montagne où l’on peut espérer arriver au but par les sentiers les plus escarpés.
Ma seule ambition sera celle d’être cru et de conduire la majorité des Maires à prendre conscience que, faute de lendemains qui chantent, ils n’en auront pas trop qui désespèrent. Chaque jour, une nouvelle responsabilité leur échoit en matière sociale, éducative, environnementale, économique, de sécurité, d’animation culturelle ou sportive. Les maires sont devenus les boucs émissaires de tous les échecs sociaux actuels. Je le comprends. Je le ressens. Je le vis. J’espère être capable de le transmettre.
Merci à ces amis, les vrais, qui ont su passer outre leur envie de relever à ma place ce qui reste dans toutes les circonstances un défi : une élection sur son nom et son projet ! L’information est désormais connue, et le plus dur reste à faire. Justifier la confiance mise en vous par les autres ! Et je sais, depuis maintenant 30 ans, que ce n’est pas toujours aussi facile qu’on le pense de l’extérieur.

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