Les déplacements de la démagogie dynamique

Avec l’élection, par les Présidents d’intercommunalités UMP bien évidemment apolitiques, du sénateur UMP apolitique Gérard César à la tête de l’association des Maires de la Gironde réputée apolitique, et la présentation des candidats de Droite apolitiques aux cantonales, il faut se rendre à l’évidence : les collectivités territoriales du Département sont sauvées. Il est vrai que ce qui se déroule dans les autres départements (Gard et Hérault notamment) atteste qu’elles n’ont rien à craindre du charcutage territorial qui se prépare ! Le duo Gérard César-Yves de Ponton d’Amécourt veille, et tout ira mieux après les cantonales en Gironde. Il faut pourtant décoder le contenu du « papier publié par Sud Ouest » (1) et chercher la vérité sous les apparences !
D’abord, les candidats de la Droite ultra libérale, résolument favorables à la destruction du Conseil général qu’il veulent, comme Edouard Balladur, voir s’évaporer, se sont vite affranchis du label UMP qui ne fait pas recette en ce moment. Aucun d’eux ne revendique plus le logo de ce parti, alors que toutes et tous soutiennent mordicus, directement ou indirectement, que la meilleure politique pour la France c’est celle que mènent Nicolas Sarkozy et François Fillon. Avec « Gironde avenir », ils avaient créé un parti fictif leur permettant de masquer cette réalité, ils y ont ajouté le qualificatif « dynamique » pour faire bonne mesure dans une période où la « réaction » a pris le pas sur le progrès ! Logique, car c’est avec un dynamisme particulier que l’UMP et ses amis, complices centristes, détruisent le système républicain et ramènent la France et la Gironde sous le Second empire.
Pas un jour sans que leurs responsables nationaux saccagent les services publics, révoltent les personnes ayant en charge les fonctions régaliennes de l’Etat (police, justice, éducation…), accroissent les privilèges pour les nantis et rabotent les moindres revenus des salariés, se défaussent sur les collectivités locales des missions que la ruine des finances publiques ne leur permet plus d’assumer. C’est ce que les candidats de la droite girondine appellent certainement du « dynamisme » au service de l’économie et de l’environnement ! Le modèle gouvernemental sera transposé au niveau local.
« En revanche, deux axes fondamentaux apparaissent (chaque canton gardant ses spécificités) : l’économique et l’environnemental plutôt que le social, émietté dans diverses mesures. Philosophie politique oblige, la diminution de la fiscalité est un des points clés du programme.
La droite et le centre comptent y parvenir en réalisant des économies sur les frais de fonctionnement et les achats : « le Conseil général achète plus cher que les autres », prétend d’Amécourt »
. Cet extrait de Sud Ouest constitue le cœur du programme électoral de l’UMP girondine, et on le comprend, car c’est un résumé de la politique actuelle menée par le Chef de l’Etat français et ses Ministres.
C’est ainsi que le budget 2009 de l’Élysée avait enregistré une hausse de 11,4%, atteignant la somme de 112,3 millions d’euros. Rappelons, bien entendu, que ce dernier était déjà passé de 32,3 à 100,8 millions d’euros dès l’arrivée du président… qui roule en voiture à pédales.
Ouf ! les contribuables girondins vont être rassurés : en Gironde, ce sera la rigueur avec, par exemple, une mesure d’une exemplarité particulière : « on changera la voiture du président ! » Avouez qu’il y a là une mesure hautement symbolique, car pour aller au bout des économies, le Président, qui parcourt le plus grand département de France sera doté d’une voiture sans permis fonctionnant au gaz naturel ! A l’UMP, on donne l’exemple puisque, tout le monde l’a constaté, le mentor de MM. César et de Ponton d’Amécourt a trouvé une solution pour économiser ou se rapprocher du peuple qui souffre : un budget en trompe-l’œil qui montre la limite de cette transparence voulue et revendiquée. Si, dans un premier temps, cette dernière avait engendré une utilisation décomplexée de l’argent public, elle entraîne désormais, la crise aidant, un ensemble de subterfuges pour éviter d’alourdir l’ardoise. Il est plus que fondamental pour l’image du Président d’apparaître en responsable soucieux des deniers publics. Ce que, au regard des hausses réelles et constantes de son propre budget, il n’est pas. Puisque, par exemple, le nouvel avion présidentiel :176 millions d’euros (et encore !), est ainsi financé par le ministère de la Défense et ne viendra donc pas grossir le budget élyséen déjà pharamineux. Les travaux effectués au Pavillon de la Lanterne, la résidence secondaire du Premier ministre que Nicolas Sarkozy a annexée dès 2007, sont eux pris en charge par le budget de Matignon.
Le déplacement strictement électoraliste à l’île de la Réunion avait coûté 1,6 millions d’euros à lui seul !
Il est vrai que pour les déplacements, Madame la ministre MAM de l’UMP a donné l’exemple, en acceptant deux voyages en Tunisie assurés par un vieil ami au bord de la ruine, que son bon cœur vis à vis du despote tunisien a perdu ! Elle au moins, a préféré, pour la santé de ses parents, économiser l’automobile pour se déplacer en avion. C’est probablement du dynamisme environnemental pour le bilan carbone ! mais comme à son habitude, Nicolas Sarkozy, référence suprême pour Yves de Ponton d’Amécourt, a tenu à être encore meilleur. Pour effectuer le déplacement lointain et éreintant entre Paris et Bruxelles hier, il a choisi de faire les 300 kilomètres qui séparent les deux capitales avec… deux avions.
Outre l’avion présidentiel, le fameux A330, en service depuis 2010, la présidence française avait également affrété un Falcon Tx, plus petit…En novembre 2010, un magazine spécialisé avait noté que Nicolas Sarkozy était le 6e plus grand émetteur de CO2 parmi les chefs d’Etat et de gouvernement. « S’il avait voyagé avec Air Sarko One dès cette année (2010), il aurait multiplié par 2,5 ses émissions de CO2. Ce qui l’aurait ramené en deuxième position de ce classement », jugeait le magazine.
Nicolas Sarkozy avait par ailleurs fait valider par Matignon, à l’été 2010, une note demandant aux ministres d’éviter, autant que possible, les déplacements en avion (Yves de Ponton d’Amécourt l’avait probablement inspiré) s’ils pouvaient les remplacer par le train (en Gironde c’est difficile pour Philippe Madrelle). Note qui ne concernait visiblement pas l’Elysée.
Le voyage entre Paris et Bruxelles en TGV Thalys dure en moyenne une heure et vingt minutes. Une heure de vol de l’A330 présidentiel revient à peu près à 20 000 euros, celle d’un Falcon TX revient à 7 700 euros. Faites le calcul et avec un seul voyage, imaginez combien de voitures hybrides on pourrait changer au Conseil général, pour que le Président puisse aller encore et toujours sur le terrain, inlassablement rencontrer les Maires et les habitants.
C’est probablement la vraie raison de ces propositions d’un poujadisme primaire, annoncées à grand renfort de publicité par les candidats ayant approuvé les réformes en cours et se préparant à être « conseiller territorial » en 2014 de vastes territoires où, bien entendu, ils se déplaceront à dos de mulet !

(1) http://www.sudouest.fr/2011/02/05/un-programme-du-futur-310464-788.php

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