La gabegie grippale enfin reconnue

Nous avons toutes et tous oublié combien, l’an passé, la fameuse grippe H1N1 a servi à masquer les réalités désastreuses d’une France en pleine tourmente. D’ailleurs, la spirale vers le bas, un temps occultée par la peur de « peste-grippe » d’une autre époque, s’accentue. Le pays traverse une dépression exceptionnelle, créée par des pseudos réformes réactionnaires, sans aucun effet sur le quotidien de gens de plus en plus nombreux à souffrir. D’abord, le moral est en chute libre, au plus bas depuis le début de cette évaluation, le chômage est en hausse vertigineuse, la pauvreté atteint des sommets, surtout chez les personnes âgées privées d’une manière ou d’une autre de ressources, le pouvoir d’achat s’effrite quotidiennement.
Le déficit commercial de la France a atteint 51 milliards d’euros en 2010. Un record absolu. Un de plus du gouvernement Fillon ! Sur la période janvier-novembre, le déficit commercial cumulé a atteint 45,77 milliards. Le chiffre annuel de 51 milliards implique donc un déficit d’environ 5,2 milliards pour le seul mois de décembre, sachant que les statistiques de novembre auront probablement été révisées. Le déficit total 2010 est en hausse par rapport à celui de… 44,2 milliards enregistré en 2009.
« Les grands contrats comme les ventes d’Airbus ont permis d’accroître les exportations françaises de 47 milliards d’euros l’an dernier », précisent les spécialistes.
Un tel chiffre implique des exportations annuelles d’environ 393 milliards, un niveau inférieur à ceux des années 2007 et 2008 !
A quoi ont donc servi les voyages présidentiels au cours desquels sont régulièrement annoncés des contrats vertigineux qui ne sont que de la poudre aux yeux béats de ce milieu qui croit encore aux Voyages de Représentation Présidentielle ! En fait, il faudrait une bonne pandémie grippale pour effacer ces statistiques négatives qui s’entassent comme autant d’échecs ! Certes, aujourd’hui, nous avons enfin appris une bonne nouvelle qui a certainement fait chaud au cœur des salariés : en hausse dès les premiers échanges, le CAC 40 a, dans un premier temps, inscrit un plus haut à 4098,64 points pour terminer la séance sur un gain de 1,08 % à 4.090,80 points, soit au-dessus de son plus haut de séance d’avril 2010. Ouf ! Tout le monde n’a pas de raison de perdre le moral. Le virus H1N1 aurait pu encore permettre de cacher que certains gagnent encore beaucoup, beaucoup de fric, en dormant. Sauf que le bougre a lui aussi battu tous les records de dépenses inconsidérées !
Un an après l’épidémie de grippe A (H1N1), la polémique sur le coût de la campagne de vaccination va reprendre avec, cette fois, des éléments concrets. Dans un rapport qui vient d’être remis au Sénat, la Cour des comptes estime qu’elle a coûté entre 685 et 756 millions d’euros! Soit de 137 à 208 millions de plus que l’estimation du gouvernement, faite par la Direction générale de la santé (DGS) en septembre dernier. Un léger détail qui vaudra à Roselyne Bachelot les mêmes compliments que ceux que le Chef de l’Etat français ne manquera pas d’accorder à la voyageuse anonyme de Tunisie.
D’abord, la Cour a comptabilisé les vaccins donnés à l’OMS (87 millions d’euros), contrairement au gouvernement.
« Ce choix paraît logique, commente le sénateur… UMP Alain Milon. Si ces vaccins n’ont pas été utilisés en France, il reste qu’ils n’auraient pas été acquis en l’absence de pandémie. » La Cour tient aussi compte des achats de masques de protection pour les agents de l’administration (39 millions). Elle retient enfin une évaluation plus élevée de l’indemnisation des professionnels de santé libéraux mobilisés (avec un écart maximal de 72 millions). Tout n’a donc pas été perdu pour tout le monde ! Le prix d’achat des vaccins était par ailleurs très élevé. Du fait d’une coordination européenne à peine esquissée, les laboratoires pharmaceutiques sont parvenus à mettre les Etats en concurrence et se sont placés en position favorable pour contracter des contrats juteux , notent les conseillers de la Cour des Comptes. En fait, les laboratoires se sont engraissés sur le dos du contribuable, mais on sait que, par ailleurs, ils sont irréprochables sur l’éthique en matière de médicaments et donc de vaccins ! Pendant la négociation, au printemps 2009, les pouvoirs publics ont privilégié les dates de livraison – il fallait disposer le plus vite possible des vaccins -, et au contraire « cédé sur la contrainte de prix ». Or « l’importance qu’a prise la contrainte de calendrier est difficilement compréhensible », poursuit la Cour, car les experts étaient déjà convaincus que le virus arriverait très tôt sur le territoire français et que la vaccination interviendrait de toute façon trop tard pour jouer son rôle de « barrière ». Si ce n’est pas un scandale de plus, je suis prêt à manger mon chapeau. Que n’aurait-on lu dans le Figaro, qui rapporte ces faits, si un ministre de Gauche avait ainsi dilapidé les fonds publics !
Les sondages montraient qu’une majorité de Français ne voulaient pas se faire vacciner. « Du fait de la désaffection de la population, l’offre de vaccination dans les centres a été largement surdimensionnée, mobilisant des équipes médicales, infirmières et administratives, pendant des journées où peu de vaccinations étaient effectuées, ce qui a été source de coûts importants et de démotivation des équipes. » La Cour estime que les hôpitaux auraient pu jouer, aux côtés des centres de vaccination, « un rôle beaucoup plus important », ce qui aurait réduit le coût de la campagne. Elle note aussi « un important gaspillage » de vaccins du fait de leur conditionnement par doses de dix. Quelque 2,7 millions de doses ont été gâchées, « soit la moitié environ de celles qui ont été effectivement utilisées pour la vaccination ». Il y a même eu des gens qui se sont fait accuser de traîtrise et clouer au pilori médiatique pour avoir contesté, à l’époque, ces réalités. Nous étions en guerre, une bonne guerre fictive, qui a permis de faire l’union sacrée grâce à l’opinion dominante terrorisée.

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1 réponse à La gabegie grippale enfin reconnue

  1. Cubitus dit :

    Que dire ?
    Responsabilité des médias (complices ?)qui ont mené une campagne de panique mettant en exergue le moindre toussotement suspect comme s’il s’était agit du virus Ebola ? Collusion de certains (hauts) responsables politiques avec les grands groupes pharmaceutiques par la passation de marchés publics aux procédures plus que douteuses ? Incompétence de Bachelot (la pharmacienne avec la bouche en coeur) ou à tout le moins impéritie (facile quand il s’agit de l’argent du contribuable)?
    En définitive, une gabegie, un monumental gâchis pour les finances publiques que beaucoup ont dénoncé dès le départ.
    Mais un gâchis qui n’a pas été perdu pour tout le monde comme vous l’avez rappelé.

    Pour mémoire :
    Article 15 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789.
    « La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration ».

    On a eu « responsable mais pas coupable ».
    On a maintenant « coupable mais pas responsable ».
    On a coupé des têtes pour beaucoup moins que ça en 1793…

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