La meute de l'outrance organisée est lâchée

Lors d’une conversation téléphonique récente avec l’un de mes amis, rédacteur en chef adjoint d’un grand hebdomadaire national, j’ai recueilli son sentiment sur le contexte politique actuel :« DSK aura du mal à être candidat. Pour plusieurs raisons. La première, c’est que son comportement social a des similitudes avec celui de Nicolas Sarkozy. L’UMP l’attaquera immédiatement sur ses relations à l’argent, sur ses connaissances, sur ses amis, sur le milieu d’où il vient. Il s’agira de le discréditer dans l’opinion publique le plus vite possible, afin, par écho, de réhabiliter les frasques de leur Président. Je crois que s’ils ont des idées différentes, tous deux sont sur le même créneau en terme d’image, et tout sera fait pour inscrire cette similitude dans l’opinion, de telle manière que l’on arrive à un « blanc bonnet » et « bonnet blanc » au moment du vote.
Ils accumulent des documents depuis des mois. Ils lâcheront, le moment venu par paquets, des informations sur son train de vie, sur son entourage, sur tout ce qui peut détruire son action publique. Ils entretiendront la confusion qui dédouane Nicolas Sarkozy et commence à semer le doute dans le camp susceptible de soutenir DSK ». Ce journaliste écrivain avait vu juste puisque, au premier frémissement d’une possible candidature du patron actuel du FMI, les seconds couteaux ont lancé les attaques qui illustrent ces propos.
L’UMP s’en est pris durement à Dominique Strauss-Kahn, accusé d’incarner la « gauche ultra-caviar » et les « bobos », mais de ne pas être à « l’image de la France », dans un discours digne de « Déroulède ou Maurras ». Sur radio J, le patron des députés UMP a estimé que les primaires PS favorisaient les zones urbaines, en terme de nombre de bureaux de vote et s’apparentaient par conséquent à un scrutin de « bobos », catégorie sociale qu’il juge « plutôt bien » incarnée par le patron du FMI. Dominique Strauss-Kahn « ce n’est pas l’image de la France, l’image de la France rurale, l’image de la France des terroirs et des territoires, celle qu’on aime bien, celle à laquelle je suis attaché », a ajouté avec délectation le député UMP de Seine-et-Marne.
Un peu plus tôt, sur la radio RCJ, le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur Pierre Lellouche déclarait qu’il doutait de la capacité de Dominique Strauss-Kahn à faire le plein à gauche, en raison de son image. « C’est un bon candidat, mais en même temps, est-ce qu’il rassemble son propre camp ? Parce que c’est quand même la gauche ultra-caviar et celle que j’aime bien, celle qui connaît le libéralisme, celle qui connaît la mondialisation (…) Beaucoup de gens de gauche que je connais considèrent qu’il est de droite et pas de gauche », a-t-il lâché, comme soulagé de pouvoir enfin dire du mal de l’adversaire putatif de son chef vénéré ! Encore une fois, le système de la « chasse en meute » avec aboiements similaires et uniformisés par un conseiller en communication déjà opérationnel a parfaitement fonctionné.
Selon le célèbre linguiste américain Noam Chomsky, qui a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média, il existe une pratique très efficace de la « distraction ». Elle se décline comme un élément primordial du contrôle social et consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes.
La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. ». Il faut donc sans cesse créer des polémiques pour occuper l’espace médiatique, avec des personnes qui répètent en rafale un message provocateur ou abêtissant.
Les nazis ont utilisé avec efficacité ce procédé de la « distraction » permettant de masquer ses insuffisances de fond et orienter l’opinion sur des attaques ciblées. Nous n’en sommes qu’aux balbutiements de cette méthode dans le domaine de la campagne présidentielle, alors qu’elle est déjà quotidiennement utilisée depuis l’arrivée de qui vous savez dans le Palais de l’Elysée. Tous les jours, il faut transformer le subalterne, le fait anodin (hier on a failli gober le détournement d’une maquette de chanson de Carla comme étant le plus grave fait des dernières heures).
Il est ensuite indispensable de mettre un autre ingrédient dans ce cocktail, utilisé en permanence par l’UMP, dont les cadres ont été spécifiquement formés à exploiter le manque de culture générale de l’auditoire, en effectuant des références qui semblent anodines alors qu’elles portent les germes de l’affrontement. Les pires outrances entretiennent la polémique et c’est donc une extraordinaire aubaine. On constate ainsi sur les propos tenus à l’égard de DSK, une formule répétée par au moins deux orateurs « caviar ». ce n’est pas innocent, car cette référence convient parfaitement au contexte social actuel, en stigmatisant encore plus un homme politique réputé vivre dans le luxe, quand la plupart de ses électrices et électeurs potentiels souffrent et mangent des pâtes tous les jours, ou vont aux Restos du cœur. Ils ont également fait la référence à la « terre », concept simple, rassembleur, fort complété par le côté franchouillard, fier du « terroir », qui a une connotation d’authenticité que l’on doit refuser à Strauss-Kahn ! Cette stratégie va être démultipliée durant les prochaines semaines, tentant de faire sortir du bois DSK
« Dire que DSK n’est pas à l’image de la France, c’est sous-entendre qu’il est un étranger, un apatride, membre du +parti de l’étranger+, voire malheureusement bien autre chose », a rétorqué Cambadélis, qui a immédiatement mordu à l’hameçon médiatique. « Je demande à François Fillon ou à Jean-François Copé de rappeler à l’ordre le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Ce propos dépasse la simple controverse, il touche aux principes républicains », poursuit-il. C’est pisser dans un violon, car le sermon n’aura aucune prise sur une méthode calculée, froide, méthodique, qui ne repose pas sur des principes moraux, mais sur des concepts portés dans de nombreux pays par la CIA et ses cellules de désinformation massive.
« Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures ». C’est encore de Noam Chomsky qui vous demande pourquoi on supprime massivement des milliers d’enseignants en France…

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20 réponses à La meute de l'outrance organisée est lâchée

  1. gilles baillet dit :

    Bonjour,
    on ne peut pas dire que les attaque de la droite soient surprenantes… Et jusqu’à présent le dispositif mis en place par Cambadélis et ses mais pas non plus inefficace non plus en dénonçant un « lynchage à la Léon Blum comme dans les années trente »: ça permet de se poser opportunément en victime et de rassembler un camp pour le moins hésitant. Maintenant, celui ou celle – à gauche – qui osera critiquer le directeur du FMI sera plus facilement taxé de supos de Sarko parce qu’il ou elle crie avec l’infâme meute… S’il y a un mort dans cette histoire, c’est bien le débat d’idée et l’esprit critique (je vous l’accorde mais pas pour la même raison). Néanmoins, je serai curieux de savoir ce qu’un directeur général du FMI peut proposer comme programme « de gauche » au pays… Comment le délégué général des banques et des Américains, responsables de l’aggravation de la crise que nous connaissons depuis bientôt quarante ans, peut de poser en alternative à un système qu’il gère? A moins que, fort de son expérience et de son immence sagesse, il nous conseille tout simplement de la fermer et de serrer les fesses en nous proposant même une marque de vaseline…
    J’ai du mal à retenir mes larmes devant le cortège funèbre de monsieur débat. Mais bon comme Patrick Bruel vient d’apporter son soutien à DSK, la joie va revenir.
    Cordialement

  2. Sylvain BAHLIA dit :

    La question est là: si l’alternance c’est changer de tête… pour faire la même politique, alors c’est NON ! Le pb c’est la politique que font les « socialistes » au pouvoir (on a vu Tony Blair en Angleterre, on a Zapatero en Espagne et la retraite à 67 ans… etc…) Pas étonnant que DSK ait la sympathie des électeurs de droite qui ne veulent plus de Sarkozy ! C’est pour cela que ses amis essaient de « dédouaner » Sarkozy! Messieurs, si vous êtes « de gauche » alors rompez avec l’Union européenne bureaucratique et anti-sociale, que vous soutenez honteusement depuis Maastricht, rompez avec ses directives et ses privatisations ! Cela vous a déjà coûté cher avec Jospin. N’essayez pas de faire de DSK autre chose que ce qu’il est : l’ homme du FMI et du capitalisme !

  3. E.M. dit :

    @ Sylvain, Gilles et Cie
    Avoir raison tout seul dans son coin ne sert strictement à rien.
    Si vos idées et les valeurs que vous défendez sont aussi « justes » que ce que vous pensez, alors débrouillez-vous pour qu’elles soient comprises par une majorité de nos concitoyens. Pour l’instant, nous sommes obligés de constater que personne, et surtout pas Mélenchon, ne porte « vos » (nos ?) valeurs de manière à ce qu’elles soient plébiscitées, bien au contraire. Tout cela manque de maturité…
    Seul un candidat socialiste, quel qui soit, pourra proposer une alternance politique. Et j’ai bien peur que DSK devienne cet élu ! Forcément, ceux qui se disent être réellement de gauche ne veulent même pas venir s’exprimer au primaires socialistes… Ils sont bien au dessus de tout ça ! Mais les autres décideront pour eux !
    Et on peut continuer à râler contre les socialistes européens et Cie… cela ne sert à rien, sauf à conforter quelques groupes « sectaires »…
    Triste !

  4. gilles baillet dit :

    Il y avait longtemps que le justicier n’était pas intervenu…Si c’était pour dire fermez là le ps a raison parce qu’il est actuellement le plus nombreux: ça fait court comme argumentation. Si la participation à la mascarade des primaires organisée par le ps était la condition nécessaire pour l’ouvrir: ça fait une trés petite ouverture…
    Cher camarade, méditez devant l’exemple de ce qui reste de la « gauche italienne » ou plutôt des « démocrates » italiens: il ne reste plus que le néant et la dictature de Berlusconi après le passage du bon docteur Prodi, ami des banques et du patronat… Vous vous lancez dans ce projet destructeur et débile: tous les candidats qui ont une chance de gagner ont un projet de centre droit en opposition avec celui élaboré par le ps. L’aile gauche, de laquelle vous vous réclamez, ne présentera même pas de candidat… ça devrait faire réfléchir… Tout ça ce ne sont que des histoires de cuisine qui se font sans vrai plat à savoir de programme pour changer vraiment la vie des salariés qui souffrent.
    Trés cordialement

  5. E.M. dit :

    @ Gilles
    Je savais bien que mon commentaire n’allait pas réveiller les esprits « rebelles » et immatures tels que, par exemple, le tien… Mais cela fait du bien de dire, de temps en temps, les choses… Continue à te faire plaisir… J’espère juste que vous continuerez à rester aussi marginaux qu’actuellement et que cela ne contribuera donc pas à faire élire une nouvelle fois Sarko ! Parce que sinon, les « salariés qui souffrent » pourront toujours ensuite venir pleurer avec vous…
    L’aile gauche du PS dont tu parles, celle de Benoît Hamon (qui a lui choisi d’être efficace pour le peuple, contrairement à son camarade Mélenchon qui se regarde le nombril et qui vampirise le PC) , contribue à développer un futur programme socialiste le plus à gauche possible… Mais pas dans l’extrémisme, car notre candidat serait alors forcément battu à l’élection présidentielle… Dans une démocratie, il est essentiel d’écouter le peuple, tout le peuple, pas seulement une partie de celui-ci. Ne penser que pour les « siens », ne vouloir agir que pour les « siens » et une erreur fatale… C’est même la marque d’un grand égoïsme !
    Mais je suis optimiste, et je suis sûr qu’une majorité d’entre-vous (la gauche du PS) retrouvera la raison pour le second tour et évitera une nouvelle défaite de la gauche… Enfin, nous l’espérons…

  6. Christian BAQUE dit :

    Gilles et Sylvain ont raison. En 1981, j’étais jeune. Pour chasser Giscard, j’ai voté Mitterrand (que je n’aimais pas)et je ne le regrette pas . Mais la gauche aujourd’hui c’est bien pire, les valeurs sont pour les discours du dimanche (même si je ne doute pas de la sincérité de JMD)le reste c’est la politique assujettie au FMI et à l’Union européenne. Mélanchon, c’est de la même veine, la verve et le culot et plus. Pas un mot sur Maastricht.Et au dernier moment il dira « oui, c’est vrai, DSK ceci, DSK cela, mais c’est la gauche, il faut voter quand même pour lui. » Lui, il n’est pas sectaire Monsieur E.M. . Votre attaque fait partie de la panoplie habituelle.
    Pour ma part je considère qu’il faut reconstruire un vrai parti indépendant, pour le socialisme,la démocratie, la République. Cela prendra sans doute du temps. Mais c’est préférable à l’électoralisme, a l’alternance sans aucun changement.
    Les peuples tunisiens, égyptiens, viennent de montrer que rien n’est inéluctable: les Ben Ali (membre de l’Internationale socialiste !) Moubarak (idem !)pas plus que l’Union européenne, ou les gouvernements de droite ou de gauche qui se succèdent pour appliquer la même politique, ne peuvent résister lorsque les travailleurs et la jeunesse réalisent leur unité, avec leurs organisations, pour défendre leurs revendications.

  7. E.M. dit :

    @ Christian
    Je ne mène pas d’attaque… Je réagis juste à des commentaires que je considère très… naïfs. Les analyses ne sont pas mauvaises, mais les solutions proposées ridicules.
    Quant aux différents soulèvements récents autour de la Méditerranée, il est là encore bien naïf de croire qu’aujourd’hui les peuples de ces pays vont moins souffrir dans les années qui viennent… Il ne s’agit pour l’instant que de changements d’apparence… Voulus par certains dirigeants qui ont profité de la colère des peuples pour donner un coup de balai… Mais c’est un début important…. mais seulement le début !

  8. gilles baillet dit :

    Camarade EM
    vous jugez ceux qui ne sont pas d’accord avec vous à coup de sentences morales: »immaturité », « naïveté ».
    C’est bien triste…
    Historiquement, la gauche française a deux pieds. Depuis le déclin du pc, seul le ps écrasait de par son poids considérable, l’ensemble de la gauche. Mélenchon est en train de recréer une force plus radicale que la social démocratie qui va rééquilibrer la gauche en gagnant des électeurs sur l’abstention, le vote protestataire et marginalement, sur le ps. Il est en train de doter cette nouvelle force d’un programme combatif qui s’appuie sur les revendications du mouvement social. Mélenchon ne se regarde pas le nombril,
    il travaille et argumente. Pas comme les prétendants ou leurs bandes de flingueurs dont la plus célèbre est le gang de la mnef (ça fait tout drôle de refaire vivre ce sigle)…
    Trés cordialement

  9. Christian BAQUE dit :

    Le début en Tunisie et en Egypte, c’est exact. Et il faudra les aider à ne pas se faire confisquer leur révolution. Qu’ils ont faite sans le soutien de la gauche française…
    Un élu du PS m’a dit un jour que si Jospin avait perdu c’était à cause de gens comme moi (sic!) Comme si le PS et les siens n’étaient pas responsables de leurs propres errements! Mais M. E.M., je vois que ça continue: nous sommes « naïfs », « immatures », « ridicules même »; nous ne comprenons pas les ressorts électoraux incontournables de l’alternance sous la Vème République !
    J’ajouterai quand même que si Mélenchon coupait le cordon ombilical qui le relie au PS (et à ce qu’il a fait étant ministre) s’il se déterminait réellement pour la rupture avec les institutions de l’Union européenne, relais du capitalisme international et du FMI (eh oui!)ce serait un pas décisif et je pourrai partager l’avis de Gilles Baillet.
    Cordialement

  10. E.M. dit :

    Je ne juge pas…
    Je donne mon avis, comme vous donnez le votre… Rien de plus.
    Mais l’avenir dira qui était le plus lucide…

  11. Sylvain BAHLIA dit :

    Je ne vous connais pas EM, mais je vois que vous évitez de répondre aux vraies questions en cherchant à défendre votre parti à n’importe quel prix, y compris DSK et le FMI !
    Par exemple, il y a un mois un adjt de Mme Aubry à la tête du PS, Cl Bartolone, déclarait « c’est au président Ben Ali de trouver les conditions permettant de renouer les fils du dialogue ». Il saluait en Ben Ali « celui qui avait permis une marche plus lente (…) en direction de la liberté (…) et l’association du peuple tunisien à un développement économique » (BFM-TV,13 janvier) Le lendemain, Ben Ali, dictateur, ennemi de la liberté, et artisan de la misère, était chassé par le peuple tunisien.
    C’est à cela que vous ne voulez pas répondre. A la cohabitation de vos amis avec des dictateurs dans l’internationale dite « socialiste »
    Si vous êtes honnête, vous devez rejeter cela. Sinon, franchement, c’est pas la peine de tartiner sur MAM et ses amis: les votres sont les mêmes. Hélas.

  12. E.M. dit :

    @ Sylvain
    Je n’ai pas à répondre aux questions…
    Je donne mon opinion comme toi tu donnes la tienne !
    Je ne suis pas responsable de tous les maux dont « mon » parti est coupable…
    J’ai essayé de placer le débat au dessus de la polémique…
    Mais visiblement, tu n’en as pas envie.
    Je ne vais pas répéter ce que j’ai écrit plus haut…
    Et je ne tartine pas sur MAM et Cie… Ces gens-là ne m’intéressent pas !
    Je souhaite juste que nous soyons capable de virer Sarko !

  13. Christian BAQUE dit :

    Bonjour E
    Je viens juste de deviner qui se cache derrière ces initiales. Bonjour à toi. Je me suis immiscé sans le vouloir dans un débat PS/PG, mais je crois quand même que beaucoup des questions soulevées méritent que la discussion s’approfondisse. Cela nous fera de quoi débattre lors de prochaines rencontres dans un autre cadre.
    La question de « la dette » que Sarkozy veut nous faire payer devient centrale, sous la forme de « la réduction des déficits publics » d’étranglement des collectivités locales, de hausse des impôts. Que « la gauche » entre dans ce processus est inquiétant non ?
    Cordialement

  14. E.M. dit :

    @ Christian
    Normalement je ne me cache pas…Quand tu cliques sur EM, tu es dirigé vers mon blog… Enfin, un blog que je n’ai pas eu le temps de « gérer » depuis plus d’un an ! Mais tu y trouves facilement mon identité.
    Sinon, il ne s’agit pas réellement d’un débat PS/PG, car sur le fond, lorsqu’on parle réellement d’idées, nous sommes d’accord sur presque tout. Mais nos camarades du PG on une fâcheuse tendance à nous « agresser » régulièrement… histoire simplement d’exister… C’est un peu comme Mélenchon qui affirme dans les médias que nous ne sommes pas « fréquentables », puis qui vient à Solférino pour parler d’avenir et de « partage » de circonscriptions… Je déteste tout cela.
    Non, en fait, nos « désaccords » sont juste sur la forme.

    Ensuite, quand on parle de la Gauche, il est mauvais de généraliser, tellement la Gauche française est constituée de personnalités très différentes. Rien qu’au PS, c’est déjà très compliqué de parler d’une seule voix. C’est même impossible. Mais quoi de plus normal lorsqu’il s’agit d’un grand parti ?
    L’essentiel sera d’avoir un bon programme de gauche pour 2012 avec un « porteur » qui le respectera. Nous y travaillons…

    Bonne journée.

  15. baillet gilles dit :

    C’est faible comme argumentation ou plutôt c’est une non argumentation…
    1 Les différences entre le pg et ps sont bien réelles: conception de l’Europe, défense de la retraite à 60 ans à taux plein, planification écologique pour transformer l’économie, salaire et revenu maximum, pôle banquaire public, mise en place d’un protectionnisme social, reprise des entreprises en coopératives ouvrières…
    2 Le programme du ps n’a jamais été celui de son candidat qui a toujours été plus à droite que celui-ci: de Mitterrrand au prochain…
    3 Le camarade EM a l’air trés informé des tractations secrètes…
    Pour conclure, je me suis demandé ce qu’il se serait passé si Mélenchon était resté au ps, une réponse simple m’est apparue: rien, le néant. Chaque prétendant aurait organisé sa clientèle en vue des primaires, il n’y aurait discussion sur rien de fondamental et un ralliement à la grecque, à l’espagnole ou à la portugaise aux politiques dures du FMI concoctées par le bon docteur DSK et ses équipes. Au moins avec Mélenchon ça bouge! ça gueule! ça dénonce les discours pourris comme la position de la direction du ps sur les retraites qui nous proposait un nombre plus important d’année à cotiser tout en maintenant la retraite à 60 ans… mais oui bien sûr.
    En fait ce qui vous emmerde, c’est qu’il vous oblige à discuter, à vous justifier, à essayer d’argumenter…D’ailleurs les meilleurs portes flingues du ps, les Le Guen et Cambadélis -responsable de la débâcle de 2002 en tant que stratège jospiniste – n’articulent aucune réflexion, ils menacent, invectivent, essaient de disqualifier le programme de Mélenchon et du Front de gauche qui avance: « idées des années 30 ». Une fois que l’on a dit ça qu’est-ce qu’il y a d’utile pour la gauche? Rien néant total comme les finesses de l’ancien porte flingue rocardien, JP Huchon: rien néant, total… Pendant combien de temps la social démocratie européenne va-t-elle accepter d’être un pilier « fayot » du système capîtaliste? Et, pendant combien de temps le ps français – jadis le plus combatif d’Europe – va-t-il rester dans son coma? Eh oh! Il faut se réveiller et utiliser ses collectivités locales à proposer des alternatives au système: des régies publiques de l’eau partout, des régies de collecte et de traitement des ordures ménagères partout où les élus socialistes sont en responsabilité…
    Trés cordialement

  16. E.M. dit :

    @ Gilles
    Oui, on peut, comme aime à le faire ton « mentor », simplifier le passé, le présent, voire le futur du PS, de cette manière. Et d’ailleurs, dans ce que tu écris, il y a aussi pas mal de vérité. Mais il me semble que ce qui est important, c’est l’avenir. Et que comme dans les Sciences, ce sont les erreurs qui font progresser.
    Aujourd’hui, je te répondrais donc que nous travaillons au projet et qu’au final, seul le peuple décidera si notre candidat est bon ou mauvais. Pour cela, je te l’ai déjà dit, il ne suffit pas d’être persuadé d’avoir raison, il faut surtout convaincre le plus grand monde de l’intérêt de nos idées et programme. Tu peux toujours promettre la retraite à 60 ans à taux plein, ce qui est d’ailleurs proposé en interne par une partie du PS, mais si tu n’arrives pas à faire comprendre où tu vas trouver les moyens de le faire, tu resteras minoritaire.
    Quant à Mélenchon, tu écris qu’avec lui « ça bouge! ça gueule! ça dénonce les discours pourris », mais tu as oublié aussi qu’avec lui, ça insulte !
    Avec « nos » élus PS, dans « nos » communes et territoires, ça agit ! Et c’est cela qui fait toute la différence au niveau crédibilité pour le peuple.
    Bon dimanche.

  17. baillet gilles dit :

    « Avec « nos » élus ps, dans « nos » communes et territoires ça agit! » Pas toujours loin de là et c’est bien cela le problème… Il y a de bons exemples d’expériences locales comme le Conseil Général des Landes qui a soutenu avec succès la création et le développement de régies publiques de l’eau et favorisé le transport en commun public. Sans compter les maires de quelques communes qui ont franchi le pas en adoptant en Gironde depuis des années un mode identique de gestion. Mais cette volonté demeure rare dans les rangs du ps. De manière glogale, le conservatisme favorable au privé est trop souvent la règle. Autres problèmes qui ne devraient pas apparaître dans les collectivités de gauche, c’est le règne éternel de président d’exécutif: deux mendats ça suffit. Au bout d’un certain temps, on voit la gestion locale gangrènée par le clientèlisme, le népotisme et la corruption ( les turpitudes des frères Guerini à Marseille sont là pour que l’on tire la sonnette d’alarme). Résultat des courses on a l’impression de collectivités figées dans lesquelles il n’y a pas de renouvellement des personnes et des idées.
    Trés cordialement

  18. E.M. dit :

    @ Gilles
    Exemples… Contre-exemples… On peut s’amuser longtemps à ce petit jeu…
    Et sinon, Mélenchon, il a prévu de passer la main quand ? Cela fait plus de 30 ans qu’il est présent sur la scène politique française ! Et vu sa stratégie type « culte de la personnalité », j’ai bien peur qu’il y ait là aussi un problème de renouvellement des personnes et des idées…
    Re Bon dimanche.

  19. baillet gilles dit :

    Cher camarade,
    vous ne répondez pas sur le fond. Je reviens sur le financement des retraites. Il existe trois sources de financements possibles:
    1 Revenir sur les exemptions de cotisations sociales
    2 Augmenter les salaires et créer des emplois en relocalisant les productions
    3 Taxer les profits boursiers au même niveau que peut l’être le travail. Ces propositions sont connues mais je comprends qu’elles vous posent problème: elles remettent en question le partage des richesses et menaceraient « la compétitivités des entreprises françaises ». c’est faux car seules les marges bénéficiaires seraient réduites.
    Pour en revenir au « culte de la personnalité » et à la retraite à soixante ans que tu suggères à Mélenchon, il n’est certes pas irréprochable mais passe pour un jeune loup au regard de certains prétendants socialistes ou potentats locaux. Il aura un(e) successeur et les jeunes qui sont dans son entourage ont du talent à revendre. Donc pas de problème à ce niveau là…
    Bien à vous

  20. E.M. dit :

    @ Gilles
    J’ai déjà répondu sur le fond… Plusieurs fois ici et ailleurs…
    Et je suis d’accord avec tes trois propositions… Y’a qu’à… faut qu’on…
    Bonne soirée.

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