Les supercheries qui vous feront… déprimer!

C’est à croire que le gouvernement actuel recherche toutes les opportunités de se discréditer, comme ces oiseaux pris dans les mailles d’un filet, et qui se débattent en tous sens pour, peu à peu, épuiser toutes leurs ressources. Ils meurent puisque toutes leurs initiatives sont vouées à l’échec. En fait, le « premier collaborateur » du chef de l’État français cherche désespérément à éviter d’appliquer les mesures venues de l’Élysée. Il se hâte lentement, laissant l’opinion publique juger les annonces du clan, et il vole au secours de celui qui est empêtré dans ses contradictions. Devançant son mentor dans les sondages, il tente de préserver, en bon ultra libéral, son pactole de notoriété et de ne pas le dilapider en suivant les « coups » montés par la cellule communication du « château ».
Le chef de l’État français a mis en œuvre une technique de gouvernance spéciale, puisque inspirée par le dessin animé « Speedy Gonzalez ». Il parcourt en zigzags le champ idéologique de la politique en tentant d’apparaître comme actif en diable, alors qu’il ne fait que courir dans un sens, se montrer, déclamer des principes et aussitôt rebrousser chemin ou partir ailleurs, oubliant la route prétendument tracée. Ordre, contre ordre ; affirmation, rectification ; promesse, mensonge ; innovation, réaction… Le seul véritable problème c’est que plus personne n’a peur de celui qui est au plus bas dans les sondages et que, maintenant, le trône apparaît à droite comme potentiellement vacant. Une « aubaine » que ni François Fillon, ni Alain Juppé ne souhaitent ignorer !
La campagne électorale des présidentielles s’engage sur le terrain habituel des sondages. Chaque jour, les commandes doivent pleuvoir sur les bureaux des cabinets noirs en charge de tenter de sauver les meubles. Les « préoccupations » des Françaises et des Français sont analysées, et le gouvernement a été incité à faire du concret sur le thème du « pouvoir d’achat ». Il y a eu les mesures bidon sur les heures supplémentaires, avec le slogan démagogique : « travailler plus pour gagner plus ». L’échec est patent, si le bilan est fait objectivement. D’abord, la mesure ne concerne que les entreprises non victimes de la crise, ayant des carnets de commande suffisants pour donner du boulot à leur personnel. L’analyse doit prendre en compte le nombre d’emplois non créés dans ces secteurs, le volume des cotisations sociales exonérées, qui manquent dans les caisses des organismes de solidarité collecteurs et que l’on compense par des taxes diverses, les dépenses sociales générées par la prise en charge des situations dramatiques des sans emplois, la perte des revenus prévisibles à terme, quand il s’agira de faire valoir les droits à pensions… C’est l’exemple même de la pseudo bonne idée, qui a les apparences d’une augmentation potentielle, alors qu’elle ne sert qu’à masquer le vide des mesures effectives en faveur du pouvoir d’achat. Comme elle est apparue « vendable » à une opinion publique n’ayant pas compris que seule la solidarité vis à vis du travail disponible sauvera la situation, on tente un remake, une « prime » dont on sait qu’elle n’est qu’une promesse sans lendemains à plus d’un titre.
Première supercherie : elle est liée aux profits des entreprises ! Une supercherie, quand on sait qu’il existe mille et une façons de ne pas faire de profits visibles, pour éviter les contraintes de la participation financière solidaire à la vie collective. Par des « provisions » savamment maîtrisées en volumes ou en durée, il est possible de diminuer les « excédents », pour éviter tout système de participation destinée aux salariés. Pour être temporairement efficace, cette prime devrait être fixée par la puissance politique et npn pas laissée aux soins de la puissance économique.
Seconde supercherie : il faudra attendre les bilans annuels des sociétés soit… le mois d’avril ou de mai 2012 pour savoir si la mesure à un sens. Pourquoi n’a-t-on pas pris, par exemple, les résultats de N-1 afin d’éviter que les « calculateurs » puissent se préparer ? Mais au fait, qui sera encore au pouvoir début 2012…
Troisième supercherie : Si 8 millions de personnes sont employées en France dans des entreprises de plus de 50 salariés, la majorité d’entre elles ne versent pas de dividendes, et donc elles seront dispensées de la prime. Il faut aussi savoir que le sport national devient la création de filiales de moins de 50 salariés liés par contrat, pour justement ne plus être soumis aux obligations. On parcellise une entreprise, et on échange les salariés entre les différentes entités pour ne jamais dépasser la barre. Il y a l’appel à l’intérim, le jeu de la sous-traitance, de plus en plus utilisée, la transformation, pour les propriétaires, des « dividendes » en salaires fastueux, avec des avantages en nature à la clé, de telle manière que l’on puisse éviter les pièges des impôts (signalons que le nombre de fonctionnaires pouvant contrôler diminue sans cesse !).
En fait, c’est encore de la poudre aux yeux, pouvant faire croire avec un brin d’habillage médiatique complaisant, un virement « social » du gouvernement et de son patron modèle S ! Le grand écart entre la suppression de l’ISF et l’apparition de cette « prime » relève de la prouesse des danseuses étoiles !
En fait, Speedy Gonzalez va vite bifurquer vers une autre tentative de drague sociale. La mesure, vite dénaturée de son sens initial (quel niveau des salaires pour la prime ?), Fillon n’aura pas réagi, histoire de ne pas encore se retrouver dans une chaloupe alors que le Sarkozisme va faire naufrage. Tout le monde se tait, terrifié par la énième erreur du « Président du pouvoir d’achat ». On entend dans son propre camp : « qu’il se débrouille ! » . Il émerge des mécontentements à Droite, mais l’inflation va passer sur tout ça, et l’affaire sera enterrée. Il reste le plus difficile, qui consiste à trouver d’autres supercheries globales irréalisables, destinées à meubler l’espace médiatique, pour simplement exister.

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1 réponse à Les supercheries qui vous feront… déprimer!

  1. J.J. dit :

    Il est permis de se poser la :
    Quelles sont les motivations profondes du président de la République ?

    1)Participer à la gouvernance du pays en recherchant à améliorer au mieux la situation des citoyens ?

    2) Chercher par tous les moyens à se faire réélire ?

    A vrai dire il ya longtemps qu’on ne se pose plus la question ….

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