Quand il est question de mauvais sujet

Les autorités de la France ont une haute idée de l’éducation nationale. Celles et ceux qui en douteraient en constatant qu’elles passent leur temps à détruire tout ce qui pouvait en faire un système certes imparfait mais pas encore obsolète doivent se rendre à l’évidence : l’affaire du sujet du bac a réhabilité l’ensemble du dispositif ! Des centaines d’articles de presse, des déclarations tonitruantes des Ministres, une mobilisation exceptionnelle de la police, une prise en considération immédiate par la justice… toute la France qui compte a sauté sur l’exercice de maths du bac S. C’est vrai que le problème (sic) est de taille et qu’ils méritent un tel tsunami médiatique dans la période où les suppressions de postes d’enseignants se multiplient et où on annonce la pire rentrée qu’ait jamais connu l’école !
Une information judiciaire a immédiatement été ouverte pour « fraude à un examen public », « violation de secret professionnel », « abus de confiance », « vol » et « recel », précise-t-on de source judiciaire. Jeudi après-midi, deux frères de 21 et 25 ans dont l’un est étudiant avaient été interpellés à Paris et à Arnouville (Val d’Oise). Ils sont soupçonnés d’avoir diffusé depuis leur ordinateur l’un des sujets de l’épreuve du Bac S publiée sur un site de jeux video. Les plus fins limiers ont vite réagi pour dénicher les auteurs de ce « crime lèse-Bac » mais bien entendu le Ministre n’a pas assumé. On a bien évidemment retrouvé les coupables qui avaient monté une « coup » pour faire les malins et dont personne n’a à ce jour démontré qu’il avait été connu d’une pourcentage considérable de candidats ! En fait la très grande majorité a lu le texte de l’exercice après les épreuves à moins d’avoir été insomniaque et d’avoir eu la vielle au soir de l’examen du temps à passer sur un site sans rapport avec… le Bac !
Le plus âgé des coupables a depuis été remis en liberté : il n’y était pour rien ! Un complice présumé qui se savait recherché s’est lui rendu à la police. Un quatrième jeune de 20 ans a lui été interpellé. L’affaire a été vite réglée : les bandits ont été jeté en pâture à la vindicte publique ! Et leur infâme machination a été démontée. Il est vrai qu’il s’agit de faits « dramatiques » mettant en péril l’avenir du pays !
L’un des protagonistes, totalement mégalo, a facilité la tâche des enquêteurs se serait vanté devant un lycée de la région parisienne d’avoir ce sujet…ce qui restreint tout de même le périmètre d’information de la population. Une autre personne aurait alors fait une copie du sujet avec son téléphone mobile. La copie aurait été ensuite transmise à une troisième personne. Selon une « amie » de l’un des mis en cause, l’origine de la fuite viendrait d’une imprimerie de la région parisienne. C’est en remontant le fil des communications sur Internet que les enquêteurs de la Brigade de la répression contre la délinquance aux personnes (BRDP) ont pu identifier une adresse.
En fait on a la preuve que n’importe quel internaute est à tout moment susceptible d’être identifié, suivi et tracé et que c’est seulement un problème de volonté. Les faits étaient tellement graves que le Parquet de Paris a requis le placement en détention provisoire de trois jeunes soupçonnés d’avoir organisé la fuite et ils seront présentés dans la journée à un juge d’instruction. En cas de mise en examen, le juge des libertés et de la détention (JLD) devra statuer sur leur éventuel placement en détention. Si quelqu’un ose prétendre qu’en France la justice manque de sévérité et que les juges sont laxistes il va lui falloir ravaler ses paroles. Dans ce pays la délinquance est sévèrement réprimandée et ce trio de fraudeurs de haut niveau peut donc goûter à la prison !
D’ailleurs la semaine dernière on a pu le constater. Après deux jours de garde à vue, Georges Tron a été inculpé pour «viols et agressions sexuelles en réunion» et laissé… en liberté sous contrôle judiciaire. Cette mise en examen ne concerne qu’une partie des faits allégués. Pour d’autres, le statut de témoin assisté – intermédiaire entre celui de témoin et de mis en cause – a été prononcé. Des crimes passibles de 20 ans de réclusion criminelle. Son adjointe à la mairiequi a également connu 48 heures de garde à vue, a été mise en examen pour les mêmes faits. Tout comme Georges Tron, elle a été remise en liberté sous contrôle judiciaire. Les deux mis en examen ont interdiction de rentrer en contact avec les victimes présumées et les témoins déjà entendus par les enquêteurs.
Les deux juges d’instruction désignés ont suivi en grande partie les réquisitions du procureur pour qui les témoignages des deux plaignantes, âgées de 34 et 36 ans, sont « cohérents » et « corroborés sur certains points par des éléments extérieurs ». Les deux anciennes employées de la mairie assurent avoir subi des abus sexuels lors de séances de «réflexologie plantaire», dont Georges Tron est adepte. Une troisième femme a raconté des faits similaires mais sans porter plainte. Interrogée sur RTL, l’une des deux ex-employées municipales ayant déposé plainte contre Georges Tron a jugé « aberrante » la mise en liberté sous contrôle judiciaire de l’ex-ministre. « Ce serait le charcutier d’à côté, il serait en prison. Aujourd’hui, lui est libre », a déclaré une « victime ».
A vous de juger…

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2 réponses à Quand il est question de mauvais sujet

  1. facon jean françois dit :

    Selon que vous serez puissant ou misérable,
    Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
    Les Animaux malades de la peste, Jean de La Fontaine livre VII.

    Le deuxième recueil des fables correspond aux livres VII à XI des éditions modernes. Il est publié en 1678 et était dédié à Madame de Montespan, la maîtresse du roi.

    Le Roi TOOPTY 1er doit jubiler que rien aujourd’hui ne soit différent… Le Marquis TAPI du Lyonnais d’ à Didas est bien payé pour le savoir.
    L’objectif sous tendu par ce déferlement médiatique est sans doute d’enterrer le bac, cette antiquité qui date de Napoléon. Le bac est beaucoup trop cher et s’oppose aux institutions privées où papa maman peuvent améliorer les notes du « petit » avec un bon chèque.
    C’est le décret organique du 17 mars 1808 qui crée le baccalauréat.
    Bon dimanche

  2. J.J. dit :

    Selon que vous serez puissant ou misérable,
    Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir….

    Mais également du même siècle : (Molière les Femmes Savantes, ces gens du XVII° siècle ont déja tout dit) :

    Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage….

    Patience, patience, nous n’allons pas tarder à voir promulguer une loi inédite (et qui existe déja) , punissant les auteurs de tels forfaits…

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