La révolution ailleurs, un remaniement chez nous.

Les révoltes s’amplifient de par le monde, comme si un vent traversait la planète. Il y a celles qui sont relayées médiatiquement et celles qui sont simplement omises, car jugées sans grande importance. Et pourtant, il existe des portions de Peuples qui refusent la fatalité des dégâts causés par la finianciarisation de la vie sociale. Tous protestent par d’autres moyens que le vote, puisqu’ils considèrent être trahis par celles et ceux que le suffrage universel a conduit au gouvernement de leur pays. La violence reste le seul moyen de témoigner du désespoir dans lequel les plongent des mesures jugées « inexorables », qui détruisent l’essentiel des repères acquis depuis des décennies. La démocratie se discrédite, mais nul ne s’en émeut, sauf les rapaces qui guettent l’agonie de la « bête » pour la dépecer. Partout le ton monte… et les révolutions se profilent avec ce qu’elles peuvent générer comme désastres.
Dans les rues d’Athènes et tout autour du parlement, l’adoption du plan de rigueur n’a fait qu’aggraver la tension des jours précédents. Tôt dans la matinée, la police avait dû tirer des gaz lacrymogènes pour dégager des manifestants, plus déterminés que jamais. Les «indignés» grecs (les Espagnols ont donné le ton !) avaient encerclé le Parlement, pour tenter d’empêcher symboliquement le vote du projet. «Le gouvernement a décidé depuis l’année dernière de détruire la fonction publique et les universités, nous réclamons des élections, sinon on va rester dans la rue pour un mois», expliquait à la presse un étudiant en quatrième année d’économie.
Dans la soirée, le centre d’Athènes a été le théâtre d’affrontements entre la police et quelques centaines de fauteurs de trouble. Les rues convergeant sur la place Syntagma, en contrebas du Parlement, étaient jonchées de morceaux de marbre et de barres de bois, utilisés comme projectiles contre les policiers, et de bris de verre des abris de bus saccagés. Les façades de quatre agences bancaires, et de la poste centrale de la ville, au bas de la place, étaient noircies par des incendies allumés plus tôt, quand les cocktails molotov répondaient aux gaz lacrymogènes des forces anti-émeute. Plus d’une centaine de personnes ont été admises dans des hôpitaux pour des blessures à la tête, ou des problèmes respiratoires et ophtalmologiques. Trente et un policiers ont été hospitalisés, et la police a annoncé onze arrestations. La réaction des grecs, pour ne pas être massive, n’en est pas moins violente…comme ces soubresauts qui précèdent une mort par strangulation.
Dans l’hémicycle, les députés ont les mines graves. Le silence est de rigueur. On craint encore des surprises, mauvaises pour le gouvernement, souhaitées par l’opposition conservatrice, qui vote contre des mesures d’austérité drastiques qu’elle aurait certainement rendu encore moins justes. Les interventions, aux tons souvent dramatiques. «Nous devons à tout prix éviter l’effondrement. Nous ne pouvons plus reculer», déclare le Premier ministre George Papandreou, sur un ton mi-menaçant, mi-préoccupé. Dans les rangs des députés du Pasok, parmi ses contestataires, on s’affaire à tenter de justifier les revirements en faveur du plan. Un seul élu socialiste tient bon et votera contre le plan: Panayiotis Kouroublis. Il sera exclu, séance tenante. Mais sa place sera prise par une élue de la Nouvelle démocratie, Elsa Papadimitriou, qui quitte, séance tenante, son parti. Résultat des courses : 155 voix pour le plan de sauvetage et 138 contre. La bataille fait rage dehors, comme pour rappeler que ce vote est obtenu contre l’avis des gens concernés. Les marchés financiers ont eu la peau de la Grèce qu’ils ont eux-mêmes plongée dans l’insécurité financière absolue.
Dans le même temps, en face, de l’autre côté de la Méditerranée, la situation était la même. Des affrontements ont, en effet, de nouveau éclaté entre les forces de l’ordre et plusieurs centaines de manifestants dans le centre du Caire, pour la seconde journée consécutive. Il semblerait que les protestataires soient des proches des 850 personnes tuées au moment du soulèvement qui a abouti au renversement de l’ancien président égyptien Hosni Moubarak. Ils protestent contre la lenteur des poursuites contre les officiers, considérés comme responsables de ces victimes.
Dans des scènes rappelant le soulèvement de 18 jours qui a abouti à l’éviction d’Hosni Moubarak, des policiers anti-émeutes, déployés autour du ministère de l’Intérieur, ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Ces derniers ont répliqué par des jets de pierres et de cocktails Molotov. Les rues étaient jonchées de pierres et de débris divers. Un nuage blanc de gaz lacrymogène était visible au-dessus du lieu des incidents. Bref, les conditions de la révolte sont identiques, même si les motifs sont différents. Ces manifestations montrent que la situation reste instable en Egypte, près de cinq mois après le départ d’Hosni Moubarak, avec une crise économique qui s’aggrave et un vide sécuritaire qui a entraîné une hausse de la criminalité.
En France, tout va pour le mieux. Un remaniement ministériel purement électoraliste tient lieu de mesure révolutionnaire. François Baroin remplacera Christine Lagarde, ce qui va bien évidemment changer le sort des millions de personnes sans boulot et de millions d’autres qui vivent en desous du seuil de pauvreté. La résignation pèse sur la France, et lui succèdera l’indifférence…mère de tous les dangers et notamment de l’abstention.

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2 réponses à La révolution ailleurs, un remaniement chez nous.

  1. H Fossat dit :

    Nous sommes tous des travailleurs grecs !

  2. puig dit :

    Oui tous grecs, espagnols, portugais, irlandais…nous sommes plus nombreux que les maitres de la finance et pourtant les français se couchent et se taisent.
    Dans ma commune, dirigé par un soi disant socialiste, les contrats précaires d’un mois sont renouvelés mois aprés mois. Cela concerne les plus faibles et s’ils demandent un contrat en cdi hop ! on remplace. C’est du concrét qui fabrique la misére et le désespoir avec pour conséquence le discrédit des politiques. Dans ma commune ce n’est pas comme à Créon, en 22 ans pas une réunion publique avec les administrés! La somme de tout ça améne a la révolte. Travailleurs de tous les pays unissons nous!!!!!

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