Présentation de la Décision modificative n° 2 au budget du Conseil général

Voici l’essentiel de la présentation effectuée par mes soins, lors de la discussion des ajustements budgétaires de la fin 2011 au Conseil général de la Gironde !

Monsieur le Président,
Mes chères et chers collègues,

Nous voici à quelques encablures du port où va s’arrimer le bateau qu’Yves Lecaudey a géré avec rigueur et abnégation durant de nombreuse années. C’est en effet une décision modificative qui correspond à ce qu’il avait prévu lors de la présentation du budget 2011, et que nous ajustons simplement en fonction des constats effectués.
Le voyage 2011 aura été beaucoup plus paisible que celui des années antérieures mais, pour reprendre la fameuse formule du « capitaine », le navire Gironde aura encore traversé des nappes de brume, constituées par une réforme des ressources comportant des écueils maintes fois signalés et dénoncés. Ils sont pourtant plus que jamais présents dans les eaux troubles des réformes, destinées à redresser la France, alors qu’elles l’ont plongée dans la tourmente. Incapable de mettre en œuvre, une fois encore, une redistribution des prélèvements fiscaux, sauf en faveur du monde du profit, l’État a louvoyé, jonglé, triché, bluffé pour pallier les effets de la crise financière, qui a débouché sur une crise économique, pour se poursuivre, encore et toujours plus, sur une profonde crise sociale.
Malgré la situation rassurante que nous proposons, force est de reconnaître que nous ne devons pas la gâcher par des engagements euphoriques ou irresponsables, ne reposant que sur les apparences.
En 2011 nous n’avons pas autant utilisé le « corne de brume », chère à Yves Lecaudey, mais nous avons toujours eu le regard fixé sur les évolutions de nos ressources et de nos dépenses avec inquiétude, puisqu’elles sont liées désormais de manière irrémédiable aux évolutions macro-économiques de notre pays au bord de la faillite. « Faillite », il est vrai, déjà annoncée par le premier collaborateur du chef de l’État en… 2007, sans que ses propres troupes l’aient cru !
Dans ce contexte, seulement discuté par les thuriféraires de la politique gouvernementale, il me faut vous rappeler avec la plus grande sincérité que le Président du Conseil général vous présente, mes chères et chers collègues, une adaptation durable à des constats conjoncturels, tirant ainsi les leçons des années passées, des effets des réformes en cours ou déjà terminées et surtout d’une volonté indéfectible de conforter l’emploi, via l’économie réelle dans notre département.
Tout ce qui va vous être présenté dans cette Décision Modificative N° 2 repose sur cette volonté forte du Président et de la majorité départementale : faire ce que l’État ne fait plus car il ne peut plus le faire, au service du maintien de l’activité économique et donc au service de l’emploi, pour éviter une plongée totale dans l’insécurité sociale créée par la crise du monde du profit!
Inutile d’attendre la fin de notre débat pour savoir quels seront les arguments développés par les uns ou les autres, tant ils sont le fruit d’analyses standardisées ou formatées en fonction de la nécessité politique.
Donc je tenais à vous donner quelques repères pour éviter des déclarations inutiles :
 Les aménagements effectués dans le budget 2011 reposent sur une augmentation strictement conjoncturelle, pour la Gironde, des Droits de mutation. Ce sera inutile de le relever, nous n’avions pas, c’est vrai, envisagé le niveau de progression de ces taxes, basées sur les achats de biens immobiliers. Inutile de reprocher à Yves Lecaudey d’avoir fait des prévisions de recettes pessimistes ou faussement dramatiques, car personne n’avait imaginé, dans toutes les études, cet emballement de nos concitoyens pour les placements dans la « pierre ». Je ne peux que ressasser : ce n’est que conjoncturel, et nous ne pouvons absolument pas tirer une leçon durable de ces produits qui ne peuvent pas constituer le socle de nos ressources. Je donne donc acte par avance à ceux qui seraient tenté d’en faire un argument dans une déclaration préfabriquée : tant mieux si nous avons été pessimistes puisque cela nous permet de garantir une part de notre avenir !
 Refus d’affecter des recettes exceptionnelles à des dépenses durables.
 Fort travail des services, des vice-présidentes et vice-présidents, pour nettoyer sur une base réaliste les programmes déjà inscrits, avec un redéploiement adapté aux nouvelles donnes sur la mise en œuvre des investissements. Il me faut remercier les services et mes collègues qui ont intégré cette nécessité de ne pas bloquer les marges de manœuvre possibles par des inscriptions utiles mais soumises souvent à des impondérables échappant à la gouvernance départementale.
 Gérer au plus près des besoins, les prestations sociales individuelles imposées au département par les décisions gouvernementales, afin de répondre au maximum à la montée des manques de solidarité des politiques gouvernementales.
On ne peut s’exprimer sur la DM2 sans connaître ces priorités politiques au sens noble, que souhaite le Président pour la Gironde. Il appartient donc de vous donner les grandes explications des mouvements qui vous sont proposés dans la DM 2 dont vous avez reçu le détail.
Cette DM2, dans le contexte que nous connaissons toutes et tous allie le réalisme, la prudence et je le crois l’efficacité au service des Girondines et des Girondins. Je suis certain qu’au nom de l’intérêt général, et parce que les marges de manœuvre n’ont aucun caractère politicien mais ne sont que ce que l’Etat veut qu’elle soient désormais, ne permettent pas de fantasmer sur des cagnottes secrètes, des recettes mirifiques ou des dépenses fastueuses, vous approuverez les propositions du Président. Elles sont inspirées par des choix clairs et concrets.
Je pense que dans cette période où valsent des milliers de milliards improbables, empruntés pour rembourser des millions de milliars d’emprunts, où l’on renfloue avec des milliards évanescents des dettes exorbitantes, où on supprime les crédits destinés aux sans logis, aux affamés, aux sans emploi, cette DM2 a bien des aspects dérisoires malgré la manne providentielle des DMTO, payées non pas par l’État mais par une taxe ayant précédé les 25 que le gouvernement a créées depuis 2007.
Je vous invite à prendre la mesure de l’enjeu : 1,75 % de nos recettes !
Cette DM2 prépare l’avenir et fiabilise les engagements que nous pourrons prendre sur 3 ans.
Je souhaite simplement, Monsieur le Président, mes chères et chers collègues, que nous puissions, en 2012 et en 2013, travailler sur des opportunités similaires, et que vous ne confondiez pas méfiance et prudence, austérité et rigueur, initiative et imprévoyance.
« Le présent est l’enclume où se forge l’avenir ». A nous d’avoir la responsabilité collective de le comprendre, et surtout de ne pas croire que nous n’aurons pas à faire des efforts pour que le résultat soit conforme à nos espoirs théoriques.

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